Un miroir nommé Mélanie

MiroirsFemmes. « Miroirs », une pièce qui parle forcément de vous. Mélanie Aubert aime décortiquer avec sourire et malice l’âme humaine. C’est un peu comme si elle vous connaissait … Plutôt étrange, non ?

 

Mélanie Aubert aime l’introspection. La sienne mais pas que… Cette enseignante arrivée de la région parisienne en 2010 s’amuse à décrypter les failles de la féminité à travers son art : « J’ai commencé à écrire cette pièce dans une période où ma relation avec les femmes était plutôt trouble. Je me cherchais sans doute beaucoup en tant que femme … La question qui me hantait : Quel est mon rapport aux autres ? Ma relation avec ma mère ou mes amis ? » De cette plongée dans l’âme d’Eve en a découlé « Miroirs », une pièce jubilatoire rôdée sur les planches parisiennes, et qui trouve aujourd’hui un nouveau souffle en terres occitanes : « A travers mes trois personnages j’ai voulu illustrer ce que l’on ne veut pas montrer aux autres, mais que l’on montre malgré nous. Les fragilités que l’on cache mais que l’on porte quoiqu’il arrive. Quand les masques tombent il y a de l’émotion.» L’effet est d’ailleurs tellement miroir que beaucoup de spectateurs sortent de la pièce en se demandant si leur vie n’a pas été sur scène le temps de la représentation : « C’est tout moi ! », viennent-ils commenter en coulisses auprès de Mélanie Aubert. « C’est une récompense, c’est le résultat que j’espérais. J’encourage les gens à réfléchir sur eux-mêmes » répond celle qui est à la fois auteur, metteur en scène et comédienne. Une triple casquette encouragée par la passion qui comporte toutefois des inconvénients : « En tant que metteur en scène il m’a parfois été difficile de prendre du recul … J’ai profité de beaucoup de conseils. » Sur scène Mélanie Aubert est aux-côtés de deux jeunes comédiennes (Chloé Cardinaud et Marlina Cécile ), « entre nous il y a un vrai feeling. »

 « J’aime transmettre ma passion »

L’avenir, Mélanie y pense déjà : « Depuis le mois d’octobre, j’ai commencé à écrire une nouvelle pièce même si j’avoue être en stand-by avec les représentations actuelles qui demandent beaucoup de travail. Et dans ce que je suis en train d’écrire il y aura cette fois-ci des hommes (rires.) » Pour le pitch, silence radio même si les relations humaines restent la source principale d’inspiration de cette enseignante qui officie au sein d’un collège toulousain qui a d’ailleurs une section théâtre très active. Quel hasard ? Pas tout à fait, car Mélanie fait bien entendu partie des enseignants à la baguette. Cette fan de Jean Genet ou de Tchekhov le revendique : « J’aime transmettre ma passion. Le théâtre a toujours fait partie de ma vie … Mes parents y sont certainement pour quelque chose ; ils m’amenaient souvent voir des pièces. » Pourtant à Toulouse c’est plutôt difficile de se faire une place dans le petit monde du théâtre : « C’est objectivement plutôt compliqué de faire son trou. Chaque lieu a ses troupes de prédilection et il n’y a pas tant de théâtres que ça dans cette ville. On ne nous donne pas facilement notre chance. » C’était sans compter Badradine Reguieg, le directeur du théâtre du Fil à Plomb rencontré à l’issue d’une représentation : « Il a pris le temps de lire la pièce et il l’a aimé. L’écriture, le style l’ont touché. » Tout le monde se retrouve donc un peu dans l’œuvre de Mélanie Aubert … La preuve qu’il ne faut pas toujours avoir peur de se regarder dans le miroir. Ou quand le théâtre devient une thérapie.

 

Infos pratiques

« Miroirs » de Mélanie Aubert par la compagnie de la Fabriquerie – Du jeudi 14 mai au samedi 16 mai 21h au théâtre du Fil à Plomb. Réservations : www.boodu.com

 

Le +

Le Fil à Plomb, une histoire

Ce lieu porte l’histoire d’une troupe née en 1999, et qui faisait elle-même partie de l’association « Vitecri » dont Zebda notamment est issu. La première pièce présentée fut « Allons-y carrément. » Le Fil à Plomb s’est fait connaître avec la reprise des pièces à succès d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri : « Cuisine et dépendances » et « Un air de famille. » Le directeur est aujourd’hui le comédien toulousain, Badradine Reguieg.

 

 

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