Palisson : un Montalbanais au Stade de France

Palisson Alexis

Même s’il n’a jamais porté les couleurs de sa ville natale de Montauban, Alexis Palisson n’a jamais oublié ses racines. Samedi prochain avec son club du Racing Club de Toulon, il disputera sa première finale du Top 14 face au Stade Toulousain, le tenant du titre. Rencontre avec cet arrière de poche (ou ailier), voulant tout donner pour décrocher son premier Brennus. Quitte à y laisser des plumes…

 

Quand on sait qu’il s’agira d’une première en vingt ans d’histoire du club*, il y a de quoi comprendre toute cette émotion qui envahissait le camp toulonnais à l’issue de la demie remportée in extremis face à Clermont, dimanche dernier à Toulouse (15-12). Alexis Palisson bien entendu, faisait partie de ces joueurs complètement bouleversés à l’idée de retrouver le grand Stade Toulousain, à l’occasion de la finale du Top 14 qui se disputera samedi au Stade de France : «Je ressens quelque chose d’indescriptible, surtout que j’ai passé la fin de la rencontre sur le banc à me morfondre, bien impuissant par rapport à ce qui se passait sur le terrain. Je pensais sincèrement que Morgan Parra allait passer cette pénalité, puisque je l’ai souvent vu en rentrer lorsque je le côtoyais en équipe de France. Dans ma tête, on était parti pour les prolongations. Tout s’est joué à un mètre», détaillait-il après la rencontre, bien heureux de retrouver une région qu’il affectionne tout particulièrement.

Remplaçant contre le Racing-Métro en quart de finale, Palisson a récupéré son poste d’ailier dimanche, dans un collectif toulonnais où il s’est relativement imposé depuis son arrivée. En quittant Brive la saison dernière après huit années de bons et loyaux services, il souhaitait franchir un cap et viser d’autres objectifs que le maintien en Top14. Débarqué sur la pointe des pieds au sein de l’armada du président Mourad Boudjellal, il s’est battu tout au long de l’année pour se faire une place au soleil, faisant face à une concurrence féroce. Après plusieurs tentatives vaines, cette année sera la bonne. Le Racing Club de Toulon a mérité sa finale et Palisson ne devrait pas la louper. Il ne lui reste plus qu’à profiter, sans se laisser dépasser par l’événement. Car en face, l’adversaire évoluera à Paris comme s’il était dans son jardin : «Il fallait s’attendre à trouver un gros morceau devant nous. Toulouse, sur un match, on peut les battre. Une fois encore, nous ne partirons pas favoris. Mais vu que tout le monde sera en vacances à l’issue du match, j’ose espérer qu’on laissera tout sur la pelouse», évoquait le Tarn-et-Garonnais d’origine.

 Vice-Champion du Monde, mais encore ?

 La saison de Palisson quoiqu’il arrive, aura été pleine d’intensité et de performances. Sitôt engagé avec Toulon, il partait jouer la Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande, disputant au total quatre rencontres, dont le quart, la demie et la finale, excusez du peu. Il est donc revenu dans le Var, auréolé d’un titre de vice-champion du monde, sans que cela ne lui garantisse une place de titulaire pour autant. En effet, l’équipe entraînée par Philippe St-André** puis par Bernard Laporte, Pierre Mignoni et Olivier Azam, s’était renforcée de manière spectaculaire en début d’exercice 2011-2012 (Giteau, Armitage, Tillous-Borde, Rooney…). Tous les postes ont été doublés voire triplés. Toulon voulait enfin avoir une chance de remporter le Brennus, les voici proches du Graal à présent. En parallèle, les rouge-et-noir ont effectué un beau parcours en Challenge Européen, terrassant notamment les Harlequins de Londres en quart-de-finale puis le Stade Français. Ils se sont hissés jusqu’en finale (perdue face à Biarritz de trois petits points 18-21) en pratiquant un jeu aéré, très vivant, impacté par un paquet d’avants redoutables. Mais bizarrement, à partir de cette défaite contre les Basques, Toulon va légèrement bafouiller son rugby, laissant le sauveur-buteur Johnny Wilkinson régler les affaires : «C’est vrai que depuis quelque temps, on joue davantage par réaction. Déjà, on estimait qu’on était chanceux d’aller en demi-finale après notre demi match raté contre le Racing à Mayol. Après la défaite en finale du Challenge, on s’est tous dit qu’il ne restait plus que le Top14 pour tenter de gagner un truc. On a battu Clermont, on peut bien battre Toulouse non ?», poursuivait l’international de 24 ans aux 18 sélections.

 Son père a remporté un Brennus

Cela coule de source, toute la famille Palisson sera, soit au Stade de France, soit devant son écran de télévision samedi dès 18h pour encourager «David face à Goliath». L’intensité d’une finale, son père Didier l’a connue lorsqu’il évoluait au Stade Toulousain dans les années 80 (Champion de France en 86 aux côtés de Guy Novès). Lui et son oncle Thierry, un ancien stadiste également, pourront conseiller leur protégé en vue d’un match où le tenant du titre ne voudra pas laisser le moindre copeau de bois à son rival d’un soir. L’opposition risque d’être musclée dans tous les compartiments du jeu. De l’autre côté, il sera question du dernier match de William Servat, qu’Alexis connaît bien. Toulouse a aussi ses raisons pour ne pas rater l’événement et viser ainsi un dix-neuvième titre ! En attendant du côté de la Teste en Gironde, les Toulonnais se préparent patiemment. Le grand rendez-vous est pour bientôt. Vendredi, ils décolleront pour Paris et peut-être que samedi, ils s’envoleront vers les sommets. Tout Toulon est prêt à les rejoindre.

 Mehdi Djebbari

 

                                                                                                   *Le RCT a conquis trois Boucliers de Brennus (1931, 1987, 1992) et compte 5 finales perdues (48, 68, 71, 85, 89)
                                                                                                   ** Philippe Saint-André a été nommé sélectionneur de l’équipe de France, juste après la Coupe du Monde 2011.

 

 

Samedi 9 mai 2012 au Stade de France (Paris)

 Racing Club Toulonnais – Stade Toulousain – Coup d’envoi à 18h



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