Le tandem Berrest-Bahain à l’assaut d’une autre médaille

A quelques jours de l’épreuve d’aviron, les licenciés toulousains Julien Bahain et Cédric Berrest se sont confiés au Journal Toulousain. Déjà médaillés de bronze aux derniers Jeux Olympiques de Pékin, ils représentent deux valeurs sûres. Après une préparation musclée en Savoie, ils s’envolent aujourd’hui pour l’Angleterre, motivés comme jamais. Quand vient le temps de la confirmation…

 

Vous partez aujourd’hui pour Londres. Comment vous sentez-vous à deux jours de vos premières épreuves ? (du 28 juillet au 2 août à Dorney Lake, ndlr)

Julien Bahain : Pour l’instant, le moral est très bon. Notre stage s’est bien déroulé et là nous quittons la Savoie, où nous avons hiberné pendant un mois. La préparation a été intense et bien évidemment, la pression commence à se faire sentir. Nous avons vraiment hâte d’arriver sur place et de nous mêler à l’ambiance. A la montagne, on a fait le vide autour de nous. Trois entraînements par jour en autarcie. Nous nous sommes fixés des objectifs et nous souhaiterions les concrétiser. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de participer aux Jeux Olympiques. Tous les quatre ans, il y a cette médaille à aller chercher. Depuis 2009, nous nous focalisons là-dessus, même si nous sommes entrés dans le vif du sujet en septembre 2011.

 

La préparation a-t-elle été différente de celle pour Pékin en 2008 ? Les conditions climatiques risquent de ne pas être semblables à Londres…

Cédric Berrest : C’est pour ça que nous avons décidé de partir au dernier moment. En Angleterre, il y a un léger décalage horaire, beaucoup plus facile à assimiler qu’en Chine. Après pour la météo, nous n’en tenons pas forcément compte. Dans notre discipline, on se retrouve toujours confrontés à des piscines de deux kilomètres, il n’y a rien qui change dans l’absolu. Les Anglais ont décidé de construire un bassin inversé par rapport à l’orientation des vents dominants. Cela va modifier les conditions de course, surtout pour ceux qui seront placés sur les extérieurs sur la ligne de départ. Ils seront nettement désavantagés !

 

Vos adversaires de 2008 seront-ils présents eux aussi ?

JB : Le bateau australien, qui a terminé médaille d’or sera là, mais ce ne sera pas le seul favori. Cette saison, sept ou huit bateaux, y compris le nôtre, ont une chance d’accéder au podium. Ça va être serré et intense. Tout va se jouer dès les séries où il ne faudra rien lâcher. Notre but c’est ça : enclencher dès la première course, histoire d’être en confiance pour la suite. Psychologiquement nous avons énormément travaillé avec notre coach, Christine Gossé, avec qui nous avons suivi une thérapie chez un spécialiste en la matière. Ensemble, nous avons essayé d’améliorer notre harmonie, vu le temps passé ensemble. Il faut que nous soyons détendus tout en restant concentrés. Ce serait très bête de passer à côté d’un événement d’une telle ampleur. De toute manière, il y aura forcément des absents de marque lors de la finale, nous devons nous y préparer. Personne ne se fera de cadeaux.

 

En quatre ans, on imagine que votre relation sur le bateau n’a cessé de s’améliorer. Estimez-vous avoir progressé et gagné en complicité ?

CB : Après Pékin, chacun est retourné à ses études. Nous avions 22 et 23 ans à l’époque. Dès la montée sur le podium, nous nous sommes promis de revenir avec de l’ambition supplémentaire. La médaille, nous avons été quatre à la conquérir (le bronze a été obtenu en quatre de couple). Cette fois, nous serons deux. Actuellement, nous représentons une paire d’élite en France, tout le monde est derrière nous. Nous passons près de deux cents jours ensemble dans l’année, nous vivons et nous entraînons dans la même ville. Nous formons un vrai petit couple à présent et comme tout le monde, nous devons faire quelques concessions. Depuis 2009, nous avons changé de position sur le bateau afin de tester ce que cela pouvait donner. Puis nous sommes restés dans cette voie, en nous disant que c’était une meilleure solution. Notre complémentarité doit être notre force et non l’inverse. Malgré nos deux forts caractères, bien que différents l’un de l’autre, nous avons trouvé un équilibre. Chacun met ses qualités en avant, mais doit parfois ronger son frein.

 

Viser la médaille d’or relève-t-il de l’utopie ?

JB : Comme je vous le disais, nous sommes plusieurs prétendants aux médailles. Personne ne peut assurer qui sera là ou pas. Les paramètres extérieurs les jours des courses peuvent tellement modifier la donne. En aviron, on peut être très bon pendant un long moment et s’écrouler le jour d’une course à gros enjeu. De manière générale, les écarts se comptent en centièmes de seconde, cela peut pourtant tout bouleverser au final. A Pékin, à 34 centièmes près, nous terminions 4e et rentrions à Toulouse bredouilles. L’attribution des couloirs va être déterminante. Ceux qui seront placés au milieu des six bateaux seront incontestablement privilégiés (NDLR : les couloirs 3 et 4 sont idéalement positionnés comme en athlétisme). Si nous parvenons à atteindre les demies, tout sera remis en question et nous nous préparerons en fonction. Nous ne voulons pas avoir à nous reprocher quelque chose.

 

Le fait d’obtenir une médaille aux Jeux Olympiques, a-t-il bouleversé vos habitudes au quotidien ?

CB : Vous savez, nous sommes des gens simples et souhaitons le rester. La médaille, c’est l’aboutissement, un rêve qui s’est concrétisé. Dans notre environnement, cela nous a fait franchir un cap. Les médias ne vous considèrent plus de la même façon, les autres sportifs également. Cela nous a permis d’avoir une base pour nous construire davantage. En tout cas, si nous parvenons à obtenir une médaille à Londres, nous pouvons d’ores et déjà vous garantir que nous serons bouillants en vue des Jeux Olympiques de Rio en 2016.

 

Qui sont-ils ?

 

Julien Bahain : né le 20 avril 1986 à Angers

1m90, 90kg

Licencié à l’Aviron Toulousain depuis 2010

2e participation aux JO

1 médaille de bronze en 2008 (quatre de couple à Pékin)

 

Cédric Berrest : né le 2 avril 1985 à Clermont-Ferrand

1m91, 94 kg

Licencié à l’Aviron Toulousain depuis 2002

3e participation aux JO

1 médaille de bronze en 2008 (quatre de couple à Pékin)

Mehdi Djebbari



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