[Eco] André Thomas : « Il faudra trouver 30 millions d’euros par an »

André THOMAS ©B AÏACHEconomies. Alors que les dotations de l’Etat diminuent, la mairie de Toulouse et Toulouse Métropole doivent trouver de nouveaux financements et annoncent un serrage de ceinture interne. Le point avec André Thomas, l’homme missionné par JL. Moudenc pour mener cette mission.

 

André Thomas, vous avez été nommé délégué général à la modernisation de l’administration, autrement dit vous êtes le « Monsieur économie » de Toulouse. Quelle est votre mission ?

Dès que Jean-Luc Moudenc est arrivé aux responsabilités, il a souhaité mettre en œuvre une action globale sur les moyens, de rendre plus performantes les administrations de la collectivité qui totalisent plus de 13 000 agents, municipalité et Toulouse Métropole confondues. Nous devions mettre en place des leviers pour agir sur la motivation au travail et l’efficacité des agents en utilisant au mieux les budgets. Ainsi, ma mission consiste à piloter stratégiquement les ressources humaines avec un plan de modernisation axé sur quatre plans : la maitrise de la masse salariale qui représente 55% du budget de fonctionnement de la ville (360 millions d’euros) et 20% de la Métropole (150 millions d’euros), le management de la collectivité, l’évolution de la structure en terme d’efficacité et d’ambition en menant un travail sur l’absentéisme, et pour finir le travail sur les organisations des fonctions ressources en les centralisant. Nous avons largement entamé le travail.

 

Quel est votre objectif ?

Sur le mandat, il faudra trouver 30 millions d’euros par an.

 

Ainsi, pour Jean-Luc Moudenc, les premières économies sont à faire dans l’administration, par des coupes du budget de fonctionnement…

Le coût des ressources humaines ne doit pas influer sur la qualité du service public, ni la qualité de vie des agents au travail. La motivation sera d’autant plus stimulée qu’il n’y aura plus de doublon, de fonctions mal identifiées. Tout n’est pas encore fait, mais point par point, à chaque fois que nous réorganisons un service en termes de technologie, de règlementations ou autre, nous en profitons pour réfléchir à l’utilisation des moyens. Cela se fait autour d’un dialogue social avec les syndicats et les comités techniques.

 

De quels outils disposez-vous ? Comment comptez-vous atteindre vos objectifs ?

Il n’est pas question de licenciements car ce n’est pas le mode de fonctionnement de la fonction publique et que nous n’avons pas besoin de le faire. En revanche, nous ne remplaçons pas, en volume, les départs en retraite, c’est-à-dire que nous devons retrouver, dans l’organisation, l’équivalent des départs à la retraite en économies. Seuls les postes de police municipale et des écoles sont remplacés systématiquement, sur demande de Jean-Luc Moudenc dont ce sont les priorités. Ces services sont sanctuarisés mais les autres sont réorganisés de sorte qu’un départ à la retraite n’ait pas de conséquences sur le fonctionnement. Nous avons absorbé l’augmentation des effectifs de la police en diminuant le personnel d’autres services, ainsi nous contrôlons la masse salariale. En un an, notre rythme d’évolution est à peu près égal à l’inflation alors qu’il était trois fois plus élevé auparavant.

« Tout ce que je peux dire, c’est qu’il n’y aura pas de nouvelle fiscalité… »

D’autres postes sont-ils dans le collimateur ?

La fonction achat a été centralisée, regroupée entre plusieurs services. Nous ne réalisons ainsi qu’un seul appel d’offre et effectuons des économies qui deviennent de plus en plus conséquentes. Les services qui travaillaient jusqu’à présent séparément, sont amenés, de façon systématique, à mutualiser leurs besoins. Nous pensons également au déploiement numérique qui fait gagner un certain nombre d’actes et progressivement, les citoyens n’auront plus besoin de se déplacer dans les administrations. L’économie se compte là en temps pour l’usager et en coût pour la collectivité. Autre domaine étudié, l’énergie : sur les bâtiments communaux et métropolitains, les économies annuelles sont de 918K€ pour la ville et 151K€ pour la Métropole, suite au dernier appel d’offres. Pour finir, les subventions allouées aux associations baisseront de 20% d’ici la fin du mandat de Jean-Luc Moudenc et connaitront une gestion différenciée.

 

Restent-ils d’autres leviers sur lesquels vous pouvez agir ? De nouvelles recettes à attendre ?

Tous les services, particulièrement celui de la gestion des finances, ont pour instruction de bien mobiliser les Fonds européens et les subventions. Et concernant les recettes, tout ce que je peux dire, c’est qu’il n’y aura pas de nouvelle fiscalité…

 

Peut-on parler de la construction d’une nouvelle culture économique commune ?

Nous donnons une formation spécifique budgétaire et nous mettons en place des formations à l’évaluation des politiques publiques de façon à ce que les chefs et directeurs de services, qui sont ceux qui sont aux affaires pour utiliser les budgets, aient une culture plus approfondie de l’économie, du contrôle de gestion. De même, nous développons des indicateurs de masse salariale, des outils de gestion, des indicateurs de recettes… pour que tous les responsables hiérarchiques aient, tel un chef d’entreprise, une vision globale de leur service et de la masse salariale. Ainsi, ils peuvent jongler avec leur budget mais dans une enveloppe qui sera encadrée. Cela devrait permettre d’absorber les baisses de dotations de l’Etat, mais nous n’excluons pas de prendre de nouvelles mesures si de nouvelles diminutions sont annoncées par le gouvernement.

 

 

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Tout n’est pas à jeter, mais, ceux qui connaissent l’intérieur vous diront généralement que “c’est le Grand Bordel au Grand Toulouse”.
    On peut revoir des organisations, mais encore faut il le faire avec méthodes et en s’appuyant sur les agents. Bref l’inverse de ce qui est généralement fait depuis les dernières élections, ce qui contribue à désorganiser les services et démotiver les agents.

    Et ce ne sont pas les commissions de promotion interne qui ont eu lieu ces derniers jours qui permettront d’envoyer un message de motivation aux agents.
    En effet, il y a eu de très nombreux cas où des agents méritants (réussite à des concours, qualité du travail, missions remplies) n’ont pas été promus au bénéfice d’autres dossiers qui ont dû être jugées sur d’autres critères…

    En résumé, c’est malheureux, mais ils sont en train de planter leur mandat et ce n’est bon pour personne.

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