TFC ; La bonne opération

En s’imposant à Sochaux samedi soir (1-3) les Violets ont réussi un très beau coup. Non seulement ils reprennent goût à la victoire mais ils se repositionnent aussi favorablement dans le premier tiers du classement.

 
C’est sur coup de pieds arrêtés que le TFC a construit sa victoire. Dans le rôle du passeur, Paulo Machado, dans celui des têtes dures, Daniel Congré (par deux fois) et Mauro Cetto. Les Toulousains n’ont certes pas marqué “dans le jeu”, mais qu’importe : la réussite qui les fuyait ces derniers temps s’est enfin rappelée à leurs bons souvenirs du début de saison. En réduisant le score par Geoffrey Tulasne, les Sochaliens ont sauvé l’honneur et évité de concéder une défaite trop large qui n’aurait pas été méritée. La rencontre a en effet été assez équilibrée entre des Jaune et Bleu plus maladroits qu’à l’accoutumée et peu tranchants et des Violets sérieux et appliqués mais trop timides offensivement. Et finalement c’est donc l’équipe la plus réaliste qui, comme souvent, s’est imposée.
Plus d’un mois et demi après leur dernière rencontre victorieuse, les Toulousains se sont donc de nouveau appropriés les trois points de la victoire. Après leur non match du samedi précédent face au PSG (où certes l’équipe était privée de nombreux joueurs et notamment, comme par hasard, de Congré et Cetto), le TFC se devait dans un premier temps de retrouver son niveau de jeu des semaines précédentes. Et dans un second temps, le club devait enfin s’imposer de nouveau, à l’inverse justement des dernières rencontres où le TFC jouait bien mais ne gagnait pas. Objectif réussi en ce qui concerne la victoire, et partiellement réussi pour ce qui est du niveau de jeu. Du coup, les Violets remontent à la cinquième place, et profitent des revers de Rennes et Saint-Etienne pour se rapprocher de la tête du classement. Mais pour Alain Casanova, le classement ne compte pas réellement, ce qui importe vraiment, c’est le comportement de son équipe : «On s’est fixé des objectifs en terme de jeu et d’état d’esprit et quand je vois mon équipe progresser comme ça, je sais qu’on est sur le bon chemin». La question du potentiel offensif de l’équipe reste néanmoins en suspens, mais la victoire permet de repousser cette réflexion jusqu’à la prochaine journée. Et à cette occasion le TFC recevra Lens au Stadium ce samedi, avec l’opportunité de renouer avec une victoire à domicile qui fuit le club depuis sa rencontre avec Arles-Avignon.

 

Resserrement en haut de tableau

Cette dernière journée de championnat fut assez étonnante, avec notamment des leaders qui n’avancent plus qu’à reculons et un promu qui se permet de jouer les trouble-fêtes. Rennes, seule équipe invaincue jusqu’alors, s’est inclinée sur sa pelouse face à Montpellier ; Saint-Etienne, qui avait l’occasion de reprendre la tête, s’est contentée du nul face à Caen en se permettant de rater un penalty dans les arrêts de jeu ; Paris, après huit matchs sans défaite toutes compétitions confondues, s’est inclinée au Parc des Princes 2-3 face à Auxerre en réussissant l’exploit de marquer le but (superbe frappe de Nenê au demeurant) le plus rapide du championnat avant d’en encaisser trois en vingt minutes ; et enfin Lyon, pourtant conquérant ces derniers temps, n’a pu faire mieux que 1-1 chez le dernier de la classe, qui vient coup sur coup de prendre ses deux premiers points de la saison.
Nous assistons donc à un resserrement en tête du championnat, où les leaders successifs (Toulouse, Saint-Etienne puis Rennes) ont décidément du mal à assumer ce statut qui, d’après eux, n’a jamais été un objectif et qui semble même être un frein dans leur développement. Les bons coups du week-end ont ainsi été réalisés par Brest, beau vainqueur d’un Bordeaux une nouvelle fois décevant, par Toulouse et par Marseille. L’OM s’est en effet imposée à Lille 1-3 en ayant un maximum de réussite, signe du champion en titre qu’il est et qu’il prétend évidemment rester. Autre bonne affaire de la soirée, en bas de tableau cette fois : la victoire des Auxerrois au Parc qui pendant vingt minutes ont infligé une petite humiliation au PSG.
Ainsi donc le championnat est plus indécis que jamais, même si Marseille semble être au-dessus du lot. Pour le reste, bien malin qui peut prévoir le classement final. Cette spécificité française, du moins comparée aux autres grands championnats européens (l’Allemagne mise à part, encore que le Bayern est toujours présent à la fin), est-elle un signe de faiblesse ? S’il est vrai que depuis plusieurs années la Ligue 1 n’est plus que le cinquième championnat européen (derrière, selon ma propre subjectivité, l’Espagne, l’Angleterre, l’Italie et l’Allemagne), on peut aussi penser que le dixième du classement en France est au moins aussi fort que son homologue issu d’un autre grand championnat. Et tout n’est pas qu’une question d’argent, les meilleurs clubs portugais, russes et, dans une moindre mesure, turcs et hollandais nous le prouvant chaque année. Ce qui est réellement anormal, c’est que Marseille semble être largement au-dessus du lot en Ligue 1 et souffre pour battre Zilina en Ligue des Champions, et c’est que Lyon, en grande difficulté dans l’hexagone, redevient un club du top huit européen en milieu de semaine. Pour ma part, il me semble que les clubs français manquent surtout de confiance en leurs moyens et parfois d’ambitions. Mais la France souffre aussi d’un manque de culture sportive, et notamment footballistique, par rapport à ses voisins. Et ceci ce s’achète pas, mais permet de rester au sommet indéfiniment, ou presque.

Romain Janer


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