Toulouse handball ; Christophe Kempé : « Prendre une nouvelle dimension »

A 33 ans, le pivot vedette du TUHB va vivre ses premiers Jeux Olympiques. Petit bilan de sa saison avec Toulouse avant d’évoquer ses ambitions pour le club et pour l’équipe de France.
Christophe, quel bilan faites-vous de la saison du TUHB, passé à un petit point du Top 8 ?
Nous avons obtenu un classement proche des deux saisons précédentes mais avec un niveau de jeu largement supérieur et beaucoup plus équilibré. On finit à un point de la 6ème place donc on pourrait avoir des regrets mais, au final, le déroulement de la saison est satisfaisant. On a obtenu le maintien dès la trêve et on n’a pas grand-chose à se reprocher. Le spectacle fourni au Palais des Sports est positif et les structures du club sont de plus en plus efficaces.

Que vous manque-t-il alors pour progresser au classement ?

Il ne nous manque pas grand-chose. Nous sommes sortis de deux saisons très difficiles et il nous manque juste la confiance. Quand on voit qu’on peut aller gagner chez le champion en titre Ivry, tout est possible. Nous avons de réelles ambitions pour l’année prochaine, le recrutement de l’un des meilleurs marqueurs du championnat Ben Aziza (international tunisien, ndlr) en est la preuve. Il va nous apporter une puissance de feu qui nous manquait. Au poste de demi-centre, Mickaël Merz prend de l’ampleur et l’équipe a tout pour être compétitive et figurer dans la première partie de tableau. Nous avons envie de démontrer aux gens qui nous suivent que notre sport peut exister.

 

« Tout pour gagner »

Justement, vous sentez-vous soutenus à Toulouse ?
Toulouse rime surtout avec football et rugby mais le handball peut exister comme il y a plusieurs années. Le nouveau Palais des Sports nous a permis de grandir, de nous structurer et de devenir un club accueillant pour les partenaires et le public. Notre ambition est d’être le premier sport de salle à Toulouse.

Quelques mots sur votre quart de finale perdu en Coupe de France ?
Sur les 10 dernières minutes du match à Ivry, on a senti qu’on jouait vraiment à l’extérieur. Il nous reste un goût amer car on voulait être en demi-finale. L’équipe a très bien joué mais nous n’avons pas eu de chance sur le tirage au sort. Mais tout cela fait partie du jeu. On fera mieux l’année prochaine et on pense également à la Coupe de la Ligue dont le Final Four se déroulera à Miami.

Vous allez bientôt rejoindre l’équipe de France pour la préparation des Jeux Olympiques, une compétition qui ne réussit pas aux Tricolores ces dernières années. Quel est votre objectif ?
L’objectif est de ramener une médaille et surtout celle en or. L’équipe de France arrive à maturité, avec un effectif qui se connaît bien et qui vit ensemble depuis plusieurs années. On sent tous que c’est le moment de marquer les esprits et de faire prendre au handball français une autre dimension. D’autant plus que nous serons les seuls à défendre le sport collectif aux Jeux Olympiques pour la France. Nous allons donc bénéficier d’une vitrine médiatique qui va nous permettre de diffuser ce sport. Sans prétention, on sait qu’on a tout pour gagner, avec des individualités exceptionnelles, une belle solidarité et une super entente sur le terrain et en dehors. Personnellement, j’ai perdu trois demi-finales dans des grandes compétitions donc il est temps que ça change !

« Pas le rôle du sportif »

Quels seront vos principaux adversaires ?
On retrouve régulièrement la Croatie, l’Allemagne et l’Espagne en haut de tableau avec un Danemark qui s’est décomplexé avec un titre de champion d’Europe.

Sentez-vous qu’il s’agit pour le groupe actuel de la dernière chance de victoire aux Jeux ?
Quoi qu’il arrive, je resterai sélectionnable le plus longtemps possible mais il faut être réaliste : à 33 ans, je vis sûrement ma dernière chance d’être champion olympique. A un moment donné, ma place sera prise par un jeune. En plus, je vais vivre mes premiers Jeux Olympiques, alors ce serait tout bénef pour moi ! Mais il est certain que nous arrivons à la fin d’une génération.

Vous sentez-vous con-cerné par les polémiques autour des Jeux Olympiques à Pékin ?
Bien sûr, on se sent concernés en tant qu’humains mais, en tant que sportifs, nous ne détenons pas les clés d’un problème politique et économique. Il faudrait boycotter la Chine sur le plan commercial mais, à un moment donné, il faut arrêter de prendre les athlètes en otages car ce n’est pas nous qui lui vendons des avions ou délocalisons les entreprises là-bas. Il fallait se réveiller avant, lors de l’attribution des Jeux en 2001. Maintenant, je suis plus pour faire un geste lors de la compétition mais ce n’est pas le rôle du sportif de réagir et de prendre la parole au nom de tous les athlètes et de tout un peuple. De plus, les Jeux sont le rêve de toute une vie alors parler de boycott n’est pas facile à vivre.

Propos recueillis par Sophie Orus


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