TFC champion; Pourquoi pas ?

Après vingt-huit journées, le Toulouse Football Club est 5ème du championnat de Ligue 1 avec 52 points, à 4 longueurs du leader Lyonnais. Les victoires contre deux de ses concurrents directs (Bordeaux, 3-0 et Paris St-Germain, 4-1) attestent d’une équipe en confiance qui a su imposer son style de jeu, et ce malgré les controverses. Aujourd’hui, «l’effet de surprise» s’est étiolé, Toulouse a confirmé, le Tèf est bien là. Alors, champion ?…

 
«On veut terminer le plus haut possible. Et si le plus haut possible, c’est premier, alors pourquoi pas ?» Galvanisé par la victoire (4-1) contre le PSG au Stadium, lors de la dernière journée, l’attaquant Bryan Bergougnoux croit au titre. A force d’attendre le déclin d’une équipe, médit pour son jeu dit «froid mais réaliste», les Toulousains se sont, mine de rien, ancrés dans les six équipes susceptibles de devenir championnes cette année. «Depuis le début, on se demande à quel moment ils vont s’arrêter, et finalement, ils sont encore là», constate Frédéric Antonetti, entraîneur de Nice. La régularité du TFC donne raison à Bergougnoux, d’autant plus que la formation manœuvre bien les rencontres contre ses concurrents directs. Le fait d’aborder les matchs à enjeux sans pression, via un battage médiatique largement moins pesant que l’Olympique Lyonnais, le PSG, et l’OM, procure aux joueurs toulousains l’avantage de garder les pieds sur terre. Dans le confinement d’une faible médiatisation, les hommes d’Alain Casanova peuvent sauvegarder la discipline et la rigueur qui fait leur force.

Toulouse n’oublie pas

Car le TFC vient de loin. En 2001, l’équipe évoluait en National, l’année où Olivier Sadran, président actuel du club, a lancé le pari des “Pitchouns” : une équipe composée de jeunes joueurs du centre de formation épaulés par quelques cadres expérimentés tels que William Prunier, Christophe Revault et Anthony Bancarel. Depuis, les “Pitchouns” ont grandi et le club est remonté en L1 et a même brigué une place en Ligue des Champions. Néanmoins, Toulouse n’oublie pas non plus les travers de la saison dernière, tant au niveau sportif que sur le plan relationnel. C’est pourquoi, l’objectif initial énoncé par Casanova était le maintien. Si bien que le poids de la pression des matchs est annihilé, confortant l’équipe dans l’idée que tout ce qui arrivera ne sera que du bonus. «L’objectif est de gagner tous les matches. On en saura plus à cinq journées de la fin…» souligne Mauro Cetto, sur le site du club avant que Cheikh M’Bengue n’ajoute «On continue notre chemin, on verra où l’on s’arrêtera…».

 

Casanova, l’homme nouveau

Au club en tant que membre du staff depuis 1995, Alain Casanova, l’éternel adjoint, a suppléé Elie Baup le 30 mai 2008. D’abord présent pour assurer une fonction intérimaire sur le banc toulousain, Casanova a donné un second souffle à ses joueurs en les impliquant dans le collectif, lui même bâti sur des valeurs d’entraide et d’abnégation. Parce que le TFC est avant tout une équipe «où chacun défend, où chacun court pour l’autre, et où si un joueur fait une erreur, un autre sera là pour l’aider», ajoute l’entraîneur toulousain. C’est au travers de cette discipline tactique que les joueurs légitiment, match après match, leur présence dans le haut du tableau. Moussa Sissoko confirme : «Quand on joue comme face à Paris en bloc équipe, c’est difficile de nous manœuvrer. C’est ce qui fait notre force.»

Ne rien changer

Toulouse perd peu (seulement 5 défaites depuis le début de la saison) et encaisse peu de buts (21). La solidité défensive et l’organisation tactique en 4-5-1 leur permet d’initier les actions de leurs buts et ainsi développer un jeu de rapide projection vers l’avant, via une épine dorsale qui commence déjà à se consolider : Carasso-Capoue-Didot-Gignac. Les apôtres d’un scepticisme à l’égard du jeu toulousain se souviendront peut être que 24 des 37 buts de l’équipe ont été marqués dans le jeu ; en témoigne l’action d’école amenant le deuxième but face au PSG. L’argument avancé de la “Gignac dépendance” est statistiquement acceptable (l’attaquant ayant marqué 18 buts en L1 soit 48 % des buts de l’équipe) mais tactiquement incohérent. En effet, l’essence du TFC réside dans sa capacité à imposer un défi physique pondéreux et à s’adapter à l’adversaire, ce pendant 90 minutes.
André-Pierre Gignac marque, certes, mais dans la stricte définition de son rôle et à l’issue d’une action rondement mené par ses coéquipiers. Match après match, la formation accentue sa dimension mentale et prend conscience, peu à peu, qu’elle peut faire éclater l’organisation défensive des autres équipes, via ses contre-attaques lancinantes. Sur le plan du jeu, le Tèf dispose des moyens de l’ambition ou la prétention, c’est selon, de conquérir un titre de champion. Il faudrait que les Toulousains apprécient leur jeu “mécanisé” non pas comme une tare mais comme un atout. Cette dynamique étant un moyen de ne pas dénaturer leur identité. Encore faut-il que les joueurs en prennent conscience, de manière à aborder le Toulouse-Lyon de la dernière journée comme une finale dans un Stadium qui leur sera acquis.

Matthieu Amaré


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.