Smaïn : « On ne nous sort pas du formol ! »

8727-0435 # 24.02.14

EUPHORIE. Près de 30 ans après « A star is beur », véritable révélation qui lance sa carrière, Smaïn revient sur scène entouré de toute une génération d’humoriste, via la tournée des « éternels du rire ». Rencontre avec un bout en train à la ville comme à la scène.

L’homme est clairement enthousiaste : « Les éternels du rire c’est un regroupement de comédiens et d’humoristes qui ont été les porte-drapeaux de toute une génération », explique-t-il, « c’est un peu une réunion de bistrot, on se remémore les bons moments autour d’un café pour rappeler au public les sketches qui les ont fait rire ». De Pierre Péchin à Jean-Marie Bigard en passant par Popeck ou encore Jean-Yves Lafesse (voir encadré) ils sont en tout onze à se partager les grandes scènes françaises depuis le 23 octobre et jusqu’au 13 décembre. « On a 15 minutes de bonheur chacun ! » clame-t-il pour un véritable « melting-potes » comme il aime à l’épeler… Retrouver la scène en équipe c’est une satisfaction, celle de constater que « le public fervent et rigolard n’a pas changé : c’est génial, une véritable déferlante de rire pendant trois heures. » Mais attention, pour cette tournée « best-off » des meilleurs moments « depuis 40 ans », Smaïn entend bien d’abord mettre les points sur les « i » : « Nous continuons à travailler, ce n’est pas de l’embaumement on ne nous sort pas du formol ! » La crainte est claire chez l’humoriste de croiser la rumeur d’un « comeback des humoristes oubliés » ! Car il précise tout de même « pour éviter toute confusion : je n’arrête pas de bosser ! Bigard encore plus : nous n’avons pas disparus ». Et s’il n’apparait plus trop sur les plateaux télé c’est simplement qu’il n’a « plus le temps » glisse-t-il. Et pour cause avec deux films à sortir en février (« Certifié hallal » et « Les portes du soleil »), il est actuellement sur trois autres longs métrages en préparation. La nouveauté ? Un conte musical sur lequel il planche à ses heures perdues. Mais aussi et surtout son nouveau one-man-show prévu pour le début d’année 2015, intitulé «  Je reviens me chercher ». Un artiste aux multiples casquettes qui aurait aujourd’hui du mal à choisir entre le grand écran et la scène, « tout dépend des rencontres. C’est comme les bons plats, c’est bien de passer de l’un à un l’autre… » Bien qu’ « une petite préférence à la scène » se dessine, car « le contact est immédiat, on ne peut pas mentir, c’est spontané, le public est là et il répond tout de suite, c’est merveilleux. » En tout cas, à ce stade de sa carrière, il explique avoir « comme dans toute vie, des regrets comme des moments de bonheur absolu, car tout n’est pas rose, mais c’est aussi ce qui donne le piment ». Une chose est sûre, la plus belle chose qui puisse lui arriver est bien de « continuer à faire mon métier : monter sur scène et donner du bonheur aux gens est une grande chance ». Aujourd’hui malgré un parcours de vie particulièrement difficile, Smaïn est un homme heureux, foncièrement passionné, satisfait d’avoir « accompli des rêves d’enfants ». Et s’il dit avoir été inspiré par Yves Montand, Jerry Lewis et tant d’autres, la référence de son existence, celui qui dirige sa vie reste son père. « Dans la France dans laquelle on vit aujourd’hui, heureusement qu’il y a des humoristes, car on donne à la vie une « pétillance » dont nous avons tous besoin. »

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.