Serge Girard ; Le Forrest Gump français

Comme le héros de film incarné
par Tom Hanks, Serge Girard ne cesse de courir, tous les jours, se
fixant des records à dépasser à chaque foulée.
Il entreprendra au mois d’octobre un nouvel exploit : réaliser
la plus longue distance jamais parcourue en 365 jours. Un périple
d’une année qui le mènera à Toulouse.
Rencontre avec un passionné qui se définit comme un
“ultra runner”.

 

Serge Girard, quand on regarde votre palmarès de coureur, on peut vous prendre pour un fou…
Effectivement, on me le répète souvent ! Mais on dit aussi que le fou s’ignore alors je le suis peut-être… Cela ne m’empêchera pas de courir, je suis un passionné. La course est devenue une religion pour moi.

Un passionné qui a découvert la course à pied assez tardivement…
Oui, à l’âge de 30 ans. J’ai toujours fait du sport, surtout du tennis et du football. Ce sont des activités physiques où l’on n’est pas seul, il y a un adversaire en face de soi. A moment donné, j’ai voulu faire un travail sur moi et la course à pied était le sport qu’il me fallait.

Quels exploits avez-vous réalisés depuis vos débuts en course ?
Entre 1997 et 2006, j’ai traversé les 5 continents en courant, soit près de 41 000 kilomètres en 553 jours. Je suis un homme de challenge mais je ne suis pas seul dans ces aventures. Je travaille en équipe et j’aime également le contact avec les gens au cours de mes périples, aller à la découverte de nouvelles cultures.

A partir du mois d’octobre, vous vous lancez un nouveau défi…
Je veux battre un record du monde actuellement détenu par un Indien : celui de la plus grande distance parcourue en un an. Je pars le 4 octobre de Paris pour, je l’espère, 25 300 kms, soit 600 marathons ou 70 kms par jour. Le 4 octobre 2010, je serai de retour à la capitale après avoir traversé l’Europe.

« Je ne sais pas vivre sans défi d’avance »

Passerez-vous par Toulouse ?
Oui, bien sûr, le 15 ou 16 décembre. Je sais que Toulouse dispose d’un gros potentiel de coureurs. Ce sera donc l’occasion de jouer, très modestement, au Forest Gump avec eux. J’ai envie de faire participer le plus grand nombre à cette aventure, pour plusieurs ou même un seul kilomètres.

Comment est née cette idée de courir pendant un an ?
Vers 40 ans, j’estimais être à un âge où on s’interroge sur sa vie. J’avais besoin de savoir qui j’étais. J’ai lu le roman “La grande course de Flamagan”, et j’ai su ce que je voulais faire. C’est l’extraordinaire aventure d’une vie, l’histoire d’un homme qui traverse les Etats-Unis en courant. Cette épopée m’a donné envie de relever des challenges.

Appréhendez-vous ces 365 jours de course, sans repos ?
Il y aura des moments difficiles, le contraire serait anormal. Mais il me tarde de partir car je m’entraîne depuis 10 ans. Ce genre de défi dépend à 80 % du mental et je suis très motivé.

Comment préparez-vous actuellement cette traversée de l’Europe ?
Je fais environ un marathon par jour. Quand on aime, on ne compte pas !

De quoi vivez-vous et comment organisez-vous votre vie de famille ?
Je ne travaille plus donc je vis de mes sponsors, des produits dérivés et surtout des livres et conférences que je donne. Je vis de la course, en tous cas dans ma tête et mon esprit. Quant à la famille, c’était un peu compliqué au début mais aujourd’hui mes enfants sont grands et mon épouse Laure me suit dans toutes les courses. C’est elle qui organise nos traversées, qui partage ma passion. C’est une façon de joindre l’utile à l’agréable !

Pensez-vous déjà à une nouvelle aventure ?
Je ne sais pas vivre sans défi d’avance. Donc j’envisage en 2013 de faire un tour du monde en courant en passant par les deux pôles.

Propos recueillis par Sophie Orus

Plus d’infos : www.sergegirard.com



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