Pacific Rim, de Guillermo del Toro: Fantastiquement cliché

Immondes, baveux et destructeurs, les «Kaijus» sont à l’origine d’une guerre sans merci contre les Hommes, armés, eux, de «Jaegers», des robots surdimensionnés, contrôlés par deux pilotes qui travaillent par télépathie. Bref, une nouvelle guerre contre la fin du monde. Et pour le coup, Guillermo del Toro, fan de fantastique, s’est fait plaisir. Tout y est. D’abord, le beau gosse musclé qui, dans le fond, a un cœur sensible. Del Toro a choisi Charlie Hunnam, un blondinet british en passe de devenir la nouvelle coqueluche des filles. Celui-ci ne jure que par son mentor, un grand fort, au charisme et à la voix impeccables qui, pour donner un peu de piment, cache tant bien que mal son état de santé critique. Pour la touche d’humour, on prend un scientifique déluré -avec des lunettes bien sûr- à la voix stridente qui saute allègrement de délires en délires. Puis, on mure tous les personnages dans des décors dont la surenchère des effets spéciaux n’est même pas subtile. Elle donne presque mal à la tête. Enfin, on choisit une jolie nénette. Cette fois-ci, pas une blonde plantureuse ou une brune femme fatale, mais une petite Asiatique -l’action se passe à Hong-Kong. Et bien sûr, on fait en sorte que ce soit les Américains qui sauvent le monde. Bref, les fans du genre adoreront, les autres passeront.

 Ariane Riou

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