TFC; Un nouveau départ

Le président Olivier Sadran a tenu une conférence de presse la semaine dernière pour «rétablir certaines vérités» et présenter le nouveau coach des Violets. Bilan et perspectives du club en 5 points.

 

Un bilan à nuancer
Depuis la fin de la saison, de nombreux chiffres circulent sur les pertes et bénéfices financiers du club. Devant cet imbroglio causé en grande partie par un manque de communication du président, Olivier Sadran a voulu faire le point : «Nous accusons une perte de 200 000 euros pour la saison, avec un résultat d’exploitation négatif aux alentours de 4 à 5 millions. On pensait jouer la 10ème place, or il y a 800 000 euros d’écart en droits télévisés entre chaque place du classement. D’autre part, nous avons englouti le capital par des primes versées aux joueurs et au staff suite à la 3ème place obtenue en 2007.» Mais le patron du TFC n’est pas inquiet : «Il nous reste un actif net de 12 millions d’euros et les actionnaires sont là. Je suis prêt à mettre la main à la poche comme je l’ai fait dans le passé.»

Exit Elie Baup
Alors que l’emblématique entraîneur demandait plus de prérogatives pour la saison à venir, Olivier Sadran a coupé court aux négociations, «pour des raisons strictement sportives». Même s’il se défend d’une quelconque rupture ou de rencontres houleuses, le président reste ferme : «Cette saison fut la plus catastrophique sur le plan sportif mais aussi pour la vie du club : il y a eu beaucoup d’altercations dans les vestiaires et une façon de vivre qui ne correspond pas à ce que nous voulons pour le futur. Je veux garder un groupe sain. On a tous des responsabilités dans ce bilan et je ne veux pas faire de chasse aux sorcières.» Concernant le coût d’une telle rupture de contrat, là encore silence radio : «Tout cela ne doit pas être public car les démarches relèvent du droit. Je respecte Elie et tout doit donc rester confidentiel.»

 

Le choix interne
Jolie promotion pour Alain Casanova, fidèle du club depuis plus de 10 ans dans le staff technique, qui devient le nouveau coach de l’équipe 1. En déclarant avoir cherché «qui pouvait correspondre au mieux au TFC», Olivier Sadran résume bien la mésentente entre le staff et Elie Baup. Pour celui qui apparaît comme «l’homme de la situation», le challenge s’avère difficile : «Je ne suis pas du tout opportuniste et je prends ce poste comme une grande fierté. Je constate que le travail et la loyauté paient. Pour l’an prochain, nous allons devoir élever le niveau technique tout en gardant une assise défensive et un jeu en mouvement à la Mombaerts. Je crois énormément en l’effectif actuel.» Même si Sadran justifie son choix en qualifiant Casanova «d’homme de poigne, travailleur, volontariste, intègre et honnête», il est clair que la décision interne rime avec économies financières… Même si une fois de plus, aucun chiffre n’a été divulgué. A noter que pour son baptême du feu, Alain Casanova passera le premier match des Violets dans les tribunes pour cause de suspension.

Quelle équipe ?
Dans le domaine des transferts, les rumeurs vont bon train et l’un des atouts du TFC Johan Elmander a eu l’air, au soir du dernier match, de faire ses adieux au public toulousain. Mais Olivier Sadran dément pour l’instant tout départ : «Je n’ai reçu aucune proposition pour Elmander ou Emana. La seule concerne Nicolas Dieuze et nous en parlerons ensemble.» Le capitaine toulousain est en effet sur le point de rejoindre Le Havre, n’ayant pas réussi à trouver un accord avec le TFC pour une prolongation de contrat. Le club promu en L1 a racheté pour 400 000 euros la dernière année qui liait encore Dieuze aux Toulousains. Pour le remplacer, le staff serait sur la piste du Rennais Etienne Didot. D’autre part, Sadran a tenu à confirmer que «Jeremy Ma-thieu n’ira pas à la Roma et que les joueurs en fin de contrat ne partiront pas tous.» Mauro Cetto a quant à lui signé pour trois ans supplémentaires.

 

Les objectifs
A l’issue de la saison, la Ligue de Football Professionnel a attribué un prix spécial au TFC pour son ambiance au Stadium. Avec 21 000 supporters en moyen-ne et 450 000 dans l’année, le club a su développer un lieu de vie festif. Mais avec seulement quatre victoires à domicile, les Violets n’ont pas su faire vibrer les Toulousains : «Nous possédons un stade extraordinaire sans incidents et sans barrières entre les supporters. Mais nous n’avons pas su générer la victoire et l’émotion sportive. On doit être plus conquérant et avoir de l’ambition», prévient Olivier Sadran. Pour cela, le président compte s’appuyer sur «des joueurs qui sont là depuis longtemps mais qui n’ont pas réussi à s’imposer et qui attendent une nouvelle impulsion pour leur carrière.» Avec un budget 2008-2009 moins important d’environ 32 millions d’euros, le club aura intérêt à ne pas se rater sur le recrutement. Autre grand chantier, le centre de formation : «On a fait des conneries. Il n’est pas acceptable de passer d’une victoire en Coupe Gambardella contre le Lyon de Benzema et Ben Arfa à la relégation en CFA2. Il faut tout reprendre à zéro.» Ainsi, le TFC vient d’engager Luc Bruder, directeur du centre de l’AS Saint-Etienne, afin de prendre en main la formation des jeunes Toulousains. Quelque soit la méthode pour repartir de l’avant, Olivier Sadran prévient : «17ème, ce n’est pas la place du TFC».

Sophie Orus


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