dimanche 29 novembre 2020
Economie Ateliers Tersi : De l’art au bout des pieds

Ateliers Tersi : De l’art au bout des pieds

Chaussures ou œuvres artistiques ? Arnaud Thersiquel s’est lancé le défi de réunir deux mondes en créant son entreprise de fabrication de chaussures. Ce jeune toulousain a imaginé un concept innovant, voire inédit, qui allie des célébrités à la création.

Rien n’arrive par hasard. Arnaud Thersiquel suit les traces de son grand-père, créateur de la marque de chaussures Myma, qui disposait de plusieurs magasins sur Toulouse et dont l’usine se situait avenue des minimes. Il y avait donc une sorte d’évidence à reprendre le flambeau familial, tout en choisissant un positionnement audacieux: du haut de gamme, 100% français, au design chic et recherché. Pour arriver à un tel résultat, Arnaud Thersiquel a mis en place un processus de création, unique en son genre : «  On contacte des artistes de tous les horizons, ce peut être des chanteurs, des cuisiniers, il n’y a pas de limite tant qu’ils ont un fort sens artistique, puis on les accompagne dans la création en fonction de ce qui les inspire. » La première collection a été réalisée par Matali Crasset, une icône du design français. La prochaine, qui doit sortir d’ici quelques jours, est encore sous le sceau du secret. Imaginée par une personne issue « du domaine de la littérature », la collection a été créée « autour du thème de la Comtesse de Ségur », dévoile avec parcimonie Arnaud.

Des souliers « made in France »

Les Ateliers Tersi s’est lancé en juin dernier, avec un capital de départ de 90 000€, qui a permis de réaliser les premiers prototypages et de lancer la production. Tout est fabriqué en France, à Romans sur Isère plus précisément, « le berceau de la chaussure de luxe ». Deux ateliers confectionnent « en petite série » les créations des Ateliers Tersi. « La rareté donne du prix à la chose », disait La Fontaine, dont le proverbe se vérifie encore. Les tarifs varient entre 340 et 380 € la paire. Il faut dire que les matières utilisées sont « nobles », tel le cuir de requin ou de raie, ou encore les nœuds en satin, par exemple. « Lorsqu’on fabrique en France, il est impossible de faire du moyen de gamme, car les coûts de production sont trop importants, ajoute Arnaud Thersiquel,  pour une paire, il faut compter entre 110 et 120 €, sachant que les magasins demandent de multiplier le prix par deux et demi. »

D’internet au pop-up store

Pour l’instant, les chaussures sont vendues sur internet, via le site de la marque. Depuis peu, on les trouve également sur le site « Made in design », leader européen de la vente en ligne d’objets design. L’étape suivante consiste à prospecter les ‘‘concept store’’ susceptibles d’accueillir les collections des Ateliers Tersi. Ce ne sera a priori pas à Toulouse « où aucun ne correspond à notre positionnement ». En revanche, il n’exclut pas l’idée d’ouvrir un « pop-up store », ou magasin éphémère « pour entrer en contact avec la clientèle ». En quatre mois d’existence, la nouvelle marque a vendu une dizaine de paires. Un démarrage « un peu calme », notamment dû à la période estivale et à une première collection un peu élitiste. Les prochaines devraient toucher un public plus large grâce entre autres aux célébrités créatrices. Dans la parfaite maîtrise du mystère et du « teasing », nous saurons juste qu’une actrice française connue est dans les petits papiers…

 

Le + : Prospectives économiques

Arnaud Thersiquel se fixe comme objectif d’atteindre les 200 000€ de chiffre d’affaires la première année et d’arriver au million d’ici 3 ans. Il compte lancer prochainement une levée de fond pour investir dans la partie commerciale. Cela permettra également d’intégrer les salaires de deux nouveaux associés, chargés de la partie « stylistique » et communication.

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