Le TFC sauve l’essentiel

Les Violets ont préservé leur chance de maintien en obtenant le nul à Caen – à condition que le match ne soit pas à rejouer. De son côté le Stade Toulousain s’apprête à défier la province irlandaise du Leinster pour une demi-finale qui s’annonce très compliquée.

 
Nicolas Rainville a-t-il bien sifflé et par là-même ordonné à Moussa Sissoko de tirer le penalty qui va permettre aux Toulousains d’égaliser ? Pour les Caennais la réponse est négative, ce qui explique qu’ils aient déposé une réserve technique sur l’engagement suivant. De la future décision de la Ligue professionnelle de suivre ou non la réserve déposée par les Caennais dépend en partie la fin de saison des deux clubs. Car sans être un très bon résultat, ce nul obtenu à Caen, actuel premier reléguable, est un moindre mal pour les Toulousains. Mais revenons un instant sur la rencontre, très pauvre au demeurant. Alain Casanova souhaitait avant tout ne pas perdre, comme l’indique cette composition d’équipe surprenante, avec notamment la présence de Adrian Gunino au poste de milieu droit ainsi que la titularisation, plus attendue il est vrai, du jeune Ahamada en lieu et place de Matthieu Valverde. Pour le reste, du classique au vu des dernières semaines, Daniel Braaten se trouvant de nouveau titularisé seul en pointe.
Comme souvent lors de ces rencontres dites “de la peur”, l’enjeu prend souvent le pas sur le jeu et l’on assiste ainsi à un festival de passes ratées et autres déchets techniques. Le spectacle est pauvre, la tension palpable. Ce sont néanmoins les Caennais qui parviennent à ouvrir le score à la 29ème minute, Hamouma profitant d’une erreur d’inattention de la défense toulousaine pour tromper facilement Ahamada. Puis arrive cette fameuse 39ème minute et ce penalty accordé logiquement aux Violets suite à une faute de Heurtaux sur Braaten dans la surface normande. Sissoko tire en force dans l’axe du but, le gardien Alexis Thébaux n’esquisse qu’un simple geste pour éviter le ballon, puis tout le monde (y compris Sissoko) semble surpris de voir M. Rainville accorder le but. Dans le brouhaha du stade, impossible de savoir avec certitude si l’arbitre a bien donné un coup de sifflet, bien que ce dernier nous l’affirme. Aux membres compétents de la Ligue de trancher cette question, en sachant donc que dans le cas d’une faute technique d’arbitrage avérée, la rencontre doit être rejouée.

Le Stade au pied d’une montagne

Jouer le Leinster, ce n’est jamais facile ; jouer les Irlandais à Dublin, c’est quasiment mission impossible. Qui d’autre d’ailleurs que le Stade Toulousain ne partirait pas battu d’avance au moment d’aller affronter la meilleure province irlandaise de ces dernières saisons chez eux ? Que ce soit en Coupe d’Europe ou en Ligue Celtique, le Leinster a remporté tous ses matchs disputés à domicile cette saison. Si les Rouge et Noir disputent les demi-finales pour la dixième fois de leur histoire (un record en la matière), les Irlandais ne sont pas en reste avec maintenant six demi-finales à leur actif. Un duel d’initiés en perspective, un duel de costauds mais aussi un duel de revanchards, notamment côté irlandais. Car les deux clubs se sont déjà rencontrés à quelques reprises ces dernières saisons, la dernière confrontation en date remontant à tout juste un an, à ce même stade des demi-finales. Le match avait eu lieu au Stadium, et ce sont les Toulousains qui s’étaient imposés 26-16. Autant dire que du côté du Leinster, on compte bien rendre la monnaie de leur pièce aux Rouge et Noir.
Si la province irlandaise part favorite avant la rencontre, les Toulousains ont tout de même plusieurs motifs d’espoir. Premièrement, ils se sont déjà imposés à Dublin. Certes, cela remonte, c’était en 1997 pour une victoire 25-34. Mais au petit jeu des confrontations directes, c’est bien le Stade qui mène la danse : sur huit duels (en seize éditions européennes), les Toulousains l’ont emporté à cinq reprises, pour trois victoires irlandaises. Ensuite, le Stade a parfaitement géré sa préparation d’avant-rencontre en s’imposant 33-0 face à Bourgoin pour le compte de l’avant-dernière journée, validant ainsi son ticket pour une autre demi-finale, celle du championnat de Top 14 cette fois. Enfin, le capitaine Thier-ry Dusautoir a pu effectuer son retour lors de cette dernière rencontre et sera ainsi prêt pour disputer ce féroce combat qui l’attend, lui et ses partenaires, dans la bouillante enceinte de l’Aviva Stadium de Dublin.

Romain Janer


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