TFC : Tout n’est pas si facile !

Martin Braithwaite, rare satisfaction offensive du TFC

En raison de la trêve internationale, qui verra la France disputer les barrages du Mondial face à l’Ukraine, les clubs de Ligue 1 peuvent jouir d’une dizaine de jours sans compétition. Notre TFC national ne se trouve pas dans la position des plus confortables (15e), entre les malchances et les maladresses souvent décisives. Il y a beaucoup de talent chez ces Violets, mais l’alchimie se fait attendre.

 

Après 13 journées de championnat,  ce qui représente à peine plus d’un tiers de l’exercice, le Toulouse Football Club se classe 15e de Ligue 1. On ne peut pas dire que c’est une franche réussite, cependant quelques arguments peuvent plaider la cause des Violets, totalement restructurés depuis le début de saison. Alain Casanova avait initié sa révolution tactique en fin de saison dernière, il semblerait que son équipe intègre peu à peu son dispositif à 3 défenseurs, 5 milieux de terrain et deux attaquants. En ce qui concerne la technique proprement dite, son TFC n’a pas grand-chose à envier aux autres cylindrées. Le problème paraît plus mental, si l’on s’y penche de plus près. Souvenez-vous à Bastia, Toulouse a perdu en évoluant à onze contre dix (1-2). Lors de la rencontre contre Marseille au Stadium, Lucas Mendes a égalisé à quelques minutes du terme, alors que les locaux dominaient largement leurs sujets (1-1). Récemment, après le naufrage collectif contre Rennes (0-5), Evian-Thonon-Gaillard a fini par renverser la vapeur, le TFC menant au score (1-2).

 

Samedi dernier, Ajaccio l’a joué hyper réaliste. D’entrée de jeu, les Corses sont rentrés dans le lard téféciste dès les premiers instants du match. Il a fallu une réaction, encore une, mais qui fut récompensée par un seul point au final (1-1) : « On s’est un peu précipité et on a manqué de justesse. On a eu 70% de possession et effectué près de 50 centres donc les intentions étaient là. J’ai eu par moment l’impression d’assister à un match de handball. On traverse une période un peu difficile où on prend des buts sur les seules opportunités de nos adversaires. Je suis frustré et déçu pour mes joueurs car ils auraient vraiment mérité de remporter ce match », évoquait le coach du TFC, déçu par la tournure du match.

Avec 16 points, soit une moyenne de 1,23 point par match, Toulouse se dirige tout droit vers une lutte pour demeurer en seconde partie de tableau. A ce rythme-là, il totaliserait la bagatelle de 47 points. Lors de l’exercice précédent, Bastia a terminé 12e avec un cumul semblable. Pas de quoi célébrer quoi que ce soit !

 

Des satisfactions, des déceptions aussi…

 

Plusieurs joueurs à l’excellent rendement l’an dernier, n’ont toujours pas confirmé ce qu’on attendait d’eux. C’est le cas notamment de l’attaquant Wissam Ben Yedder, qui n’a inscrit que deux buts (15 buts en 2012-2013), mais aussi d’un Étienne Didot, nettement moins décisif au milieu de terrain. Adrien Regattin, lui, se devait de s’imposer dans l’entre-jeu toulousain, il est régulièrement cantonné sur le banc des remplaçants, signe évident d’un potentiel limité. Et puis, reste le cas Ali Ahamada. Couvé par son coach, le jeune portier issu du club, multiplie les erreurs qui se payent « cash ».

Le gardien est encore très jeune, il continue à apprendre chaque jour cependant. Son talent sur la ligne reste indéniable.

 

Au rayon des satisfactions, les défenseurs Serge Aurier, Uros Spajic et surtout Aymen Abdennour justifient tous les espoirs suscités en eux. Devant eux, Abel Aguilar devient petit à petit le remplaçant naturel d’un Etienne Capoue parti à Tottenham (Angleterre). Clément Chantôme impose également sa précieuse technique et devient incontournable en tant que milieu axial. Dans un registre plus latéral, le jeune Issiaga Sylla marque quelques buts, en dépit d’un volume de jeu limité. En ce qui concerne l’attaque violette, le seul point positif se nomme Martin Braithwaite

(4 buts), et encore ! Samedi, il avait le ballon de la gagne au bout du pied. Malheureusement son enchaînement « contrôle dos au but- reprise de volée en pivot », a préféré fuir le cadre des cages d’Ajaccio. Ceci dit, le Danois a surpris tout son monde en s’imposant devant deux buteurs, en cruel manque de réalisme. Guère mieux que Ben Yedder, Eden Ben Basat n’a marqué qu’une seule fois en huit présences. L’Argentin Oscar Trejo continue lui, son adaptation qui demande davantage de temps. Capable de gestes précis, comme en témoigne son but inscrit à Reims le mois dernier, il possède également la capacité de disparaître sur la pelouse. Embêtant quand cela concerne un meneur de jeu.

 

Physiquement, c’est bon

Tout n’est pas perdu, fort heureusement. Il reste encore 25 journées à disputer et tout peut arriver. On connaît ce Toulouse qui sait enchaîner deux-trois victoires d’affilée. Devant, la sixième place de Reims n’est qu’à trois tous petits points. Le déplacement à Lille constituera un tournant majeur (le 24 novembre), avant de recevoir la lanterne rouge Sochaux (le 30). Soit le TFC se décide enfin à bonifier toutes ces opportunités devant le but, soit il glissera dangereusement vers la course au maintien. Personne ne veut de cela, cela concerne les supporters, les dirigeants et les joueurs eux-mêmes, qui sont au pied du mur. Mais à ce niveau-là, quitte à faire des erreurs, autant tout faire pour se rattraper. L’effectif au complet, a beaucoup de talent. Physiquement, il se distingue parmi les plus affûtés de Ligue 1. Ce serait vraiment bête de tout gâcher.

 

Mehdi Djebbari



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