Les Spacer’s n’ont pas dit leur dernier mot

Alors que l’équipe de France dispute ce week-end un tournoi qualificatif en vue des Jeux Olympiques de Londres, les volleyeurs toulousains profitent d’une trêve bien méritée. Auteurs de deux demi-saisons complètement différentes en 2011-2012, ils espèrent revenir plus réguliers à l’occasion de la nouvelle campagne de Pro A. Focus sur un club ambitieux en dépit d’un budget plus que limité.

D’ici la reprise de la saison, prévue pour fin juillet, l’équipe de volley toulousaine des Spacer’s est actuellement en vacances. Dixième au classement final de ProA, l’équipe entraînée par Cédric Enard a manqué la qualification en play-offs d’un cheveu (les huit premiers sont qualifiés). Ce n’est que partie remise car incontestablement, cette attractive formation a montré un visage séduisant, dès lors qu’elle n’a pas connu trop de blessures simultanées : «Le tournant de la saison s’est produit lors d’un match à Rennes, où l’on menait deux sets à zéro. En quelques minutes, tout a basculé puisque l’on perd deux joueurs majeurs (Zago se blessait à la cheville et Pérez au poignet). Au final, on perd en 5 sets et quelques semaines plus tard, c’était au tour de Lukas Bauer de rejoindre l’infirmerie. A ce moment-là, il m’a été impossible de recruter un joker médical et j’ai dû composer avec ce que j’avais, tout en regardant le classement avec intérêt, car le maintien n’était pas encore acquis», précisait Enard. Dans l’urgence, le coach a dû lancer des jeunes de son excellent centre de formation (voir encadré). C’est ainsi que le jeune Thibault Rossard (18 ans) a pu se révéler au sein du collectif, surprenant par son aisance si rapide avec les pros. Comme les autres, il a connu une période de moins bien, toutefois cela laisse présager un avenir radieux en ce qui le concerne.

Eloi André

Un effectif enfin stabilisé

Au rayon des transferts, les Spacer’s perdent Daniel Maciel (Nancy) et Lukas Bauer (Sète). Ils récupéreront très bientôt Andrew Hein, le central américain en provenance d’Italie ainsi que le très prometteur Trévor Clevenot (réceptionneur-attaquant), qui sera intégré progressivement par rapport à son jeune âge. Toulouse a par ailleurs fait signer un contrat professionnel à deux espoirs déjà présents, Dimitri Walgenwitz et Nicolas Burel : «Nos finances sont toujours surveillées, ce qui nous oblige à recruter malin. Il nous est malheureusement impossible de concurrencer certains clubs sur certains joueurs que nous ciblons. La prise de risque est donc obligatoire. J’espère connaître moins de pépins physiques cette saison qui arrive, cela nous a tellement empoisonnés au moment où nous étions proches des places qualificatives», poursuivait Enard, également coach adjoint de l’équipe de France A. Depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe professionnelle, en lieu et place du Tchèque Josef Smolka, licencié courant l’exercice 2010-2011, il a rétabli un climat harmonieux au sein d’une équipe meurtrie par certains choix de son prédécesseur. Sa bonne connaissance du centre de formation (Enard était l’adjoint de Smolka depuis 2007, mais également responsable de l’équipe espoir), lui a permis de lancer des joueurs en devenir, tout en changeant de filière. Terminés les recrutements à l’est, Enard lui, est allé chercher des Brésiliens. Le passeur André Eloi ainsi que Damiao, ont joué en sélections jeunes avec Zago, le nouveau leader technique des Spacer’s. Ensemble, ils vont épauler les bons éléments déjà détenus par le club : Gaël Vandaele, Nicolas Rossard, Jean-François Pérez entre autres… La suite, vous la connaissez, malgré cela, ces hommes forts seront à coup sûr revanchards et ambitionneront un exercice prochain, pétris de bonne volonté. Bien évidemment, l’entraîneur des Spacer’s est amer par rapport à ce qu’il a vécu tout au long de l’année. Si seulement il avait été épargné par tous ces pépins physiques, son équipe aurait pu aller plus loin. Tout ceci aurait engendré davantage de retombées financières, de renommée aussi. Mais cela fait partie du jeu et des risques : «Prenez Nantes par exemple. D’un point de vue technique, nous avions des caractéristiques assez similaires, sauf qu’eux, n’ont pas connu nos déboires. Ils sont parvenus à accrocher les play-offs», regrettait Enard. Le mois dernier, ses adjoints qui s’occupent de l’équipe espoir lui ont fait la belle surprise de remporter la Coupe de France. Un titre que les Spacer’s n’avaient jamais obtenu dans leur histoire et qui permettra d’offrir davantage d’alternatives en cas de blessures chez les pros. Une première bonne nouvelle, qui ne peut que laisser présager un avenir radieux dans un futur proche. Du moins, espérons-le…

Mehdi Djebbari

 Les Espoirs ont justifié leur statut

Finaliste surprise l’an passé, l’équipe espoir dirigée par le tandem Stéphane Sapinart et Benoît Ognier a parfaitement assumé son rôle de favorite dans cette Coupe de France. Articulée autour de Tcheni Petro (élu meilleur pointu de la compétition), de Nicolas Burel (meilleur central), de Thibault Rossard (meilleur réceptionneur attaquant) et de Toky Rafidison (meilleur libéro), la réserve toulousaine n’a laissé aucune chance à Tourcoing en finale (victoire en cinq sets). Cette coupe ramenée dans la Ville Rose, récompense bien entendu tout le travail réalisé par les Spacer’s en amont, vis-à-vis de son centre de formation. Même si les finances sont celles qu’elles sont, le club n’a jamais laissé tomber sa pépinière et voudrait même renforcer sa crédibilité au sein des catégories les plus jeunes. Grâce à ce trophée, la renommée de la formation toulousaine possède un argument supplémentaire, pouvant séduire les futurs champions du volley national. C’était déjà le cas auparavant, toutefois lorsque Smolka tenait les commandes (de 2004 à 2011), il faisait peu confiance aux jeunes. Ce n’est pas le cas de Cédric Enard, qui lui aussi a déjà entraîné la réserve. Il convoque régulièrement les éléments prometteurs à l’entraînement des professionnels et leur laisse une chance d’évoluer en Pro A s’ils lui apportent satisfaction.

 

            M.D



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