TFC: deuxièmes mais modestes

Invaincu depuis début octobre, le TFC réalise un excellent début de saison. A quelques jours du derby de la Garonne à Bordeaux, il se place à une surprenante deuxième place du classement. Une position qui fait rêver, mais qui n’engendre aucune enflamme véritable au sein du club. Avec un buteur qui ne cesse d’augmenter son compteur (Ben Yedder), et deux internationaux qui semblent bel et bien concernés par le projet (Capoue et Sissoko), cette fois Toulouse possède des armes pour aller loin. Et ce ne sont pas des pistolets à eau, bien au contraire.

 

 

Samedi 21h30, une «Ola» d’un quart d’heure sévit dans un Stadium glacial. Même si parmi les 31000 spectateurs, le TFC avait invité de nombreux clubs de la région, il a fait lever toute une foule conquise par la prestation de l’actuel dauphin du Paris-St-Germain. Hé oui, après dix journées, Toulouse l’habituel tube de l’été, autrement dit une régulière sensation de début de championnat, parvient à tenir tête aux grosses cylindrées de Ligue 1. En battant Brest (3-1), il compte aujourd’hui cinq points d’avance sur Saint-Étienne, actuel 5e.

 

Casanova n’est pas surpris

 

Pour sa quatrième saison à la tête du club toulousain, l’entraîneur clermontois semble avoir réussi à mettre en place la tactique idéale. Alors que nombreux lui suggéraient d’ajouter un attaquant dans son dispositif, lui a préféré n’en faire qu’à sa tête. En tout début de saison, c’est lui-même qui passait à l’offensive : «Nous allons essayer de garder le même système que par le passé, sauf que nous allons essayer davantage de jouer. Je veux en finir avec cette étiquette d’équipe défensive, logiquement nous devrions nous créer plus d’occasions», analysait-il. Presque trois mois plus tard, on se rend compte qu’effectivement, ses joueurs proposent un jeu plus posé, plus porté vers l’offensive, tout en s’appuyant sur une défense solide et un gros bloc au milieu de terrain. Plus joueur, plus accrocheur, le TFC et c’est là, la principale nouveauté, marque des buts, beaucoup même. Avant le derby de la Garonne, qui se disputera en prime-time dimanche prochain sur Canal+, Toulouse compte la seconde attaque du championnat avec 18 buts en dix rencontres. Seul Valenciennes a fait mieux. Plusieurs arguments peuvent expliquer ce revirement offensif un peu surprenant. Mais comment ne pas évoquer le phénomène Wissam Ben Yedder, qui devient de plus en plus décisif ? Samedi encore, son but inscrit du pied gauche prouve qu’il n’a rien à envier aux autres. C’est simple, il a réussi à nous rappeler André Pierre Gignac et ses 24 buts en 2009.

 

Ben Yedder tout feu tout flamme

 

Oubliée l’histoire de la virée nocturne avec ses partenaires des Espoirs, le jeune attaquant toulousain s’est rapidement rattrapé en ouvrant le score face aux Bretons. Un contrôle parfait, suivi de deux dribbles foudroyants, la frappe qui suivait, se logeait sous la barre. Mis à l’écart la semaine dernière lors du succès 4-0 à Evian, il a réintégré le groupe dans la foulée. Casanova l’a sanctionné, toutefois à l’instar d’un Frédéric Antonetti, l’entraîneur de Rennes plus rigoureux qui a mis au placard deux de ses éléments essentiels, il a vite compris que sans Ben Yedder, son animation allait en prendre un coup. Samedi, Wissam n’en menait pas large. Travailleur et actif jusqu’à sa sortie, il est resté humble, rassuré par cet épisode clos. Au moment de son but, il est allé serrer la main de son coach, tout un symbole. Faute avouée à moitié pardonnée, il est hors de question de se laisser aller dans des «bla-bla» de journalistes. Au TFC, on aime la quiétude, jusqu’ici, c’est la clé de la réussite.

 

Didot : «On n’a peur de personne»

L’autre force des Toulousains, mais ça peut cacher une faiblesse, c’est la modestie. Même si actuellement les avis sont unanimes quant à la force du TFC, du côté des joueurs et du coach, on préfère profiter de la situation, en se disant que cela ne va pas durer. Ce manque d’ambition avait été fatal l’année dernière, cette saison nombreux sont ceux qui ont retenu la leçon : «Le but du jeu, en effet, c’est d’essayer d’accrocher le plus longtemps possible, les équipes qui nous sont normalement supérieures. Nous ne nous fixons aucune limite et n’avons volé aucun point», minimisait Etienne Didot, capitaine en l’absence de Jonathan Zébina (blessé). De toute manière, il faudra tout d’abord officialiser le maintien en Ligue 1 avant d’évoquer quoi que ce soit. Personne n’est à l’abri d’une mauvaise série, or Toulouse a gagné en maturité et ça se voit. Une seule défaite au compteur, c’était à Paris au début du mois d’octobre. Depuis, l’effectif avance tous ensemble et les forces de frappe proviennent de partout. A ce jour, sept joueurs ont marqué au moins un but, une autre nouveauté signe qu’il n’y a aucune dépendance, et ce envers n’importe qui. On appelle ça un collectif, tout simplement.

 

par Mehdi Djebbari



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