samedi 5 décembre 2020
Economie Matthieu Cognet, nostalgique optimiste

[Portrait de décideurs] Matthieu Cognet, nostalgique optimiste

Patrimoine. Entrepreneur dans l’âme, celui qui a créé, il y a 26 ans, la société Emitech, est aujourd’hui à la tête d’un groupe auquel sont venues s’ajouter quatre filiales et qui réalise 25.8 millions de chiffre d’affaires (2013).

 

Si Matthieu Cognet était une définition, il correspondrait à celle de « patrimoine ». Parisien depuis plusieurs générations, « ce qui est aujourd’hui assez rare pour le souligner », lance-t-il en souriant, il n’a jamais quitté la capitale, excepté pour mener à bien ses études. Mais l’attachement qui le lie à sa ville natale tend à s’essouffler : « Je me rends de plus en plus souvent dans ma maison de campagne dans les Vosges pour m’évader. Paris a changé en 40 ans. J’ai connu l’ambiance des petits bistros et des commerces familiaux aujourd’hui remplacés par des agences bancaires. » Un brin de nostalgie dans la voix, il n’envisage toutefois sa vie que parisienne, tant par amour pour la ville que par nécessité : après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur à l’ENSEM de Nancy, il se spécialise dans l’électronique. C’est alors qu’il rencontre celle qui deviendra son épouse, ingénieur également, et qu’ils décident, ensemble, de s’installer définitivement à Paris. « Il était évident que c’est en restant dans la capitale que nous trouverions les meilleures opportunités de carrière », précise-t-il. Réflexion payante puisqu’il intègre la société Matra en 1975, à la sortie de son service militaire. Durant 14 ans, il y gravit les échelons pour devenir chef de département. Mais l’entreprise anticipe alors un plan de charge et estime l’excédent de personnel à 10%. Licencié en 1989, il décide de créer sa propre structure avec l’aide de 5 autres salariés de Matra. Ainsi, d’un essaimage, naît Emitech, laboratoire tierce partie (indépendant) spécialiste des essais en environnement applicables aux équipements, ou comment transformer une mauvaise surprise en opportunité professionnelle.

  « Le patrimoine est dépositaire d’éléments datés de plusieurs siècles, permettant de remonter le temps ! »

La petite entreprise a bien évolué depuis puisqu’elle emploie aujourd’hui 320 personnes et s’implante aux abords des grandes métropoles : « notre prochaine échéance est l’ouverture d’un laboratoire à Toulouse le 26 juin », révèle le PDG d’Emitech. Il avoue toutefois « avoir passé quelques nuits blanches à me demander comment j’allais payer les salariés à la fin du mois ! » S’il a consacré beaucoup de temps au développement de sa société, il a appris à déléguer et s’appuie sur ses collaborateurs : « c’est un état d’esprit, acquis à l’école d’ingénieur. Je prône le travail en équipe. » Cela lui permet de dégager du temps pour s’adonner à ses passions : « je suis féru de voitures anciennes et plus particulièrement de Panhard. » L’homme entretient un rapport profond à l’Histoire et au passé, en témoigne son intérêt pour les vieilles pierres et sa collection de cartes postales anciennes : « le patrimoine est dépositaire d’éléments datés de plusieurs siècles permettant de remonter le temps ! » Matthieu Cognet revient alors naturellement vers son propre patrimoine et son entreprise qu’il aurait bien imaginé transmettre à ses enfants : « mais la vie en a décidé autrement ! Mes deux fils sont ingénieurs… mais en informatique, et n’ont donc pas opté pour la reprise de l’entreprise, mais cela ne me gêne pas. J’aurais même préféré qu’ils soient avocats… » Mais chez les Cognet, l’ingénierie est devenue une histoire de famille : « mon père, mon frère, mon épouse, mon beau-frère et mes enfants, nous sommes tous ingénieurs ! » conclut-il amusé.

 

 

 

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Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

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