TFC ; Un départ en fanfare des violets

Le TFC aura donc connu un mois d’août idéal, seul leader avec quatre victoires en autant de rencontres. Même le départ pour l’OM d’André-Pierre Gignac semble être une bonne opération, du moins sur un plan financier.

 
Peu de monde aurait parié sur le TFC leader du championnat et invaincu après quatre journées. Certes, à ce stade-là de la saison, le classement reste encore anecdotique, néanmoins certaines tendances se dessinent déjà. Le TFC possède aujourd’hui quatre points d’avance sur ses deux poursuivants immédiats (Rennes et Montpellier), déjà huit sur les favoris de la Ligue 1 (l’OM, Lyon, Lille) et douze sur le dernier (Arles-Avignon). Un matelas plus que confortable pour permettre aux joueurs d’Alain Casanova de continuer à travailler dans la sérénité et de ne pas s’alarmer lors de la première contre-performance, qui viendra bien tôt ou tard. Et pourtant le visage du TFC n’a pas été bouleversé à l’intersaison ; on pourrait même penser que le départ de son meilleur buteur et meilleur joueur offensif de ces deux dernières saisons a affaibli l’équipe. S’il faudra encore attendre plusieurs semaines pour juger de l’impact du départ de son attaquant international, le TFC montre néanmoins depuis le début de saison un visage nettement plus convainquant que celui, terne et poussif, de la saison passée.
Plusieurs explications expliquent ce renouveau toulousain. Tout d’abord, tout le groupe se dit revanchard par rapport à une dernière saison jugée, à raison, médiocre. Le symbole le plus évident de cette envie de mieux faire se nomme Etienne Didot, transparent il y a encore quelques mois et déjà tout proche de son meilleur niveau depuis le début de saison. A l’instar du Breton, d’autres joueurs plus ou moins effacés la saison passée semblent être partis sur de bien meilleures bases. Daniel Braaten, déjà triple buteur, effectue un travail ingrat mais intéressant à la pointe de l’attaque ; même si ce n’est qu’une solution provisoire, l’international norvégien ne rechigne pas à la tâche avant de retrouver vraisemblablement son couloir droit dans les prochaines semaines. Quant à Matthieu Valverde, le remplaçant de Yohann Pelé, il fait tout pour instaurer une réelle concurrence entre les deux portiers maison. Si le TFC s’est imposé à Nancy (0-2) lors de la dernière journée, c’est en grande partie grâce à lui.
D’autre part, contrairement aux grandes écuries du championnat, le TFC a pu travailler sereinement lors de l’intersaison, le groupe n’ayant pas été bouleversé lors du mercato estival. Parmi le onze-type de la saison passée, seul Albin Ebondo a quitté prématurément l’équipe (pour Saint-Etienne où il est arrivé libre de tout contrat), remplacé par le jeune Uruguayen Adrian Gunino qui a déjà montré des qualités de contre-attaquant évidentes, ainsi qu’un abattage défensif intéressant. Certes André-Pierre Gignac a été transféré à l’OM tardivement, mais son départ semblait acté par la présidence toulousaine. Pour combler le vide laissé par son transfert, le TFC a engagé sous forme de prêt avec option d’achat l’international lyonnais des moins de 19 ans Yannis Tafer (tout récent champion d’Europe de sa catégorie d’âge) ansi que l’international espoir paraguayen Federico Santander (19 ans lui aussi), qui était suivi par de grosses écuries européennes. Enfin, le retour comme titulaire (et capitaine) de Mauro Cetto en défense centrale après ses pépins physiques de la saison passée est un gage de sûreté pour une équipe meilleure défense du championnat en 2008/2009. Le défenseur argentin est un vrai leader de vestiaire et il forme avec Daniel Congré l’une des toutes meilleures charnières du championnat – seul Lille semble aussi solide défensivement, du moins en ce début de saison.

 

Est-ce parti pour durer ?

Ceux qui ont suivi les dernières saisons du TFC se sont rendus compte que les Violets étaient adeptes du yoyo. Un coup en haut (du classement), un coup en bas, une saison à jouer l’Europe, une autre le maintien. Ainsi donc, si nous sommes superstitieux, nous ne pouvons que croire à une très bonne cuvée 2010/2011 du TFC ; on va néanmoins se garder d’avancer les statistiques pour envisager le futur toulousain. En étudiant plus attentivement les résultats du mois d’août, on s’aperçoit rapidement que les cadors du championnat ont du retard à l’allumage. Préparation estivale compliquée par la Coupe du Monde, des transferts tardifs ou bien encore des cascades de blessés (comme à Lyon), plusieurs explications tiennent la route pour comprendre ces difficultés au démarrage de l’OM, l’OL ou Lille. Parmi les outsiders, seuls Rennes et Montpellier (Toulouse mis à part) réussissent leur début de saison ; Auxerre était tout accaparé par son 3ème tour préliminaire de Ligue des Champions et Bordeaux n’est pas encore guéri de sa dramatique deuxième partie de championnat 2009/2010. Le TFC a ainsi su profiter de ces différents départs poussifs (notamment en s’imposant à Bordeaux), mais nul doute que dès le mois de septembre la plupart des favoris devraient enfin trouver leur rythme de croisière.
De plus les mauvaises langues précisent que le TFC, finalement, ne s’est imposé à domicile que face à deux promus, que Bordeaux est encore en convalescence et que Nancy ne sait plus gagner chez lui. Certes, ces arguments sont recevables, mais cliché pour cliché, on peut répondre que ces rencontres-là, le TFC ne les auraient pas toutes remportées la saison passée. Rappelons également que si le groupe d’Alain Casanova n’est pas très étoffé, le technicien toulousain compte dans son effectif de très nombreux jeunes de qualité, qui tous ont encore une belle marge de progression. Etienne Capoue et Moussa Sissoko, malgré leur jeune âge, ont déjà de la bouteille et Franck Tabanou et Cheikh M’Bengue vont sans aucun doute confirmer cette saison tous les espoirs placés en eux. Rajoutons à cette liste des joueurs de qualité comme Paulo Machado ou Etienne Didot, et l’on ne peut que constater que le groupe toulousain est tout à fait capable de briller sur les terrains de Ligue 1.
Seule ombre au tableau de ce début de saison idyllique, la grave blessure de Xavier Pentecôte, absent pour au moins six mois. Une interrogation plane donc sur la pointe de l’attaque toulousaine, Daniel Braaten n’étant qu’une solution par défaut (tout aussi intéressant soit son intérim) et Yannis Tafer qu’un jeune joueur peu expérimenté, bien que plein de qualités. A moins que Federico Santander se révêle être aussi prometteur qu’on le dit et devienne l’une des révélations de la saison, il sera difficile de trouver un joueur aussi efficace devant qu’André-Pierre Gignac. Le TFC peut-il donc continuer longtemps à occuper le devant de la scène ? Avec le 9ème budget du championnat, le TFC se devrait de jouer la première partie de tableau toutes les saisons. Revanchard, on l’a dit, le groupe toulousain l’est assurément ; si la première place actuelle est anecdotique, le TFC a la qualité pour jouer les outsiders cette saison. Reste à savoir si l’équipe pourra continuer longtemps sur le même rythme, même après les premiers points perdus qui interviendront bien d’ici peu. Mais si le groupe est épargné par les blessures et qu’un attaquant se révèle, nul doute que le TFC peut espérer une saison pleine, et pourquoi pas être à la lutte pour une qualification européenne.

Romain Janer


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.