Rénovation du Stadium: La Mairie ne suit plus

Retenu pour accueillir l’Euro 2016, le Stadium devait faire peau neuve et les travaux prévus devaient permettre une augmentation de sa capacité, mais la Mairie a revu à la baisse ses ambitions et réduit le budget alloué à ce projet de moitié.

 

Un anneau supérieur de 4 000 places supplémentaires, un plancher modulable permettant de passer en mode spectacle et une scène de 60 mètres étaient au programme des travaux planifiés pour la rénovation du Stadium, « mais ça c’était avant ! » Avant que la Mairie de Toulouse n’annonce qu’elle revenait sur sa décision, sur la budgétisation de la rénovation. Pour le Capitole, en cette période de crise, il resterait indécent d’allouer un montant exorbitant à ce type de projet. Et dans cette optique, il a donc opté pour une réduction de moitié du budget de départ : de 67 millions d’euros, le montant passe à 37 millions d’euros. Certains diront qu’il s’agit là d’une décision raisonnable quand d’autres fustigeront le peu d’ambitions de la quatrième ville de France. Pour les groupes de supporters, comme le Visca Tolosa, il convient de s’inspirer du Stade Toulousain, propriétaire d’Ernest Wallon, pour pouvoir réaliser les travaux nécessaires et prétendre à une dimension européenne puisque la mairie freine des deux pieds. Et Christine de Veyrac, députée au parlement européen, de rajouter : « Les stades d’aujourd’hui sont de véritables outils de développement économique au niveau local. Depuis trop longtemps notre ville a opté pour des projets chers, peu cohérents les uns envers les autres et dont la durée de vie demeure très courte ». C’était l’occasion de prouver le contraire mais la Mairie n’a pas saisi sa chance. A l’inverse pour les élus écologistes, il s’agit là « d’une bonne nouvelle », explique Régis Godec, interrogé par la Dépêche du Midi, « Il est aberrant qu’une activité comme le foot, qui génère autant de profit, tape dans les poches des contribuables ». Quant à la Mairie, elle se justifie en évoquant le peu de marges financières dont elle dispose mais confirme toutefois que le Stadium sera remis aux normes de l’UEFA, accueil de l’Euro oblige.

 

3 000 places en moins

 

Ainsi, les travaux réalisés resteront rudimentaires et comprendront la réfection de la pelouse, l’aménagement du parvis et de la billetterie qui s’étendrait sur 900 m² et intègrerait une quinzaine de guichets ainsi que 50 points de contrôle et, pour finir, la mise aux normes UEFA des sièges du bas qui, par-là même, feront perdre 3 000 places au stade. D’ordinaire, quand des travaux sont réalisés dans une enceinte qui doit accueillir des rencontres internationales, c’est dans le but d’agrandir sa capacité mais pas à Toulouse puisque que le Stadium ne devrait plus pouvoir héberger que 33 000 personnes, contre 36 000 avant travaux. Ce qui pourrait poser problème pour l’Euro 2016 puisque les exigences de l’UEFA stipulent que les stades choisis doivent pouvoir assurer une capacité minimum de 35 000 places. Mais, coup de chance pour Toulouse, Nancy vient de se désister et le projet de Lens n’est pas abouti, la ville rose devrait passée de justesse. Ce n’est jamais que la deuxième fois puisqu’en 2011, Michel Platini annonçait que le Stadium était finalement retenu, contre toute attente, après avoir fait appel. Si le dossier était passé une première fois avec la promesse de travaux conséquents, le président de l’UEFA doit se mordre les doigts. Toutefois, la Mairie se défend de cette réduction du nombre de places, pourtant, il reste logique que l’aménagement de sièges plus spacieux ne permettraient pas d’en loger autant que précédemment. Les décisions finales qui devraient être prises en septembre prochain permettront d’y voir plus clair mais les supporters ont peu d’espoir de voir un jour le Stadium devenir une enceinte digne des rencontres internationales.

 

Séverine Sarrat



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