Valentin Porte ne va pas changer pour autant

A 22 ans, l’ailier droit toulousain Valentin Porte est ressorti plus mûr de son premier Mondial en Espagne. En compagnie des « Experts » en fin de cycle pour la plupart, il s’est offert le luxe de marquer quelques buts, et de laisser une empreinte de manière significative et positive. A lui désormais d’enchaîner avec les Fénix de Toulouse, fort d’une expérience internationale inoubliable, pour retrouver le maillot bleu.

 

Valentin, pas le temps de savourer votre première sélection, que vous enchaînez sur le Mondial en Espagne. On imagine que ce fut un grand moment pour votre jeune carrière ?

Je ne m’attendais pas du tout à figurer dans cette liste. En l’apprenant, bien évidemment j’ai sauté de joie, car cela concrétise des années de travail. Je savais que j’étais dans une pré-liste, mais de là à postuler pour aller au Mondial, ça fait quelque chose. Après, j’ai réussi à me mettre dans le bain, en gardant mes habitudes toulousaines. Les matchs amicaux m’ont servi à prendre des repères, de voir les anciens à l’œuvre. C’était important de les écouter, tout en se mettant en retrait.

 

Si vous deviez retenir un souvenir en particulier ?

Outre les entrées sous le maillot tricolore, il y en a tellement ! Malgré cela j’en retiens un, car c’était un moment unique pour beaucoup de coéquipiers. Au moment des hymnes face au Monténégro, lors du deuxième match, on nous annonce un problème de sono et que la Marseillaise se chantera « a cappella ». Ils ont dû faire avec les moyens du bord, je n’avais jamais vu ça. Cela m’a marqué.

 

Dans quel état d’esprit, avez-vous abordé la compétition ?

A 22 ans, se retrouver avec une équipe légendaire, ça fait bizarre. Au début j’étais pétrifié de peur, puis je me suis rendu compte que c’était des mecs normaux, tout à fait abordables. Des coéquipiers qui m’ont mis à l’aise et m’ont laissé me préparer comme je sais le faire. Avant moi, de grands joueurs sont également entrés par la petite porte. En tout cas, ça donne envie de tout faire pour revenir en sélection. Un mec comme Xavier Barrachet notamment, c’est un exemple à suivre. Il s’est fondu dans le collectif. Pour l’imiter, je me dois d’enchaîner avec Toulouse, être le plus performant possible.

 

Claude Onesta vous a-t-il prévenu à ce sujet ?

 

Nous n’avons pas encore débriefé. Chacun a pris du recul par rapport à la situation, cette équipe étant peu habituée à la défaite. Un cycle est en train de se terminer. Didier Dinart va prendre du recul, d’autres joueurs aussi peut-être. Moi aussi j’ai pris mes distances avec l’événement. J’ai rejoint mes coéquipiers des Fénix à Luchon. Nous y faisons un stage chaque année. On va bien se ressourcer pour attaquer le championnat avec encore plus de motivation. Si je suis performant sur le terrain, assurément j’aurai des chances de retrouver le groupe France. A moi d’être encore plus professionnel. Je suis encore jeune, il est hors de question de me prendre pour un autre.

 

Les Fénix sont actuellement dans le ventre mou du championnat. Avez-vous fixé de nouveaux objectifs pendant cette trêve ?

 

Là, je me recentre sur une autre mission : celle d’aider mon club un maximum à revenir à une place honorable (Valentin précise entre la 5e et la 8e). On a connu des moments compliqués dès le début de la saison*. Et puis quand ça allait mieux, on a perdu Jérôme Fernandez sur blessure. Notre plus grande force, c’est notre groupe. On sait rester soudés et solidaires entre nous. Nous sommes conscients que nous revenons de loin. Le vestiaire aurait pu exploser à un certain moment, mais nous avons agi en adultes responsables. Maintenant que tout est rentré dans l’ordre, on va se remettre au travail pour essayer de gagner un maximum de rencontres.

 

par Mehdi Djebbari

*Les Fénix se sont retrouvés sans président en tout début de saison. D’autre part, ils n’ont pas pu recruter à la hauteur de leurs volontés, la faute à un budget inadapté.

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.