mercredi 8 décembre 2021

Contact

OccitanieCovid-19 : L'Agence régionale de santé lance l'alerte en Occitanie

Covid-19 : L’Agence régionale de santé lance l’alerte en Occitanie

L’Agence régionale de santé constate une forte accélération de l’épidémie de Covid-19 en Occitanie et lance un appel à la mobilisation de tous.

Les taux d’incidence de la Covid-19 dans les communautés de communes qui entourent Toulouse Métropole © République Française ARS
L’Agence régionale de santé constate une forte accélération de l’épidémie de Covid-19 en Occitanie et lance un appel à la mobilisation © République Française ARS

« La courbe s’est retournée. La cinquième vague est bel et bien là. Et sa progression est extrêmement rapide », alerte Pierre Ricordeau, le directeur général de l’Agence régionale de santé Occitanie. Dans la région, le taux d’incidence de l’épidémie de Covid-19 a augmenté de 86% en une semaine, passant de 126 à 175 cas en moyenne pour 100 000 habitants. Une évolution « très homogène géographiquement, au niveau national et régional » : les taux d’incidence départementaux se situent tous en effet dans une même fourchette, comprise entre 150 et 250 cas pour 100 000 habitants. Homogénéité également dans les tranches d’âge auxquelles appartiennent les personnes contaminées. « Contrairement à l’été dernier, où il y avait eu une explosion de cas chez les plus jeunes, cette fois-ci, il n’y a pas de véritable différenciation », remarque Pierre Ricordeau.

Les raisons de la déferlante

Ce dernier rappelle que « l’Europe est redevenu, depuis quelques semaines, le foyer le plus important de l’épidémie ». Et énumère les raisons qui peuvent expliquer le déferlement de cette cinquième vague. « Avec la période hivernale, nous restons davantage dans des espaces intérieurs, où il est plus facile d’être contaminé. Il y a les effet du relâchement des gestes barrière, bien compréhensible après des mois de forte mobilisation. L’efficacité des vaccins aussi, qui est moins forte, avec le temps, en terme de protection contre la contamination. Et la nature même du variant Delta, dont on sait qu’il est beaucoup plus contaminant que les précédents ». Les opérations de contact tracing menées par l’Assurance maladie révèlent là où l’on attrape le plus souvent le virus ces derniers jours. Dans l’ordre : les milieux sportifs, les établissements médico-sociaux, les rassemblements privés ou festifs, les espaces de loisirs, les établissement scolaires ou de petite enfance, et le milieu professionnel.

L’impact de la Covid-19 sur les hôpitaux d’Occitanie

Cette nouvelle vague a, pour l’instant, selon le directeur de l’ARS Occitanie, « un impact modéré » sur la situation des hôpitaux. Bien que l’on observe une augmentation de 20% du nombre d’hospitalisations conventionnelles ou réanimatoires sur 7 jours, avec une cinquantaine de nouvelles entrées dans les CHU de la région. « Cette remontée va se poursuivre. Elle pourrait coïncider avec la montée en puissance des épidémies hivernales, comme la grippe. Et aboutir à une saturation des hôpitaux », prévient Pierre Ricordeau. Il souligne, au passage, que « les équipes soignantes ont beau être armées, elles sont épuisées. »

« La redoutable efficacité des vaccins »

Le directeur de l’ARS confie avoir fait le tour des établissements hospitaliers occitans ces derniers jours : « Il n’y a aucune personne doublement vaccinée dans les services de réanimation, mise à part celles souffrant d’immunodépression, qui réagissent moins bien au vaccin et à qui l’on prescrit des troisième et quatrième doses ». Une nouvelle preuve, d’après le professionnel, de « la redoutable efficacité des vaccins, notamment contre les formes les plus graves de la maladie ». Il concède toutefois que ces derniers « ne protègent pas complètement de la contamination, c’est pourquoi il faut actionner tous les leviers de protection dont nous disposons ».

Appel à la mobilisation

C’est donc un appel à la mobilisation que lance l’Agence régionale de santé Occitanie. Pour que les 10% de la population occitane éligible qui ne se sont pas encore fait vacciner aillent le faire. Pour que ceux qui doivent avoir une troisième dose se la fasse injecter au plus vite. Et pour que tout le monde applique de nouveau les gestes barrière, de manière systématique. « Nous sommes à un moment de la vague où l’on peut encore avoir un impact fort sur son évolution. C’est à dire modérer sa croissance et stabiliser son pic plus tôt et à un niveau plus bas que les précédentes. Compte tenu de la durée de la maladie, les effets des actions que l’on mène se font toujours sentir de 10 jours à trois semaines plus tard. C’est pour cela qu’il faut agir dès maintenant », martèle Pierre Ricordeau.

Philippe Salvador
Philippe Salvador a été reporter radio pendant quinze ans, à Toulouse et à Paris, pour Sud Radio, Radio France, RTL, RMC et BFM Business. Après avoir été correspondant de BFMTV à Marseille, il est revenu à Toulouse pour cofonder le magazine Boudu.
 

Face aux multiples crises, comment retrouver la sérénité ?

Écrivez à la rédaction !

Témoin d'un événement d'actu ?
Une info ou un avis à partager ?

spot_img

Les plus lus de la catégorie

spot_img