Une saison de foot plutôt morose

Certes, il y a le FC Barcelone et son équipe de rêve. Certes, Lille est un beau champion, grâce à son jeu porté sur l’attaque. Mais dans l’ensemble, il y a eu assez peu de raisons de s’enthousiasmer ces derniers mois.

 
Cette saison aura donc une nouvelle fois été marquée par la supériorité du Barça. Champions d’Europe sans contestation possible (Manchester United n’y a cru qu’un quart d’heure en finale), impériaux en Liga, les Catalans sont pour l’instant sans rivaux sur la planète football. Certes le Real Madrid a bien réagi après la gifle infligée au Camp Nou (5-0 pour mémoire), et a même réussi à piquer à son grand rival la Coupe du Roi (équivalent espagnol de la Coupe de France), mais l’équipe coachée par José Mourinho s’est révélée finalement tout simplement inférieure. Et au lieu du sommet attendu entre les deux équipes lors de la demi-finale de Champion’s League (CL), ces dernières nous auront offert un spectacle indigne, qui aura eu pour seule conséquence d’engendrer une bataille hors-champ sur le terrain des petites piques assassines. Pas de vainqueur à ce triste jeu-là, et en ce qui concerne le jeu justement, seul le génie de Messi nous aura réconciliés avec le football lors de ces deux rencontres.
La saison anglaise ne fut pas non plus la meilleure de ces dernières années. La bataille pour le titre fut certes indécise, mais la faute en revient surtout aux équipes de tête trop inconstantes et incapables de nous offrir un beau spectacle tout au long de la saison. Manchester United, comme souvent, s’est montrée l’équipe la plus maligne, mais aussi la plus cynique : gagner sans (toujours) bien jouer, une spécialité maison. Mais pour Wayne Rooney ou Chicharito Hernandez, les Diables Rouges ont bien mérité leur nouveau titre. A part ça, Arsenal s’est montré incapable de s’imposer dans les moments clés (perdant même la finale de League Cup contre Birmingham City, futur relégable), Manchester City s’est imposé à la troisième place à coup de liasses de billets (avec également à la clé la Cup) et Chelsea s’est offert une crise en plein hiver, notamment en déboursant 58 millions pour un Fernando Torres complètement à côté de ses crampons depuis son arrivée à Londres. Enfin, le Liverpool FC a réalisé tardivement sa mue mais semble prêt à rebondir dès la saison prochaine, avec à sa tête la légende Red Kenny Dalglish.

 

Les Dogues au pouvoir

Le Borussia Dortmund est un champion d’Allemagne inattendu. Le Bayern Munich en difficulté, Schalke 04 en retrait (bien qu’enthousiasmant en CL, merci Raùl !), le club de la Rurh ne s’est pas fait prier pour remporter la Bundesliga. Porté par ses jeunes stars Sahin, Götze ou Kagawa, Dortmund a en fin de compte littéralement dominé le championnat de la tête et des épaules, au contraire de la Ligue Europa où le PSG a mis précocement fin à son rêve de sacre.
Quant à la Série A, si l’AC Milan fait un champion d’Italie tout à fait respectable, nous retiendrons plutôt la saison de Naples qui, porté notamment par un Edinson Cavani de grand talent, a eu de bonnes raisons de croire au titre avant de s’essouffler dans les dernières journées. Au Portugal, Porto s’est littéralement baladé, ne laissant que des miettes à ses adversaires, se permettant même le luxe d’être sacré champion sur la pelouse de son rival de toujours, Benfica. Une saison parfaite conclue par une victoire en Ligue Europa face à un autre représentant portugais, Braga, surprise majeure de la compétition.
Reste notre bonne vieille Ligue 1. Si Lille est un beau champion, à n’en pas douter, reste que cette saison ne marquera pas forcément les esprits. Hormis Lille donc, les autres équipes de tête ne nous auront pas offert du grand spectacle, même si le PSG s’est souvent montré sous un beau visage, bien que de manière trop intermittente pour espérer mieux. Nous retiendrons tout de même les relégations de Lens et surtout de l’AS Monaco, grand nom du championnat qui récolte aujourd’hui le fruit des nombreuses décisions sportives aberrantes prises par les différentes directions du club depuis le départ de Didier Deschamps.

Romain Janer



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