Le TFC a manqué de réalisme

Une fois n’est pas coutume : le TFC ne “méritait” pas (si tant est que ce concept soit valable dans le football) de perdre à Saint-Etienne. Mais les Verts ont su faire preuve de réalisme là où les Violets n’ont pu compter que sur un exploit personnel de Franck Tabanou.

 
Le TFC a tout d’abord été trahi par sa défense. Si les Violets peuvent généralement compter sur une base arrière solide, cela n’a pas été le cas samedi dernier. Ainsi, suite à deux erreurs défensives collectives le Stéphanois Bakary Sako, gaucher de son état, a pu inscrire les deux buts de son équipe du pied droit. Deux buts quasi identiques qui ont réduit à néant le bon début de match des Toulousains. D’autant plus que le réalisme n’a que trop rarement été le point fort du TFC cette saison. Et malgré une domination globale des Violets au milieu de terrain et quelques phases offensives intéressantes, ces derniers ont failli au moment de conclure leurs actions. Ainsi Federico Santander a manqué par deux fois le cadre, autant par maladresse que par malchance. Et en toute fin de match, c’est le portier stéphanois Jérémie Janot qui a empêché Etienne Capoue d’obtenir l’égalisation des Violets. Auparavant Franck Tabanou avait réduit le score sur une superbe frappe de l’extérieur de la surface, trouvant la lucarne opposée du portier du Chaudron. Un très joli but, mais qui malheureusement ne rapporte rien d’autre que des regrets aux Toulousains.
Cette rencontre est ainsi paradoxale dans la mesure où, si les Violets ont délivré une prestation tout à fait honnête, la défense et l’attaque se sont montrées par trop fébriles. Néanmoins, et c’est là aussi une constante depuis le début de saison, le TFC perd trop souvent des matchs qu’il domine, et s’impose généralement en se montrant plus réaliste que son adversaire plus qu’en brillant sur le terrain. On n’ira pas jusqu’à dire que plus les Violets jouent bien moins ils gagnent, et vice-versa, mais il y a malheureusement un fond de vérité dans ce propos. Que les Toulousains persévèrent néanmoins : il est plus agréable de les voir essayer de prendre le jeu à leur compte, même en se montrant trop souvent maladroits et approximatifs, que de refuser de jouer et tout miser sur l’impact physique et la solidité défensive. En sachant d’ailleurs que l’un n’empêche pas l’autre.

 

Le “bras de fer” est à la mode

Passons maintenant au “coup de gueule” de la semaine. C’est une réalité depuis quelques années maintenant : de plus en plus de joueurs partent au clash et engagent ainsi un “bras de fer” avec leurs employeurs dans le seul but de partir et, bien souvent, obtenir un meilleur contrat dans un autre club. Bien souvent dans la bouche du joueur en question (ou de son agent, ce qui revient généralement au même) son club actuel lui aura «manqué de respect», ou bien le joueur estimera «avoir fait le tour de la question» et souhaitera alors «franchir un palier» en privilégiant, bien entendu, le «challenge sportif». Si ces expressions  sont couramment usitées en période de mercato, généralement cela se termine par un transfert avec le consentement mutuel du joueur et des deux clubs, le vendeur comme l’acquéreur. Mais parfois le club employeur d’un joueur lambda ne souhaite pas vendre ce dernier, situation somme toute banale ; sauf qu’aujourd’hui le joueur se pense désormais tout-puissant, et passe bien souvent ses intérêts avant ceux de son employeur, et par là-même de ses coéquipiers et de ses supporters.
Nous en avons ainsi vu deux exemples (entre autres) cet hiver avec le désormais ex-Parisien Stéphane Sessègnon et le Stéphanois Dimitri Payet. Le premier, trop souvent relégué sur le banc à son goût, souhaitait ainsi quitter le PSG. Le second souhaitait lui rejoindre le club parisien. Dans les deux cas, l’employeur ne l’entendait pas ainsi, pour diverses (bonnes) raisons. Résultat, les deux joueurs ont ainsi déserté entraînement et mise au vert, refusant de revenir parmi le groupe tant que leurs demandes de transferts ne seraient pas acceptées. Si Sességnon a finalement repris l’entraînement avec son club, c’était avant de s’envoler en Angleterre, direction Sunderland : il a gagné son “bras de fer”, son employeur cédant ainsi au voeu du joueur. L’ASSE et ses dirigeants, eux, n’ont pas cédé ; Payet n’a pas été transféré, mais, à l’heure où ces lignes sont écrites, il continue à bouder et n’a toujours pas repris l’entraînement. Situation absurde et grotesque, qui démontre à quel point certains joueurs vivent réellement dans un monde parallèle. Et non seulement, de par leur attitude, ces derniers sont de plus en plus souvent considérés comme de simples mercenaires du football, mettant de plus leur club en position délicate, mais surtout ils créent ainsi un décalage de plus en plus grand entre le public et eux. Comme si l’image du football (français, mais pas que) n’avait pas été assez brouillé l’été dernier. A l’heure d’aujourd’hui, que penser en effet de ces joueurs trop gâtés qui n’en font qu’à leur tête, et dont la valeur principale à laquelle ils semblent croire, est représentée par le nombre de zéros au bas de leur nouveau contrat ? Le propos peut sembler démagogique (le football étant depuis longtemps autant un business qu’un sport), mais jusqu’à il y a encore peu de temps un contrat signé entre deux parties (un joueur et un club) signifiait encore quelque chose. Pour certains, ce n’est aujourd’hui plus le cas.

Romain Janer




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