Rugby Coupe d’Europe; Des raisons d’être déçus…

Le Stade Toulousain n’est pas passé à côté de son sujet, plus probablement qu’il a livré à Cardiff son meilleur match de la saison. Complet sur toutes les lignes il a seulement manqué de réussite et par instant de lucidité pour ne pas tomber dans le piège irlandais. Mais il aura surtout été victime d’un arbitrage à la maison, un peu trop laxiste de la part de l’homme au sifflet qui n’a vu le rouge que côté Toulousain. Un arbitre qui connaissait bien les hommes du Munster puisqu’il les avait déjà arbitrés en ¼ de finales, en ½ finales et donc en finale de cette fameuse Coupe d’Europe, du jamais vu.

Alors aujourd’hui on retiendra que le Stade Toulousain s’est incliné en finale de Coupe d’Europe contre le Munster (16-13), à l’issue d’une rencontre serrée, qui laissera beaucoup de regrets. Une finale qui aura été perdue sur des détails, évidemment des détails. Quand une équipe vient mourir à trois petits points de son adversaire, la différence est infime entre le vainqueur et le vaincu et la frustration n’en est que plus grande. Pour des Toulousains qui ont bien conscience qu’il ne leur a pas manqué grand-chose, pour ramener le trophée à la maison.

Manque d’efficacité certaine…

On craignait l’entame de match du Stade Toulousain dans un stade entièrement gagné à la cause irlandaise. Dans l’emblématique Millennium Stadium Gallois, ils n’étaient pas moins de 60 000 supporters du Munster qui déjà dominaient les 5 000 aficionados Toulousains. Mais ces derniers allaient mettre un point d’honneur à se faire malgré tout entendre.
D’entrée de jeu, les Toulousains ont montré leur envie de jouer vite et sur la largeur, pour éviter autant que possible l’affrontement avec le rugueux pack adverse. Maîtres du ballon, ils ont largement dominé les premières minutes, en se créant plusieurs occasions d’essai, sans toutefois concrétiser. Précis sous les chandelles, intelligents dans l’alternance, agressifs en défense, les “Rouge et Noir” réalisaient une entame quasi parfaite, et ne laissaient que des miettes à leurs adversaires. Las, ils manquaient de réalisme… Oui, la première raison de cette défaite, se trouvera sans doute, comme le relèvera Guy Novès dans ce manque d’incapacité à concrétiser les occasions : «On entre bien dans le match et l’on réalise 23 premières minutes de qualité. On tient le ballon, on met l’adversaire sous pression, mais on manque six points, une pénalité et un drop qui nous auraient permis de mener 9-0 face à une équipe qui doutait.» Sauf que ces points laissés en route, vont remettre dans la course les joueurs du Munster avec les méthodes d’hier : «on pilonne, on cache le ballon, on simule la faute adverse, on joue à dix. Et on se sert d’une énorme mêlée pour mettre la pression sur l’adversaire, et l’user». Une tactique qui sera payante et va même permettre aux Irlandais de mener à la pause, avec à la clef un essai et une pénalité contre 2 pénalités d’Elissalde…  

Sir Owens, arbitre officiel du Munster

Au retour des vestiaires, d’entrée de jeu le Munster reprend sa marche en avant, en se contentant de faire déjouer les Toulousains. Mais aussi en profitant des maladresses de ces derniers notamment en touche, mais pas seulement. Plus, les Irlandais semblaient avoir le match bien en mains, tant les Toulousains qui jouaient à 14, après ce carton jaune stupide de Pelous, semblaient sans solution. Sauf qu’à Toulouse il y a des joueurs qui ne s’avouent jamais vaincus et sont capables sur un coup d’audace et de chance de faire pencher le destin d’un match du côté de leur équipe. A Toulouse ils s’appellent Clerc, Poitrenaud, Heymans… Les deux premiers éloignés des terrains pour causes de blessures, le dernier nommé laissa parler plus d’une fois inspiration et instinct. Oui, depuis les gradins on a eu peur pour Cédric Heymans et c’est pourtant une touche vite jouée dans ses 22 mètres, prolongée par un coup de pied au-dessus de la défense adverse, une récupération et un coup de pied de recentrage qui allaient amener l’essai de Donguy et surtout l’égalisation. Oui, à quatorze, Toulouse s’était remis dans le bon sens et offrait à un public plutôt silencieux un final haletant. Les Toulousains allaient même montrer, à leur tour, le visage conquérant qu’on leur connaît, proposer des temps forts techniques et tactiques à montrer dans les écoles, mais encore une fois la finition n’était pas là… Et à ce jeu des occasions perdues, le Munster allait appuyer là où ça fait mal. Fidèles à leurs habitudes, sous l’œil bien veillant du sieur Owens qui ne relevait aucune faute au sol, ni les comportements d’antijeu du n°6 irlandais, ils ont pilonné sans cesse en gardant le ballon de longues et interminables minutes. Mais surtout ils ont su concrétiser à chaque fois ces temps forts. Pour Cédric Heymans une évidence qui explique le résultat final : «Vous savez aussi bien que moi que dans les finales, c’est la gestion temps forts, temps faibles qui fait remporter le match.»

Fiers d’être Toulousains

En fait, entre le manque de réalisme, le travail de sape du pack irlandais et un arbitrage un peu laxiste, les raisons de l’échec sont faciles à trouver et Toulouse perd un premier titre. Le Munster s’est finalement imposé sur une stratégie bien connue, en conservant le ballon et en multipliant les fameux “pick and go”, sans être gênés par l’arbitrage de Monsieur Owens… On ne l’a pas découvert, on savait très bien qu’il n’arbitrait pas du tout au sol.
Il faudra maintenant être capable de se remobiliser pour le championnat, sans trop penser que les saisons passent et qu’on laisse les titres aux autres. Mais ça, c’est une autre histoire qui on l’espère ne recommencera pas cette année.
Car, quoiqu’il arrive ces prochaines semaines, les Toulousains, les hommes du Président Jean-René Bouscatel et de Guy Novès ont fait honneur à leur maillot, à leur club, à leur ville. Oui, fiers d’être Toulousains, mais que des regrets…
Et aussi de peine au fond du coeur pour tous ces guerriers qui par ces temps de disette, nous apportent chaque dimanche, on l’oublie trop souvent, un peu de baume au cœur, de fierté. Quelques rares valeurs qui nous donnent encore l’espoir que le meilleur est à venir, pour nous comme pour eux…

André-Gérôme Gallego


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