Une finale, ça se gagne !

Une fois n’est pas coutume, le Stade Toulousain a conquis son dix-neuvième Bouclier de Brennus de son histoire. Samedi au Stade de France, les joueurs de Guy Novès ont certes tremblé, néanmoins ils se sont imposés 18-12 au terme d’une rencontre palpitante. Ce n’est pas le niveau affiché dans l’ensemble qui aura interpellé les quelque 79612 spectateurs présents au Stade de France, mais plutôt le scénario de la rencontre, qui fut indécis jusqu’à l’ultime seconde. Toulouse ne nous avait pas habitués à ce détail, pourtant l’équipe de Guy Novès a réussi à obtenir son 19e titre de Champion de France, sans inscrire le moindre essai. Que ce soit lors des demies contre Castres, ou contre Toulon en finale, à chaque fois, la botte du Néo-zélandais Luke Mc Alister aura fait le boulot : «Cette saison a été très difficile et ce titre vient récompenser tout le travail fourni. Je me rappelle encore des moments où les internationaux manquaient en pagaille et que le coordinateur vidéo du club faisait office de 22e joueur sur la feuille de match car nous n’étions pas assez. J’adresse un grand bravo aux trente-deux éléments qui ont construit la route menant vers ce titre. Nous sommes très fiers du travail fourni par chacun d’entre eux. Ils laisseront à jamais une marque dans l’histoire du rugby et du club», tels sont les propos recueillis à chaud, de Jean-Baptiste Elissalde, coach des lignes arrières. Comme beaucoup au club, il aura trouvé ce titre bien plus compliqué à décrocher que celui de l’an passé.

Une saison pas comme les autres

Photo de Robert LamantIl serait bien présomptueux de dire que le Stade Toulousain partait favori à l’orée de cette finale 2012. Vainqueur de Castres à l’expérience la semaine passée, Toulouse n’a une fois de plus, pas réussi à concrétiser ses opportunités. «Jeu de mains, jeu de Toulousains», le proverbe ne semble plus tenir dans le temps des gros matchs, surtout en l’absence de ses ailiers et habituels marqueurs d’essai : à l’image de Timoci Matanavou et surtout de Maxime Médard, blessé au genou depuis le mois de février. Parallèlement, la défense stadiste a tenu la baraque et c’est tout en son honneur au vu de l’armada toulonnaise qui sévissait en face. Tout le monde a encore en mémoire l’intervention salvatrice de Vincent Clerc contre Castres. Une prise de lutte exceptionnelle qui au final, permettait à son équipe d’aller au Stade de France la semaine suivante. Samedi, dans les dix dernières minutes, c’est encore grâce à sa muraille que la différence s’est faite. Avec seulement six points d’écart en leur faveur, les hommes de Guy Novès ont contenu les assauts sans faire de faute, mais que ce fut compliqué ! Jamais à l’abri d’un essai transformé, tout le camp toulousain attendait que la sirène retentisse au moment où les Toulonnais squattaient les vingt-deux mètres. Une dernière faute au sol condamnait définitivement les protégés de Bernard Laporte. Vingt ans après son dernier Brennus, le RC Toulon s’inclinait contre le tenant du titre, sans doute par manque d’expérience à ce niveau-là de la compétition. Pour faire un beau champion, il faut que l’adversaire soit à la hauteur. De ce côté-là, personne n’aura à rougir, car l’intensité fut omniprésente en dépit d’un score à la hauteur de ce que tout le monde espérait. Parfois l’enjeu prend le pas sur le jeu, le Stade Toulousain a su ressortir vainqueur sans s’affoler. Un dix-neuvième titre, comme quoi, le chat sait toujours retomber sur ses pattes. Même quand la majorité des observateurs promettait le Brennus à Clermont. Le Stade a fait le dos rond, et une fois de plus a fait taire tous ses détracteurs. Dimanche, tous les fidèles avaient fait le déplacement comme d’habitude un lendemain de titre. L’occasion de saluer une dernière fois tous ceux qui quitteront le navire et que l’on ne verra plus sous le maillot doté de quatre étoiles*, mais aussi de célébrer cette grande bande de copains au grand cœur. D’année en année, ils ne cesseront jamais de nous surprendre. Qui ne saute pas n’est pas Toulou… sain !

* Rupeni Caucaunibuca, William Servat, Dan Human, Jaba Bregvadze et Shaun Sowerby n’évolueront plus au Stade Toulousain la saison prochaine.



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