Où va le TFC ?

A l’occasion de la présentation des nouveaux maillots, le président du Toulouse FC a fait le bilan de la saison écoulée. Finances, transferts, tactique, tout a été minutieusement passé au crible.

En cette période d’austérité, il ne faudra pas s’attendre à un été riche en surprises, mais plutôt à la remise en question d’un club, qui se cherche une seconde popularité.

 

Cette saison, on aura eu droit à un TFC mi-figue, mi-raisin, alternant donc le bon (de la 1ere journée à la 10 e journée), le moins bon jusqu’à la 35e journée (seulement 5 victoires en 4 mois), puis finissant en trombe avec trois succès lors des quatre dernières rencontres. Après quatre saisons de bons et loyaux services, l’entraîneur Alain Casanova s’est vu prolonger son contrat de deux ans supplémentaires. N’ayant plus trop la cote auprès des supporters, lui reprochant son football trop prudent, voire trop timoré, il a néanmoins tenté un coup de poker en toute fin de championnat, ce qui lui a valu quelques crédits supplémentaires. Ses joueurs n’étant plus concernés par le maintien en fin de saison, il a basculé son schéma tactique, passant de quatre à trois défenseurs, et d’un seul à deux attaquants. Alors que le mercato estival s’est officiellement ouvert depuis dimanche, de nombreuses interrogations demeurent au TFC. Faisant face à quelques difficultés financières, le club est vendeur. Paradoxalement, le président Olivier Sadran évoquait en milieu de semaine dernière, l’arrivée de quatre à cinq nouveaux éléments. Avant cela, il faudra se séparer de quelques bonnes valeurs marchandes, histoire de rentrer des liquidités dans les caisses. En gros, personne n’est intransférable. Chaque offre sera donc étudiée avec la plus grande attention.

 

Capoue et M’Bengué peuvent partir, Braaten pas renouvelé

S’il devait choisir, Sadran ne serait pas contre l’idée de se séparer de son joyau formé au club : Étienne Capoue. International tricolore depuis cette saison, le profil du milieu récupérateur plaît à de nombreux clubs en France et à l’étranger. Cependant, il est inutile de rappeler qu’il ne partira pas pour quelques broutilles. Sadran en demande 12 millions, les experts estiment sa cote à 9,5 millions, mais l’accord tacite décidé plus tôt entre le joueur et le président, fait qu’il sera libéré si une offre avoisine la seconde somme citée (PSG, Monaco, Angleterre, Allemagne ?). En ce qui concerne le latéral sénégalais Cheikh M’Bengue, les perspectives sont plus réduites. Au club depuis six saisons, il se retrouve dans la position qu’ont connue certains anciens du TFC, à l’image de Jérémie Mathieu juste avant son transfert à Valence : soit il renouvelle son contrat, soit il sera transféré. En tout cas, il ne partira pas gratuitement (Marseille, Angleterre ?).
Autre information au rayon des départs, le milieu de terrain Daniel Braaten a été laissé libre et peut donc s’engager où bon lui semblera (Norvège ?). Enfin, reste les cas Aymen Abdennour, Franck Tabanou, Serge Aurier et Wissam Ben Yedder. Tous ces joueurs peuvent permettre au club de faire de la plus-value, alors bon, si une proposition attire l’attention des dirigeants toulousains, ils n’hésiteront pas très longtemps.

 

Deux recrues pour le moment

Lorsqu’on est club comme celui de Toulouse, et qu’on ne dispose pas de crédits similaires que le PSG ou Monaco par exemple, on se doit de recruter malin, la plupart du temps en Ligue 2 ou au sein des championnats mineurs. Ainsi, deux joueurs ont déjà rejoint les Violets, un défenseur et un milieu de terrain. Le premier : Uros Spajic est un défenseur central de vingt ans, qui évoluait à l’Étoile Rouge de Belgrade en Serbie. Sans doute recommandé par l’arrière droit Pavle Ninkov, qui venait de ce même club, Spajic apparaît comme un futur grand joueur. Il faudra cependant lui laisser du temps, à l’instar de son compatriote susnommé, qui commence pleinement à donner satisfaction après deux saisons mitigées au club. La seconde recrue concerne plutôt le secteur de l’animation offensive. Mihai Roman possède déjà dix capes à l’échelle internationale (Roumanie). A 28 ans, l’ailier droit jouait encore dans le championnat local, mais son club de Brasov a failli être relégué à l’échelon inférieur et le TFC l’a récupéré gratuitement. Suivi depuis plusieurs mois par les recruteurs toulousains, il remplacera numériquement Daniel Braaten et sera en concurrence directe avec Adrien Regattin, dont on attend une confirmation. D’autres joueurs sont annoncés, vous me direz : « logique » en cette période de spéculation, toutefois le club a généralement l’habitude de bien camoufler ses dossiers chauds, les ressortant au grand jour, qu’une fois concrétisés. Actuellement, on parle de Wilfried Moimbé (Tours), de Didier Digard (Nice), la piste de Saber Khlifa (Evian) par contre, semble plus complexe en raison des nombreux clubs intéressés. Dernière affaire en cours, la prolongation de prêt d’Adrien Rabiot (PSG), qui a littéralement conquis les dirigeants lors de sa venue au mercato hivernal. Tant que le club parisien n’aura pas d’entraîneur sur son banc, les choses risquent de stagner. Puis excepté du temps de jeu plus conséquent, on se demande bien ce que viendrait chercher le prometteur Rabiot (17 ans) dans un club aussi peu ambitieux. Concernant Adil Hermach, le TFC aimerait le conserver, à condition qu’il accepte une baisse de salaire conséquente.

L’an prochain, l’objectif pr
incipal restera le maintien, chose obtenue ces neuf dernières saisons. Pour la dixième saison consécutive en Ligue 1, il serait temps d’accrocher quelque chose de marquant. La solution passe aussi par les Coupes, que Toulouse a trop souvent galvaudées par le passé.

 

Reconquérir les supporters, remplir le Stadium

Ce n’est un secret pour personne, le club du TFC ne fait plus rêver grand monde, y compris ses propres supporters. Cette saison, le Stadium a boosté ses affluences grâce à des invitations massives, mais personne n’est dupe dès lors qu’il s’agit d’évoquer la réalité. Trop souvent malheureusement, le spectacle proposé en a déçu plus d’un, l’heure est désormais à la reconquête d’un public : « Cela fait plus de deux ans qu’on souhaite voir deux attaquants sur la pelouse et Casanova a attendu la toute fin de championnat pour tenter le pari. Nous ne sommes pas dupes, nous savons pertinemment que les joueurs étaient déjà maintenus en Ligue 1 et que dès qu’il faudra repartir à zéro, on va revenir à un seul attaquant. Enfin, j’espère me tromper… », précisait un porte-parole d’un club emblématique de supporters du TFC. Il est vrai que sans l’avènement un peu surprise du petit Wissam Ben Yedder (15 buts pour sa première saison intégrale), on n’ose même pas imaginer ce qu’il serait passé. Souvent esseulé au milieu de grands défenseurs, il a tout de même tiré son lapin du chapeau, grâce à son bagage technique et à son réalisme sans faille, faisant penser à la grosse année d’André-Pierre Gignac en 2009 (24 buts), mais avec d’autres caractéristiques.

 

La solution par le jeu

En passant de son inamovible 4-1-4-1 à un 3-5-2 plus offensif lors des quatre dernières journées, on a senti que les Violets prenaient davantage de plaisir à jouer au ballon. D’ailleurs, les deux dernières rencontres au Stadium, se sont toutes les deux soldées par deux victoires probantes (4-2 contre Lille, 2-0 contre Montpellier), offrant de surcroît un spectacle majuscule par rapport aux dix-sept matchs qui ont précédé. A la reprise fin juin, Alain Casanova devrait poursuivre avec ce dispositif, mais ne laissera pas de côté sa tactique fétiche qui a fait sa réputation depuis son arrivée sur le banc il y a cinq saisons désormais. La lassitude engendrée par cette mono-tactique devrait donc s’estomper, car nombreux sont ceux qui aiment ce club. Comme beaucoup ont été séduits par ce revirement, la ferveur pourra vite reprendre le dessus. Il suffit juste de bien réussir le début du championnat, un fait récurrent et d’enchaîner quand viendra l’hiver. Parce qu’à cette saison-là en général, il n’y a plus grand monde. Que ce soit sur la pelouse et surtout dans les tribunes du Stadium.

par Mehdi Djebbari



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