N’Tamack : « Contre Clermont, les intentions étaient bien meilleures ! »

Entre deux rencontres prépondérantes du Stade Toulousain, qui vient de battre Clermont dimanche en Top 14 (19-12), et qui reçoit les Saracens le week-end prochain en H-Cup, le Journal Toulousain est parti à la rencontre d’Émile N’Tamack, illustre gloire du club. Toujours concerné par les problématiques rouge-et-noire, il n’est pas le plus inquiet concernant l’avenir du club. Il s’interroge davantage par contre, sur le prochain Tournoi des 6 Nations qui attend les Bleus prochainement.

 

Émile, la toute récente victoire du Stade Toulousain contre Clermont vous a-t-elle rassuré ?

Il est vrai qu’après le match raté contre Bordeaux-Bègles à la maison (18-16), et surtout après la défaite à Bayonne (13-21) sans obtenir le moindre point, il fallait réagir face à Clermont, l’actuel leader. D’entrée de jeu, j’ai trouvé les intentions toulousaines bien meilleures, et ce malgré un adversaire au visage très compétitif. Les Auvergnats ne se déplacent jamais pour le plaisir. Toulouse a su finalement s’appliquer pour faire déjouer cette équipe, obtenant un précieux succès, sans toutefois maîtriser tous les compartiments du jeu.

 

Etiez-vous inquiet avant la rencontre ?

Pas vraiment. Ils m’ont rassuré dès le début du match, grâce à un état d’esprit remarquable. C’est comme ça que Toulouse s’en sortira. Le club traverse actuellement une période difficile, mais il faut relativiser. Tout le monde est convaincu que le Top14 s’est resserré. Les joueurs eux, sont conscients de leur niveau du moment. J’ai confiance en leur force de caractère, malgré les bâtons qu’ils peuvent trouver parfois dans leurs roues.

 

A votre époque, aviez-vous déjà quitté un match à domicile sous les sifflets du public, comme cela a pu s’entendre après le match contre Bordeaux-Bègles ?

Non pas vraiment, ou bien si c’est arrivé, je ne m’en souviens pas. Il nous arrivait rarement de passer à travers plusieurs matchs d’affilée. Nous avions la force de savoir rebondir dès la rencontre suivante. De toute manière, il ne sert à rien d’être alarmiste, ce n’est pas le genre de la maison. Nous avons toujours su régler nos soucis en interne et Guy a toujours trouvé les solutions.

 

Dimanche, les Toulousains recevront les Anglais des Saracens, pour ce qui constituera un match décisif en vue de la qualification en quarts. Quelles seront à votre avis, les clés de cette rencontre ?

Il y a un enjeu énorme et les deux équipes vont se livrer corps et âme, cela devient presque inévitable. Connaissant bien les Anglais, ils vont tenter d’imposer un gros impact devant, s’appuyant sur les points faibles du moment à Toulouse : à savoir la conquête et la touche notamment. Il faudra dans un premier temps, s’appliquer à bien les contenir, puis essayer de mettre en place un système pour détruire leurs intentions. Nous possédons nos armes nous aussi. Notre troisième ligne Nyanga-Dusautoir-Picamoles, a été sacrément performante contre Clermont. Quelle que soit l’équipe alignée, sans victoire au bout, tout sera remis en question.

 

Et Toulouse pourrait pour la seconde année consécutive, ne pas passer le premier tour…

Ce serait une contre-performance c’est sûr, mais pas une fatalité. En Top 14, l’équipe est encore dans les clous, tout ne serait pas perdu. En général, le Stade Toulousain a souvent su négocier ce genre de match « charnière », ceux où la pression est encore plus présente. L’appui du public d’Ernest Wallon sera un élément à prendre en compte, sans oublier de tenir compte de la météo.

 

Huit Toulousains* ont été appelés par le sélectionneur de l’équipe de France, en vue du prochain Tournoi des 6 nations. Estimez-vous que la France possède les cartes pour bien y figurer ?

J’aurais préféré que le calendrier offre une autre configuration que celle qui se présente. Recevoir les Anglais au Stade de France, dès le premier match, n’est jamais une mince affaire. En 2013, le groupe était pas mal, mais manquait de vécu ensemble. Cette année, on attend davantage de ces garçons, notamment en termes d’état d’esprit. En cas de défaite, tout restera encore possible avec quatre autres rencontres à disputer.

 

Vous voyez donc l’Angleterre favorite de ce « Crunch » ?

Oui je pense que ce serait une surprise de voir la France gagner ce match. L’Angleterre viendra avec une pression moindre et nous, on sort d’une année 2013 compliquée. La France n’a jamais montré de continuité alors qu’en face, ils ont sorti quelques gros matchs. Par contre, nous avons les moyens de les battre. La condition première sera de rapidement trouver un jeu qui permettra à l’ensemble de l’équipe, de s’exprimer avec ambition.

  Mehdi Djebbari

* Louis Picamoles, Yannick Nyanga, Thierry Dusautoir, Yohan Maestri, Jean-Marc Doussain, Gaël Fickou, Maxime Médard et Yohan Huget.

 



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