[Interview] Louis Besnier : « L’apprentissage, une clé pour l’avenir de nos jeunes »

Louis Besnier[Ambition. Le président départemental de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat travaille sans relâche à la promotion de l’apprentissage. Alors que le chômage ne cesse de progresser, il est convaincu que cette filière est une vraie solution d’avenir. La preuve, la chambre consulaire organise un événement (« Job Dating ») pour en faire la promotion.

 

Avec la crise actuelle, notamment en matière de chômage, l’apprentissage est-il une solution ?

Ce n’est pas la seule solution, mais je pense sincèrement que c’est une clé et surtout que c’est une voie de sortie très importante pour les jeunes. Beaucoup ne réalisent pas toutes les possibilités offertes par l’alternance et l’apprentissage. Notre rôle d’élu consulaire est justement d’imposer le débat dans le contexte actuel. Il ne faut plus dévaloriser ces filières-là, car elles peuvent amener du CAP à un diplôme d’ingénieur. Ce message d’avenir doit être porté.

L’apprentissage est donc toujours dévalorisé ?

Même s’il y a eu des progrès c’est en effet encore le cas. Pourtant c’est une manière d’entrer très vite dans le monde du travail, en pouvant s’y épanouir totalement. Il faut encourager les jeunes à se poser la bonne question : Le Bac ok, mais que vais-je faire de ma vie ?

Quel rôle doit jouer l’Education nationale ?

La réalité est que l’Education nationale a encore du mal à orienter les jeunes vers le monde du travail ; c’est un mal français. Elle continue à vouloir les garder dans un circuit généraliste. Or, l’Education nationale doit pouvoir nous aider à faire comprendre que l’apprentissage n’est pas forcément dévolu aux jeunes en difficulté. Nous avons 250 professions concernées, le panel est large et peut contenter un grand nombre de jeunes. Nos services travaillent donc sans relâche avec le Rectorat, et moi-même suis tous les quinze jours rue de Grenelle (adresse du Ministère de l’Education nationale, ndlr) pour échanger sur tous ces sujets. La semaine dernière j’ai même discuté avec Carole Delga (secrétaire d’état du Commerce et de l’Artisanat) sur la formation et l’emploi.

 « On n’a pas forcément l’employeur au pied de son immeuble »

De l’autre côté de la barrière il y a les employeurs …

Certains maîtres d’apprentissage ne trouvent pas de jeunes, et il y a diverses explications à ce phénomène. Nous remarquons que beaucoup de jeunes ont notamment des difficultés en matière de mobilité. Ils préfèrent trouver un travail non éloigné de leur domicile. Or, on n’a pas forcément l’employeur au pied de son immeuble … Nous travaillons donc avec le Conseil régional, Tisséo et la Mairie de Toulouse sur ce sujet.

Les jeunes sont-ils pour autant motivés ? On a souvent entendu parler de la pénibilité au travail …

On entendait ce langage qui exprimait une démotivation des jeunes il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui les choses ont évolué, et la pénibilité au travail est quasi bannie. Quand vous choisissez une filière et que vous ne la subissez pas, vous ne pouvez plus être démotivé … Il s’agit de prendre du plaisir à être dans l’apprentissage.

Quelle est l’ambition de votre événement « Le Job Dating de l’Apprentissage » ?

L’année dernière nous avions regroupé un peu plus de 2000 jeunes, nous espérons cette année passer la barre des 3000. Ils vont pouvoir découvrir un maximum de métiers !

 

 

Le +

La Chambre de métiers et de l’artisanat de la Haute-Garonne organise la 3e édition

du « JOB DATING de l’apprentissage » le mercredi 10 juin, au centre de Congrès

Pierre Baudis à Toulouse (à partir de 9h). Au programme un espace conseils et un espace recrutement.

On the web : www.cm-toulouse.fr

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