vendredi 4 décembre 2020
Dossier Anne-Yvonne Le Dain, une élue du Languedoc-Roussillon sans concession

[Portrait] Anne-Yvonne Le Dain, une élue du Languedoc-Roussillon sans concession

Forte personnalité du Languedoc-Roussillon, Anne-Yvonne Le Dain, députée socialiste et vice-présidente du Conseil régional est au cœur de la tourmente : entre la succession de Christian Bourquin et la fusion polémique avec Midi-Pyrénées ; entre le gouvernement qu’elle soutient et sa région qu’elle défend. Portrait d’une femme engagée.

 

Anne-Yvonne Le Dain est pressée ce vendredi 5 septembre. La « gauche rassemblée » du Languedoc-Roussillon vient de choisir le candidat à la succession de Christian Bourquin, Damien Alary (président du Conseil général du Gard). Lors de la conférence de presse, tenue en fin de matinée, il déclare qu’il va se battre pour conserver le Languedoc-Roussillon dans son intégrité. Anne-Yvonne Le Dain est satisfaite. Elle-même avait signé la pétition lancée par Christian Bourquin contre la fusion. Et pourtant, elle a voté la pour la nouvelle carte des régions en première lecture à l’Assemblée nationale. Contradictoire ? Loin d’être déstabilisée par la question, elle s’explique : « Je suis pour conserver la région avec une belle métropole, Montpellier.  J’ai déposé un amendement en ce sens à l’hémicycle et je l’ai voté. Maintenant, si ce n’est pas possible, il faut que la fusion se fasse dans de bonnes conditions. » En bref, « je soutiens ma région jusqu’où je peux, après je soutiens mon gouvernement ».

 

Son parrain, le « grand monsieur » Georges Frêche

 

Ses premiers pas en politique, elle les fait au côté de Georges Frêche. En 2000, elle intègre sa liste aux municipales, repérée notamment pour son action en tant que présidente départementale de la FCPE. Passionnée par la chose publique et le combat social,  elle se rappelle de mai 68 avec une certaine émotion : « J’avais 12 et j’étais la seule à faire grève dans mon collège catho ! Quand la manifestation des lycéens est passée devant notre établissement, j’étais accrochée aux grilles et les bonnes sœurs me tiraient par la jupe pour me faire descendre ! ». Pourtant, Anne-Yvonne le Dain n’est pas née dans une famille militante : « Mes parents considéraient que les vrais étudiants étaient ceux qui travaillaient chez eux ».

En 1984, la jeune femme adhère au Parti socialiste, duquel elle est exclue (momentanément) lorsqu’elle suit Georges Frêche dans la campagne régionale de 2010 (contre Hélène Mandroux, alors maire de Montpellier et candidate investie par le parti). « Un grand monsieur », estime-t-elle. « Auprès de lui, j’ai appris la complexité du monde politique et l’importance de la machine administrative, du travail fait par des directeurs de très haut niveau, invisibles auprès des médias ». Elle a également observé « sa manière de gérer les rapports de force politiciens tout en faisant avancer les choses, il avait un gros talent pour ça. Quand il annonçait un programme, il était réalisé à la fin du mandat ».

 

Etre une femme politique, pas si facile

 

Aujourd’hui, Anne Yvonne Le Dain multiplie les fonctions : députée, membre de la commission des lois, vice-présidente du bureau du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, vice-présidente de l’observatoire parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (elle est ingénieure agronome de métier), et vice-présidente de la région Languedoc-Roussillon. Etre une femme politique est un combat en soi. Un combat qu’elle mène au sein de son association ‘’Femmes politiques progressistes’’ : « On a intérêt à se bouger, car la bataille n’est pas gagnée ». Même au PS ? «  Disons qu’à gauche, les hommes ne peuvent pas s’empêcher de penser qu’ils doivent passer en premier, il y a une sorte de sur-moi qui fonctionne, tout en admettant que ‘’les filles, il faut faire avec’’  ».  Effectivement, « il y a encore du boulot », comme dirait la députée héraultaise.

Du boulot, il va y en avoir également pour redorer l’image du PS, égratignée plus que jamais par le gouvernement. « Le PIB de la France est enfin repassé devant la Chine et la Corée du Sud, mais qui le dit ? Ce n’est pas un effet du hasard, on a fait des choses importantes, mais en communication, je nous donne 0/20 ». Le constat est sans appel. Anne-Yvonne Le Dain, dont les responsabilités sont à la fois locales et nationales, est bien déterminée à faire ‘’ avancer les choses’’ à l’image de son mentor.

 

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