lundi 19 avril 2021

Contact

ActualitésPrendre le train du numérique

Prendre le train du numérique

Les années 2000 ont vu l’avènement de l’ère du numérique. Réalité virtuelle, objets connectés, démarches dématérialisées et nuage informatique. Cette révolution, dont le tempo se calcule en nanosecondes, laisse du monde sur le bord des autoroutes de l’information. La lutte contre “l’Illectronisme” et “la fracture numérique”, ces concepts à peine entrés dans notre vocabulaire, sont élevés au rang de priorité. L’exécutif vient ainsi de lancer un Plan national pour un numérique inclusif. S’érigeant contre la logique du surfe ou crève, le JT a imprimé, noir sur blanc, quelques astuces pour rester dans la course.

©energepic

L’illectronisme, comprenez la difficulté à maîtriser l’outil numérique, concerne 20 % de la population française selon une enquête réalisée par l’institut d’études marketing et d’opinion CSA Research en 2018. Loin d’être marginal, « ce phénomène doit être pris au sérieux et représente un véritable enjeu sociétal, car nous allons assurément vers le tout numérique et aucun retour en arrière n’est possible », affirme Stéphanie Laffargue, directrice d’études de CSA Research.

« Ce phénomène représente un véritable enjeu sociétal »

Mais la difficulté éprouvée face au numérique n’est pas due à un simple manque d’équipement. Pour preuve, près de 90 % des personnes interrogées possèdent un appareil permettant d’accéder à Internet et 87 % disposent d’une connexion. Pour Laurence Allard, sociologue en sciences de la communication, l’illectronisme doit être appréhendé de manière plus globale : « Il s’agit d’un problème tant matériel, que d’usage ou de maîtrise de l’outil numérique. Il est possible d’avoir un bon équipement, mais de ne pas savoir s’en servir. » D’ailleurs, 15 % des sondés éprouvent des difficultés face aux nouvelles technologies et 23 % ne sont pas à l’aise sur Internet.

Certains, près d’un tiers de la population, vont même jusqu’à renoncer à faire quelque chose conditionné à l’utilisation d’Internet. Ce sont les ‘’abandonnistes’’. Et, contrairement aux idées reçues, cela ne concerne pas uniquement les plus de 70 ans. « C’est un phénomène insidieux qui touche tout le monde », constate Stéphanie Laffargue : deux tiers sont des actifs. On recense autant de femmes que d’hommes. 30 % ont entre 50 et 64 ans et 21 % ont moins de 35 ans. Néanmoins, le niveau d’études et la situation sociale semblent être des facteurs aggravants, selon Laurence Allard.

Les précaires, population la plus exposée

Conséquence : « La fracture numérique se mue en fracture sociale. Les personnes qui ne maîtrisent pas les méandres d’Internet et du digital se trouvent coupées de certaines informations, notamment celles leur permettant d’accéder à leurs droits », précise la sociologue. C’est, selon elle, la répercussion la plus importante attribuée à l’illectronisme. « Les plus précaires restent les plus touchés par ce phénomène. Mais c’est pourtant ceux-là qui auraient justement besoin d’accéder le plus facilement au numérique », explique-t-elle.

« La fracture numérique se mue en fracture sociale »

Et la dématérialisation de toutes les démarches administratives n’arrange rien. « Pire, elle concentre toutes les difficultés. Une société reposant entièrement sur un dispositif technique et technologique est forcément exclusive », rajoute-t-elle, considérant qu’en voulant simplifier les processus administratifs, « l’État n’a fait qu’aggraver la situation des plus isolés ». Ce que confirme l’enquête CSA Research, dans laquelle 50% des sondés ont affirmé se sentir seuls devant le sentiment de décalage dans l’emploi du numérique. D’autant plus si l’on ne peut avoir recours à une tierce personne pour se faire aider. En revanche, ils sont 54% à souhaiter progresser en la matière, et émettent le vœu de suivre des formations pour y parvenir. Un volontarisme qui nourrit l’espoir d’un phénomène réversible, à condition que les pouvoirs publics s’investissent à la hauteur de l’enjeu.

© Le Journal Toulousain

Source : CSA Research

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

Articles en rapport

Les ménages de Haute-Garonne fortement impactés par le premier confinement

L’Insee Occitanie révèle que les conséquences financières du premier confinement ont été plus importantes chez les ménages de la Haute-Garonne et du littoral. La...

Cinéma : une séance-test à Saint-Gaudens n’entraîne aucun cas positif

Le 20 mars dernier, le cinéma Le Régent, à Saint-Gaudens, a organisé une séance test de projection qui a réuni près de 200 personnes....

Covid 19 : une aide exceptionnelle pour les éleveurs de canards d’Occitanie

Depuis ce lundi 19 avril, les quelque 2000 éleveurs de canards, pintades, cailles et pigeons d’Occitanie peuvent bénéficier d’une aide exceptionnelle, pour compenser les...

Aude : trois-quarts des terres agricoles ont été dévastées par le gel

Les trois-quarts des terres agricoles de l’Aude ont été touchées par l’épisode de gel survenu dans la nuit de mercredi 7 à jeudi 8...

La campagne de vaccination des enseignants fait un flop en Haute-Garonne

La campagne de vaccination à destination des enseignants de plus de 55 ans ne rencontre pas le succès en Haute-Garonne. Seule une centaine d’agents...

Toulouse : Les commerçants arrivent sur l’application de dons alimentaires HopHopFood

HopHopFood, association qui lutte contre le gaspillage et la précarité alimentaire, se développe à Toulouse. Lancée en France en 2016, son application mobile propose...

Éveiller les enfants aux grands enjeux contemporains

Écrivez à la rédaction !

Témoin d’un événement d’actu ?
Une info ou un avis à partager ?

spot_img

Les plus lus de la catégorie

spot_img