Romain Mesnil; « Je suis complètement surpris »

Romain Mesnil est à vendre. Le vice-champion du monde de saut à la perche n’a plus d’équipementier. C’est pourquoi il a décidé de se montrer nu dans les rues de Paris pour entreprendre une nouvelle offre de sponsoring sur Internet. Le perchiste français ne s’attendait pas à l’énorme buzz de cette vidéo, et préfère se concentrer sur son échéance principale : les Mondiaux de Berlin, cet été.

 
Romain Mesnil, le gros buzz en ce moment c’est le film vous montrant nu dans les rues de Paris, courant avec une perche. Quelles sont les origines d’une telle démarche ?
Je suis parti du principe que je n’avais plus d’équipementier et j’ai donc cherché une façon originale de le faire savoir. J’ai associé un ami, directeur d’une entreprise de marketing, au projet, dont l’idée originelle était de vendre un partenariat sur e-bay (site d’enchères sur Internet pour les particuliers, ndlr). Alors le principe ne provient pas d’un sentiment de colère ou de ras-le-bol, la finalité était simplement la recherche de sponsors. Mais nous avons aussi réalisé cette vidéo pour rigoler. Donc, c’est également un délire malgré l’ampleur phénoménale que cette action a prise.

On connaît l’importance d’un équipementier dans la carrière d’un sportif professionnel individuel. Cependant, cette vidéo n’avait-elle comme seule intention que de vous vendre ?

Non. C’est vrai. Je voulais associer des particuliers à ma démarche et je ne conçois pas qu’ils puissent payer un sportif. De fait, je me suis dit que ce serait sympa de reverser de l’argent aux deux associations que je parraine : “Un maillot pour la vie” et l’ARTC (Association pour la Recherche sur les Tumeurs Cérébrales, ndlr).

N’est-ce pas aussi une demande de reconnaissance de votre discipline ?

Oui, il y a une histoire de reconnaissance derrière tout ça. Mais je dirais qu’elle découle du fait que je me suis mis en scène. Sachant que la vidéo crée le buzz, on va forcement parler de la perche et de l’athlétisme en général. Néanmoins, cette reconnaissance n’enlève rien au but initial qui est véritablement la recherche de partenariats.

Quelles sont les retombées de votre action ?
Les retombées dépassent l’entendement. La vidéo a tout de même filtré dans le monde entier, du Japon aux Etats-Unis où on m’a carrément invité à un talk-show ! Il est vrai que l’on ne savait pas comment ce film allait marcher et de quelle manière. Alors, je suis complètement surpris. Mais bon, c’est ça qui est rigolo, même si l’impact fait un peu peur. C’est le phénomène Internet.

Lors de votre dernière compétition, vous étiez vêtu d’un maillot avec un point d’interrogation. Comme serez-vous habillé lors des prochains grands rendez-vous ?
Le point d’interrogation, c’était encore une fois un délire. Quoi qu’il arrive je vais avoir deux sponsors donc normalement je ne devrais pas trop me faire remarquer.

« J’ai le potentiel »

Vous êtes président du Syndicat des Athlètes Français. Vous semblez aussi avoir un avis critique sur la politique de la fédération. Avez-vous pensé à une reconversion au sein d’une instance gouvernementale sportive ?

Etant donné mes prises de positions vis-à-vis de certaines mesures de la fédération, ça m’intéresserait. Mais franchement, en ce moment, entre l’émulation que suscite la vidéo, et mes échéances sportives, je n’y pense pas.

Vous semblez aussi détenir une vision “alternative” du sport, illustrée par la volonté de donner de la couleur à la discipline et de la penser comme un art. Sur quelles valeurs vous reposez-vous ?
J’avais dit ça dans une vidéo diffusée sur mon blog (www.romain-mesnil.com/) lors d’un entraînement au Stade Louis II, à Monaco. Mais cette phrase, c’était une vanne. Ma vraie valeur c’est le défi tant personnel que dans le challenge de battre un record.

Sur un plan plus sportif, quelle est la future grande échéance pour vous ? Les championnats du monde de Berlin, cet été, ou les Jeux à Londres en 2012 ?

Mon rendez-vous le plus important est indéniablement les championnats du monde à Berlin.

Au sein de votre recherche de partenariat, vous avez affiché l’ambition de passer la barre des 6m. A 31 ans, pensez-vous être plus performant qu’il y a deux ans à Osaka ?
Physiquement, je fais plus attention quand je m’entraîne. Après, passer la barre des 6 mètres reste un objectif. Je sais que j’ai le potentiel et je souhaite l’affiner. Mentalement, j’ai évolué. Vous savez, on dit bien que «ce qui ne te tue pas, rend plus fort».

Propos recueillis
par Matthieu Amaré.


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