JT 248 – Nicolas Hulot ou la grande désillusion !


Nicolas Hulot ou la grande désillusion !

Nicolas Hulot ou la grande désillusion !

Nicolas Hulot, après avoir longuement hésité, a décidé de faire confiance “à la parole et à l’engagement des candidats” en faveur de la protection de l’environnement et de renoncer à l’aventure présidentielle.

Après une longue réflexion l’animateur d’ Ushuaia a annoncé lundi sa décision au terme d’une déclaration solennelle longue d’une vingtaine de minutes : “J’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle et de suspendre mon ingérence politique”, a déclaré le responsable écologiste, visiblement ému, devant un parterre de caméras et de journalistes, dont plusieurs représentants de la presse étrangère. Nicolas Hulot a choisi de faire confiance à la parole et à l’engagement des candidats respectant ainsi la parole donnée de lever l’hypothèse de sa candidature, dès lors que les prétendants à l’Élysée traiteraient avec sérieux ses propositions. Il estime que la majeure partie du contrat a été remplie, les principaux candidats ayant accepté de signer le Pacte écologique et d’y apporter leurs remarques et propositions.

Effets sur la campagne

Si après la “fantastique adhésion populaire” suscitée par le Pacte écologique, signé à ce jour par un demi million de personnes, la nouvelle a déçu la majorité des Françaises et des Français, il est sûr qu’elle a permis à Dominique Voynet, laminée dans les sondages de respirer un peu d’air pur. On comprend que crédité de 12 à 15 % d’intentions de vote, Nicolas Hulot aurait précipité la sénatrice verte dans les profondeurs abyssales… On peut raisonnablement penser que S. Royal et N. Sarkozy en passe de perdre également de précieuses voix s’en trouvent soulagés. Nombreux sont celles et ceux qui aujourd’hui se sentent trahis à la hauteur de l’espoir qu’ils avaient mis dans cette candidature de témoignage. Sa présence au premier tour aurait dynamisé une élection qui aujourd’hui est bien plus axée sur un concept people que sur une présentation d’un véritable projet notamment côté PS.

Le Pacte

Si les principaux candidats ont signé le pacte, le FN, la LCR, LO, MPF… ont refusé, la planète n’a pas l’air de les intéresser. Plus surprenante encore la réaction de Frédéric Nihous (CPNT) qui a ramené son parti vers un intégrisme assez déroutant. Si St Josse se déclarait par le passé comme un acteur de première ligne en matière de protection d’environnement et de ruralité, son dauphin semble avoir zappé un épisode en nous ramenant 50 ans en arrière. Si les chasseurs ne s’intéressent plus à l’environnement, alors leur fin semble programmée. Nombreux sont les chasseurs qui pensent que F. Nihous n’est qu’une erreur de casting…

Dix objectifs

– Promouvoir une logique de durabilité, réduire la consommation et la production de déchets

– Priorité à l’efficacité et à la sobriété énergétique

– Réformer la politique agricole

– Contenir l’étalement urbain et rapprocher lieux de travail et d’habitation

– Réduire les transports grands consommateurs de pétrole (et gros émetteurs de gaz à effet de serre), routiers notamment.

– Supprimer les subventions publiques aux activités dégradant l’environnement

– Protéger la biodiversité en intégrant la préservation du patrimoine naturel aux stratégies globales de développement

– Evaluer le poids des dégradations environnementales sur la santé et prévenir, plutôt que guérir

– Faire de l’environnement un moteur pour la recherche et l’innovation

– Donner au défi écologique une priorité diplomatique

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b>Cinq Propositions

1/ Un poste de vice-Premier ministre pour placer le développement durable au sommet de l’État

Constat : “Aucune des propositions jointes ne peut être mise en oeuvre dans la structure gouvernementale en vigueur”.

But : Passer au prisme de l’environnement l’ensemble des politiques publiques et nouvelles lois.

2/ Instauration d’une “taxe carbone” sur les émissions diffuses (transport, logement, industrie) de gaz à effet de serre.

Constat : le climat, pas plus que les réserves en hydrocarbures (85% des approvisionnements énergétiques mondiaux), ne supporteront longtemps le rythme de consommation de pétrole, gaz et charbon.

But : payer plus cher l’énergie pour réduire volontairement la consommation avant d’y être contraint.

Nicolas Hulot plaide pour un “bouquet énergétique” faisant appel aux renouvelables, mais considère que sortir du nucléaire sera complexe et coûteux et qu’un arrêt brutal risquerait d’augmenter le recours aux énergies fossiles.

3/ Réformer les subventions agricoles pour encourager une agriculture de qualité.

Constat : les aides agricoles coûtent cher à l’Europe (9,5 mds d’euros) et à la France (2,5 mds), encouragent des pratiques intensives et maintiennent les producteurs dans la dépendance.

But : les réorienter progressivement vers l’agriculture biologique, labellisée, maraîchère, en lui ouvrant le marché de la restauration collective (2,6 milliards de repas par an en cafétéria, cantines…) sur des critères de qualité et de proximité.

4/ Rendre le débat public systématique sur toutes les politiques de développement.

But : associer systématiquement les citoyens en amont au débat public “sans les substituer aux élus”.

5/ Une grande politique d’éducation nationale à l’environnement.

But : dispenser un enseignement de base en écologie et créer un corps d’État du développement durable.


La position des principaux candidats

N. Sarkozy veut une agriculture plus « raisonnée » et écologique. S. Royal, veut instaurer une taxe à la tonne pour les transports routiers et favoriser le ferroviaire. La candidate à l’élection présidentielle veut baisser à 50% la part du nucléaire d’ici 2020 et atteindre 20% d’énergies non polluantes. F. Bayrou, veut abaisser la vitesse sur les routes et taxer davantage le pétrole, le gaz… et est favorable au programme nucléaire ITER. D. Voynet, veut sortir du nucléaire…, taxer le routier, interdire les OGM, limiter les cultures irriguées.

Un autre monde possible

Nos sociétés n’ont que deux choix possibles. Et il y a un gouffre entre les deux. Ou bien nous subissons le changement et laissons le temps nous imposer un inévitable bouleversement, ce qui constituera la plus humiliante des souffrances. Ou bien nous provoquons et conduisons nous-mêmes la mutation écologique. Car désormais aucun être raisonnable ne peut douter que le monde de demain sera radicalement différent, et cela de gré ou de force. Si c’est de force, des tragédies massives nous attendent. Aucune démocratie, aucun projet social, aucune économie ne pourra résister à la combinaison de l’épuisement des ressources naturelles, des convulsions climatiques et de la pauvreté. La spirale qui en résultera échappera probablement à l’humanité, à notre humanité. Notre vernis policé se craquellera et nous ferons la cruelle démonstration que nous ne sommes pas civilisés en profondeur. Au passage, n’oublions pas que les plus exposés aux désordres annoncés et à la pénurie qui les accompagnera sont ceux qui, sur la planète, manquent déjà de l’essentiel. Ils seront les premiers à subir ce qu’ils n’auront pas forcément provoqué. Les enfants de ces populations du Sud, que nous avons déjà dépossédées, auront alors toute légitimité pour venir chez nous, au Nord, afin d’y chercher d’illusoires abris.

Avis d’écologiste

Cette élection présidentielle de 2007 en France était l’occasion de placer l’écologie au cœur du débat politique. Nicolas Hulot a eu le mérite de créer un séisme politique sur fond de souvenir d’élection de 2002. Comme Coluche il y a quelques années, il est évident que sa candidature pouvait fausser le ronronnement politique avec en plus un fond de commerce, l’écologie, qui bénéficie d’une prise de conscience universelle de la Floride à la Chine en passant par notre bonne vieille Europe. Alors tout était possible et Nicolas Hulot a trahi quelque part la planète. Évidemment à part quelques extrêmes, personne ne pouvait s’opposer au pacte proposé par N. Hulot. Mais si on gratte un peu, on a l’impression que rien n’a vraiment changé. A part proposer de taxer à tour de bras, les transports, les carburants etc… pas de propositions concrètes. Pouvait-il en être autrement ? Celles et ceux qui applaudissent poliment Hulot sont en place depuis des décennies, ont été au pouvoir et pour certaines ont été ministres (S. Royal et D. Voynet) de l’environnement et n’ont rien fait de concret. Pour la plupart ils ont voté une loi sur l’eau fin 2006 qui est vide de réforme, personne ne s’est mouillé… On pourra utiliser des pesticides cancérigènes à condition de payer une taxe à la tonne… Le projet européen « Reach » qui devait se pencher sur la toxicité de plus de 100.000 substances chimiques que nous côtoyons tous les jours, va se limiter à une étude de 15.000 molécules et il devra y avoir substitution en cas de risque « à condition que l’aspect économique ne soit pas mis en cause… Dommage Nicolas, que cédant sûrement aux pressions, tu nous ais laissés tomber… La place est libre pour les promesses qui n’engagent que celles et ceux qui y croient…

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