La vérité sort de la bouche de…Giédré

GiedRé2© Clément Halborn 300

Cynisme. Aussi impertinente que son look est candide, Giédré passe son temps à lancer des pavés dans la marre. Ses chansons crues et totalement dénuées de pudeur choquent autant qu’elles font rire. Rencontre avec une outsider de la culture musicale française.

Giédré, il faut vraiment la voir pour le croire. Ce petit bout de femme blonde à la gueule d’ange attifée d’une robe à froufrou et de boucles d’oreilles gnangnan semble tout droit sortie du Club Dorothée. Pourtant à la seconde où elle ouvre la bouche, l’univers rose bonbon s’écroule tel un château de cartes. Elle se décrit comme chanteuse et poétesse et ce sont des rengaines plutôt rêches qu’elle balance au visage de ses fans. Au hasard : « La vie c’est de la merde », « Toutes des putes » et « On fait tous caca » ont déjà enflammé les foules à l’Olympia.

Giédré est Lithuanienne d’origine, débarquée en France à l’âge de 7 ans. Si elle se lance à corps perdu dans le théâtre, adolescente elle écrit ses textes et se met à la guitare « je voulais être Kurt Cobain et je voulais pécho ». Un jour, elle descend au bistrot du coin «pour faire le chapeau et gagner des sous ». Ses railleries cyniques mais non moins mélodieuses font rapidement parler d’elle. Raphael Mezrahi la remarque et lui propose au pied levé de participer à sa première partie. Aujourd’hui, sa page Facebook affiche 130 000 likes et elle est plébiscitée de toute part. Pourtant ses thèmes de prédilection -la pédophilie ou encore le cancer- ne laissaient pas présager la vente de plus de 10 000 disques… « Mon univers n’est pas si particulier, ce sont des chansons drôles sur des trucs pas toujours drôles : je parle des vraies choses, je n’invente rien. Je ne suis pas une donneuse de leçon. » Elle s’étonne de surprendre par la franchise affichée dans ses textes : « Il est bien plus osé de faire des chansons d’amour… Je me suis rapidement rendu  compte que j’avais des yeux, et que c’était difficile de les garder fermés, car on se prend souvent des poteaux. J’ai compris qu’il était plus pratique de les ouvrir et de voir. Et la langue de bois ça doit faire très mal au palais… » Ne cherchez pas plus loin, Giédré c’est ça.

Sur fond de cruauté et d’horreurs qu’elle chantonne à tout va, c’est l’hypocrisie  qu’elle écrase : « On ne demande jamais à ceux qui font des chansons sur le partage et l’humanité et qui sont exilés fiscaux en suisse pourquoi ils chantent ça! » Elle  ne se pose donc aucune limite, « Les gens ne sont pas obligés d’écouter ». Elle met d’ailleurs un point d’honneur à « rester un choix » en préservant son indépendance. À ce jour, elle s’autoproduit, cela « me permet de faire ce que je veux ». Sans fermer la porte à un label qui « réfléchirait différemment » Giédré fait son petit bonhomme de chemin et à son rythme, avec déjà 6 disques en 4 ans ! Les réactions sont multiples, mais la plupart du temps positives : « j’ai des textes sur les handicapés, leurs réactions c’est souvent : « c’est cool comme tu rigoles de tout, si tu rigoles de nous ça veut dire qu’on fait partie du tout ! » « C’est excluant de parler des gens plutôt que d’en parler avec humour. » Giédré n’est pas une artiste facile, l’entendre d’une oreille distraite reviendrait à s’offusquer des atrocités scandées. Pourtant prendre la peine d’écouter ses mots amène à saluer la prouesse, car pointer du doigt la bêtise humaine pour mieux la tourner en dérision, peu de champions du box-office y parviennent. Lorsqu’on lui demande le morceau qu’elle préfère, elle n’hésite d’ailleurs pas vraiment et se met à fredonner gaiement : « Je ne suis pas méchante, c’est le monde qui est pourri, si la vie était moins violente je le serais aussi… »

 

En concert à Muret, salle Alizée le 11 décembre.

5 lots de 2 places à gagner en envoyant un mail à redaction@lejournaltoulousain.fr mettre en objet Jeu week-ends.

 

Le +

La Dynamo prend l’air

Depuis maintenant trois ans, la Dynamo prend l’air à Muret, à raison d’une date par mois. Un partenariat autour d’un échange de compétences pour diffuser la culture encore plus largement en région toulousaine. L’année passée ce sont notamment Cœur de pirate ou encore Zaz qui s’étaient déplacées.

 

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