TFC/Rennes ; Une défaite rageante des Violets

En s’inclinant 3-1 à Rennes le TFC a perdu sa place sur le podium du championnat. Une défaite rageante, car globalement maîtrisée par des Toulousains qui se sont faits contrer efficacement par les Rennais.

 
A Rennes le TFC s’est fait avoir à son propre jeu. Ou du moins au jeu que les Violets pratiquaient encore la saison dernière. A savoir accepter de perdre la bataille du milieu de terrain, laisser le ballon à l’adversaire pour mieux surgir en contre et le punir dès que l’occasion se présente. Et les joueurs de Frédéric Antonetti ont su appliquer ce plan à merveille. En étant mené 1-0 à la pause, les Toulousains pouvaient crier au hold-up ; en menant 3-0 à la 80ème minute (Moussa Sissoko réduisant le score en fin de rencontre) les Rennais méritaient de fait leur victoire et pouvaient se féliciter d’avoir su freiner les ardeurs toulousaines et concrétiser leurs occasions. Car si les Violets ont dominé les débats au milieu de terrain (surtout en première mi-temps, soyons honnête), en contrepartie ils ne se sont procurés que peu de réelles occasions de but, ne pesant pas assez dans la surface adverse.
A l’inverse des dernières rencontres, c’est Yannis Tafer qui était titulaire à la pointe de l’attaque toulousaine ; et tout comme Federico Santander qui l’a remplacé à la 70ème, il n’a guère pesé sur cette rencontre, n’ayant que trop peu de bons ballons à exploiter. Pas évident pour la confiance, vu qu’aucune des deux recrues de l’attaque téféciste n’a encore inscrit le moindre but. Néanmoins cette pénurie offensive n’est évidemment pas seulement de leur fait. En choisissant de s’appuyer sur la conquête du ballon au milieu de terrain, le TFC se prive de facto d’un plus grand nombre de joueurs aux avant-postes. Et attaquer à seulement deux ou trois joueurs, c’est valable quand l’équipe joue en contre, pas sur des attaques placées. Alors bien entendu les Bretons ont eu de la réussite en marquant en toute fin de première mi-temps (belle frappe du latéral droit Romain Danzé, au passage), ce qui a inévitablement porté un coup au moral des joueurs d’Alain Casanova ; mais somme toute, comme l’a simplement résumé Daniel Braaten après la rencontre, «pour gagner il faut marquer». La formule est simpliste mais implacable : le TFC joue bien en ce moment, c’est indéniable, mais il ne fait que trop peu trembler les filets adverses. Et au final, il ne gagne plus.

 

Une trêve bienvenue

En s’imposant face à Toulouse, le Stade Rennais en a profité pour s’emparer de la première place du championnat au détriment de Saint-Etienne, contraint au nul face à Marseille lors d’une rencontre de haut niveau, avec au passage le premier but d’André-Pierre Gignac sous le maillot olympien. Bordeaux et Lyon semblent eux aller mieux que lors des dernières semaines. En Gironde Jean Tigana semble avoir trouvé le mode d’emploi de son équipe : adieu la possession du ballon, la bienvenue aux contres éclairs et au (trop) fameux bloc-équipe. Quant à l’Olympique Lyonnais, après sa défaite – imméritée – face aux Verts et la forte pression portée sur Claude Puel, il semble s’être bien ressaisi avec ses victoires en Ligue des Champions et à Nancy. Tout est loin d’être réglé, notamment défensivement, mais il y a incontestablement du mieux, surtout en ce qui concerne le quatuor offensif. Petit à petit, Yoann Gourcuff commence à trouver ses marques, et Jimmy Briand vient d’inscrire ses deux premiers buts sous ses nouvelles couleurs. Les Lyonnais seront à la lutte pour le titre cette saison, n’en doutons pas.
En bas de tableau, malgré l’arrivée au club de Faruk Hadzibegic, la galère continue pour Arles-Avignon ; nouvelle – lourde – défaite à domicile, 0-4 face à Auxerre. Certes le nouvel entraîneur arlésien n’était en poste que depuis quarante-huit heures, mais tout porte à croire que cette saison, qui devait être une fête pour le club et ses supporters, va s’avérer être un chemin de croix jusqu’au bout. Mais pour eux comme pour d’autres clubs en difficulté, la trêve internationale pourrait permettre à ces derniers de repartir du bon pied, en se servant des deux semaines qui viennent pour décompresser et tenter de travailler plus sereinement que jusqu’alors. A l’inverse, une trêve est souvent perçue comme dangereuse par des clubs en forme, qui voient ainsi cesser une dynamique positive qui ne demandait qu’à être poursuivie. Pour les Violets, il s’agira vraisemblablement de tout mettre en oeuvre pour que le groupe confirme à la reprise son bon niveau de jeu actuel, tout en s’efforçant d’améliorer son rendement offensif. Car le 16 octobre c’est le PSG qui se rendra au Stadium. Or si le TFC, aujourd’hui quatrième, souhaite rester dans le haut du tableau, bien jouer ne suffira plus, il faudra gagner.

Romain Janer


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