Sifflé par les siens, le Stade s’en sort bien

L'ouvreur international anglais Toby Flood (ici avec Leicester), lors de son dernier match face à Toulouse

Rarement le Stade Toulousain n’avait été aussi pitoyable à Ernest Wallon. Samedi face à Bègles, les Rouge-et-Noir ont dû la jouer au métier pour s’imposer sur le fil (18-16). Avertissement sans frais, qui a laissé tout de même quelques interrogations. A quelques jours de matchs cruciaux, notamment en H-Cup, l’heure est à la remise en question.

 

Il n’est pas du tout question d’évoquer les vacances au Stade Toulousain, en cette fin du mois de décembre. Après une trêve européenne de deux de matchs contre la Province irlandaise du Connacht, ponctuée par un bilan mitigé (une victoire bonifiée, une défaite bonifiée) les coéquipiers d’un Thierry Dusautoir sur le banc, ont eu tout le mal du monde à battre Bordeaux-Bègles (18-16), à l’occasion de la 14e journée du TOP 14. Par deux fois lors des dernières minutes, les visiteurs ont même obtenu la pénalité de la gagne. Cette fois, les dieux du rugby étaient véritablement toulousains, cela n’a pas empêché le staff de rentrer furieux aux vestiaires pour autant. Jean-Baptiste Elissalde, un des adjoints de Guy Novès, n’a même pas voulu assister à l’ultime tentative d’Emmanuel Saubusse. Finalement, ce dernier ratait son coup de pied et c’est sous de nombreux sifflets, que les locaux quittaient la pelouse d’Ernest Wallon.  Incapables de prendre le dessus sur leurs rivaux de la Garonne, ils ont considérablement été gênés par les intentions adverses : « Nous avons vraiment été mis à mal. Mais heureusement, nous ressortons de cette rencontre avec une victoire, ce qui est une très bonne nouvelle pour nous. Nous avions un peu de pression après notre déconvenue face au Connacht, à la maison. Nous avions presque des difficultés à jouer ici. Nous nous étions mis de la pression tous seuls. Mais aujourd’hui, face à une équipe de très grande qualité, nous avons réussi à l’emporter. C’est donc un immense soulagement de terminer cette partie avec quatre points.», analysait William Servat à l’issue de la rencontre.

 

Beauxis se sent-il menacé ?

 

Malgré cela, la botte de Lionel Beauxis a de nouveau fait la différence, une semaine tout rond après son bon match au Connacht. 18 points sur 18 marqués par Toulouse, le Palois a tenu à envoyer un message à son staff, apprenant sans doute lui aussi, la probable arrivée de l’international anglais Toby Flood en vue de la saison prochaine. L’information n’a pas encore été confirmée de toute part, toutefois elle remet en question le poste d’ouvreur, qui demeure encore et toujours un secteur fragile en l’absence du All-Black Luke Mc Alister. Qui sera le perdant dans cette histoire si la chaude rumeur Flood se concrétisait ? Beauxis irait donc logiquement ailleurs, mais il ne faut pas exclure un départ du Néo-Zélandais, dont les blessures à répétition ne cessent de poser problème.

 

Pas de fatalité en janvier

 

Il ne faut pas jeter la pierre aux Toulousains, tant les visiteurs ont proposé une farouche adversité pendant les deux mi-temps. Bien en place, défensivement convaincants, les protégés de Raphaël Ibanez ont même inscrit un essai à la toulousaine, lors des dix premières minutes. Se voyant trop beau, trop fort, Toulouse a dû attendre longtemps avant de prendre la tête (pénalité de Beauxis à la 66e minute). Cela faisait un petit moment que le Stade ne s’était pas imposé à la maison, sans aplatir entre les poteaux une seule fois. A quelques jours d’un déplacement capital chez l’avant-dernier bayonnais, puis de la réception du solide Clermont, Guy Novès a du pain sur la planche et devra absolument motiver ses troupes, s’il ne veut pas revivre d’autres pareilles déconvenues. De grandes échéances arrivent dès janvier, avec surtout en point de mire, un sommet à la maison face aux Saracens en H-Cup. Vainqueurs à l’aller sur le fil, les Toulousains devront absolument s’imposer s’ils veulent entrevoir les quarts de finale cette année. L’an dernier, le club aux quatre titres continentaux, n’avait pas réussi à s’y hisser, surprenant ainsi tout son monde. Une habitude qu’il ne faudrait pas prendre trop souvent, sous peine d’en entendre parler un bon moment, surtout si un autre club français se permettait le luxe de ramener le trophée, comme Toulon l’a fait en 2013.

Mehdi Djebbari



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.