TFC ; Les Violets se reprennent bien

Après une (première) défaite à domicile contre Saint-Étienne, les Violets ont plutôt bien réagi en allant chercher le nul à Monaco. S’ils perdent la première place, ils ont su faire oublier le revers face aux Verts.

 
Il aura fallu un très bon Stéphane Ruffier pour que l’AS Monaco ne s’incline face aux Toulousains le week-end dernier. Le portier monégasque a ainsi, par trois fois, sauvé les siens d’une défaite qui se profilait au fur et à mesure que le TFC portait son emprise sur la rencontre. Après une première mi-temps tristounette, légèrement dominée par les joueurs de la Principauté, ce sont les Toulousains qui ont dominé les débats dès la reprise ; sans réussir à concrétiser leur avantage à la marque, malheureusement. Au terme d’un match plutôt terne dans l’ensemble, le TFC a pourtant quelques motifs de satisfaction à ressortir de la rencontre : Matthieu Valverde (le retour de Yohann Pelé a été différé) n’a quasiment pas été inquiété, et n’a même pas eu une intervention à réaliser de toute la seconde mi-temps ; le milieu toulousain a progressivement pris l’ascendant sur son homologue monégasque, alliant une puissance physique indéniable et un jeu vite porté vers l’avant dès la récupération du ballon ; enfin la défense, il est vrai peu inquiétée, est toujours aussi solide et sereine. Federico Santander, titularisé pour la première fois, ne s’est certes pas procuré de réelle occasion de but (hormis sur une tête sans danger pour Ruffier), mais il a plus pesé dans les débats que face aux Verts, et a proposé quelques déviations intéressantes, permettant notamment sur l’une d’entre elles à Daniel Braaten de se procurer la plus belle occasion de la rencontre, sur une belle frappe déviée parfaitement par le portier de l’ASM.
Il n’aura ainsi manqué que des buts dans cette rencontre, et ce n’est donc pas pour maintenant que va s’arrêter le questionnement sur la perte d’André-Pierre Gignac et de son influence sur le potentiel offensif de l’équipe. Comme cela a été expliqué par Alain Casanova et les joueurs concernés, les milieux sont amenés à peser offensivement plus intensément que les saisons passées, le danger ne devant plus provenir que d’un seul joueur, comme c’était le cas ces derniers mois. S’il n’y a pas de réel changement tactique opéré par les Violets cette saison, la mentalité de l’équipe a elle changé. Il ne s’agit plus de s’appuyer sur un seul attaquant, en attendant qu’il se procure une occasion de lui-même, mais bien de proposer de multiples solutions et de tenter sa chance plus régulièrement, notamment par des frappes lointaines. Le TFC pratique toujours un jeu relativement direct, se basant sur une base défensive solide et un milieu dense et physique, avant de jaillir rapidement vers l’avant en quelques passes. Un style relativement plus efficace à l’extérieur, où les Toulousains n’ont pas (toujours) à faire le jeu, même si ce propos doit être atténué suivant la valeur de l’équipe rencontrée – il est plus probable de devoir garder le ballon et produire du jeu chez une équipe de bas de tableau qu’en recevant Marseille, où le contre peut se révéler être une meilleure arme.

 

Un podium surprenant

Le classement actuel de la Ligue 1 peut se révéler surprenant aux yeux de bon nombre d’observateurs. Les Stéphanois ont récupéré la première place du classement (même nombre de points et une différence de buts identique à celle du TFC, mais une meilleure attaque), les Toulousains suivent donc et Rennes complète le podium. A l’exception peut-être du Stade Rennais, considéré comme chaque année outsider numéro un, personne n’aurait parié sur un tel podium après six journées, d’autant que les deux places suivantes sont occupées par Caen et Sochaux. Les deux principaux favoris sont encore loin du podium ; Marseille, qui néanmoins commence à revenir à son meilleur niveau, n’est que huitième, et Lyon n’occupe que la dix-septième place, avec seulement cinq petits points pris en six rencontres. Quant au dernier participant à la Ligue des Champions (LdC), à savoir Auxerre, les Bourguignons sont avant-derniers, et sont les seuls avec Arles-Avignon à n’avoir pas remporté la moindre rencontre. Cette saison 2010/2011 est donc longue à se mettre en place, et beaucoup de clubs en profitent ainsi pour prendre un maximum de points avant que les principaux favoris ne se réveillent complètement.
On peut néanmoins commencer à s’inquiéter pour Lyon. Si les joueurs de Claude Puel ont réussi leur entrée en LdC, leur jeu reste toujours aussi poussif en championnat. Yoann Gourcuff a certes besoin d’un peu de temps pour s’adapter à sa nouvelle équipe, mais en attendant l’OL enchaîne prestations poussives sur prestations poussives, et ne devrait pas s’épargner une crise en cas de mauvais résultat lors du derby face aux Verts ce week-end. Des Stéphanois qui sont d’ailleurs aujourd’hui la belle surprise du championnat, emmenés notamment par un jeune et excitant trio offensif composé de Bakary Sako, Emmanuel Rivière et Dimitri Payet, meilleur joueur de ce début de saison. En toute fin de classement, Arles-Avignon continue dans le grand n’importe quoi avec la mise à pied de son entraîneur Michel Estevan avant la dernière journée : résultat, une nouvelle défaite (la sixième en autant de rencontres) et un club qui s’enfonce encore et encore dans la morosité. Pour le TFC, la prochaine rencontre (après le match de Coupe de la Ligue à Boulogne) aura lieu ce dimanche au Stadium face à Lille. Après Monaco, c’est un nouveau test pour les Violets face à une équipe ambitieuse qui aura proposé le plus beau jeu de Ligue 1 la saison passée. Les Lillois ne devraient pas refuser le jeu au Stadium, ce qui pourrait nous valoir une belle rencontre avec deux équipes aux styles relativement opposés.

Romain Janer


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