TFC; Les dribbles de Sadran

Avare de commentaires et d’interviews, le président du TFC a fait une entorse à la règle à l’occasion de la présentation des vœux 2009. Il fait le point sur la saison de son équipe et donne quelques pistes pour l’avenir, tout en conservant son habituelle prudence.

 
Il est jeune, il est riche, et personne ne donnait cher de sa peau lorsqu’il a pris en main le TFC en 2001, alors relégué en National et en dépôt de bilan. Plutôt discret, voire inaccessible, le Toulousain pure souche Olivier Sadran est avant tout un homme d’affaires avisé qui aime multiplier les terrains de jeu. Aux antipodes de présidents de club comme Pape Diouf, Jean-Michel Aulas ou Gervais Martel, le PDG de Newrest n’aime pas les grands discours et les étalages médiatiques. Il préfère garder sa salive pour motiver son staff et ses joueurs dans les vestiaires.
Après un tour préliminaire de Ligue des Champions suivi d’une saison désastreuse où le club a frôlé la relégation, le TFC, branché sur courant alternatif, pointe aujourd’hui à la 5ème place du championnat à quelques points seulement d’un podium inespéré. Heureux, Olivier Sadran a profité de cette nouvelle année pour sortir de sa réserve et évoquer l’avenir de son équipe, non sans quelques retenues dont il a le secret. En début de saison, le président voulait que le TFC finisse le championnat entre la 5ème et la 15ème place ; autant dire que Sadran ne prenait pas trop de risques. «Ce classement aujourd’hui est plus qu’idyllique. Nous avons un rapport budget/résultats très positif. De là à revaloriser notre objectif de départ, ce serait une grosse erreur car il est impossible de faire des prévisions fines dans un sport plein d’incertitudes.»

 

« Entre Casanova et moi »

Et les incertitudes, Olivier Sadran connaît. En mettant dehors Elie Baup en 2008 pour le remplacer par un entraîneur néophyte, le président a pris des risques. Aujourd’hui il se délecte d’avoir réussi son coup de bluff : «Je suis surpris par le résultat comptable mais pas du tout par Alain Casanova. Je savais qu’il réussirait à constituer une équipe compétente avec une véritable ambiance de travail, un groupe solidaire et engagé pour son maillot.» De là à annoncer une prolongation de contrat pour Casanova : «Les discussions relèvent de l’intime. L’avenir de l’entraîneur ne concerne que Casanova et moi.»
Tout comme celui des Violets. Olivier Sadran prévient : «Le Mercato sera calme», avant de railler les journalistes : «Je ne sais pas d’où vous tenez toutes ces rumeurs de transfert !» Et le président reste droit dans ses bottes et confiant pour la prochaine saison : «Gignac est encore sous contrat et il se sent bien ici. Le TFC est l’équipe idéale pour Dédé. Quant à Jérémy Mathieu, la presse l’annonce en Italie ou au PSG. Je lui conseille de venir me voir et il comprendra que tout son intérêt est de rester à Toulouse. Il y est titulaire indiscutable, il connaît son environnement et dispose d’une grande visibilité pour l’équipe de France.» Inébranlable, Olivier Sadran défend même des choix contestés dans le recrutement comme celui de l’attaquant Larsen, absent de l’équipe 1 et contraint de jouer les faire-valoir en CFA : «Il faut être prudent sur les conclusions. Il est actuellement dans la même position que Gignac la saison dernière. Il a des qualités, c’est un international et je suis sûr qu’il servira dans les prochains matchs.» Dans tous les cas, Sadran coupe court aux suppositions : «Nous n’avons reçu aucune proposition, pour aucun joueur.»

 

Pas d’atome crochu avec Bouscatel

Il faut dire qu’Olivier Sadran est un adepte du travail sur le long terme, en bon chef d’entreprise. Son objectif est avant tout de pérenniser un club qui ne parvient pas à se stabiliser au haut niveau : «Je veux que le TFC devienne un club incontournable en Midi-Pyrénées, pour la première fois depuis 1957. Qu’il soit un club citoyen.» Et d’avouer : «Ça n’est pas très sexy et ça ne fera pas la une !» En revanche, les relations entre Olivier Sadran et l’autre président toulousain de premier plan René Bouscatel risquent elles de faire du bruit : «Toulouse a la chance de posséder deux très grands clubs de premier plan et nos relations sont excellentes. Cependant, je n’ai aucun atome crochu avec René Bouscatel, nous ne sommes pas copains. En 2004, des tentatives de rapprochement ont échoué, notamment dans le projet du Canal+ de Denisot de créer une chaîne sportive autour de Toulouse. C’est dommage…» Si le TFC ne peut pas se prévaloir du même palmarès que le Stade Toulousain et doit encore faire des efforts en termes de billetterie et de marketing, le club a le potentiel pour viser plus haut cette année. Une place en Ligue des Champions comme en 2007 ? : «L’histoire ne se répète jamais deux fois. Il faudrait un exceptionnel concours de circonstances pour finir sur le podium en championnat. En tout cas, nous ne commettrons pas les mêmes erreurs sportives et économiques qu’en 2008», prévient Olivier Sadran. Quant à une possible qualification pour la Coupe UEFA, le président s’en sort encore par une pirouette : «J’y pense en me rasant le matin !»

Sophie Orus


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