Le Stade Toulousain « E N O R M E »

Pour la 17ème fois de son histoire, le Stade Toulousain ramène dans la ville rose le fameux Bouclier de Brennus. Et comme le dira en fin de match Guy Novès, le sorcier toulousain, «il faudra bien un jour, leur dresser une statue»… Comme il a bien raison, tant ce samedi soir les hommes de Jérôme Pouilhou, le nouveau capitaine ont été énormes… Enormes dans la conquête du ballon, énormes en défense, énormes dans l’audace en cherchant, plus que de logique et bien loin des fondamentaux, à relancer en permanence et cela dans toutes les positions. Les Rouges et Noirs portés par un réalisme de tous les instants et une rage de jouer impensable après une telle saison marathon, ont su forcer le destin. Ils auront aussi probablement retenu quelques leçons de la défaite injuste de Cardiff.
 


Oui, ce samedi 28 juin au Stade de France, le Stade Toulousain à fait honneur au rugby dans cette finale contre Clermont où il n’était pourtant pas favori… En fait, voir Toulouse-Clermont à ce stade de la compétition, rien d’original, ça n’est pas la première fois que les deux clubs font la tête de l’affiche. Plus, les mauvaises langues retiendront que l’histoire s’est surtout écrite à sens unique. Avec 4 rencontres, à ce niveau de la compétition, en 1994, 1999, 2001 et 2008, pour autant de défaites des Auvergnats. Et pourtant, à quelques heures du coup d’envoi on ne donnait pas cher des chances des Rouges et Noirs, d’autant que l’infirmerie, comptait des incontournables du club, comme du XV de France d’ailleurs : Clerc, Nyanga, Poitrenaud. Oui ils étaient nombreux à penser que pour les hommes de Rougerie, l’année 2008 serait logiquement et enfin la bonne. Tous voyaient la conquête d’un bouclier de Brennus qui viendrait couronner en apothéose une saison qui avait vu l’ASM finir en tête, et surtout après avoir battu les Toulousains à deux reprises. On parlera longtemps, dans les chaumières de cette balle “vendangée” par Baby, un ancien Toulousain, à quelques mètres de la Terre promise.

Pour faire du beau jeu on doit être deux…

Entre les deux meilleures équipes du championnat, adeptes du jeu ouvert, aussi exigeant physiquement que spectaculaire, un combat total, un affrontement titanesque nous était promis. On allait être servi et au-delà de toute espérance. C’est bien connu, pour bien jouer et assurer le spectacle, il faut être deux et d’un côté comme de l’autre les intentions étaient bien là pour proposer le meilleur. D’entrée de jeu le ton était donné et les deux équipes, montraient leurs ambitions. A aucun moment elles ne refuseront le combat, les rucks féroces, les percussions. Dans toutes les positions comme dans les intentions de jeu à la moindre balle récupérée, les deux équipes se rendaient coup pour coup. La première mi-temps tiendra toutes ses promesses d’engagement comme d’indécision, avec un essai de chaque côté, Rougerie répondant à un essai en force de Servat… James et Elissalde complétant au pied le score qui était de 10 à 10 à la pause. 

Comme à Bordeaux face au Stade Français, le Stade Toulousain allait faire basculer le match dans la deuxième mi-temps (10-10), en inscrivant 1 essai d’anthologie, de 80 m, le tournant du match. Un mouvement à montrer dans les écoles de rugby qui fut initié par une charge de Fino Maka, impliquant au passage une dizaine de joueurs. Avant de permettre encore une fois à Donguy, de montrer son intelligence et son coup de rein pour offrir le ballon à Médard. Mais rien n’était fait et l’impeccable arrière du Stade, grâce à des jambes de feu et beaucoup de malice, prenait à contre-pied la défense adverse et se jouait en coin, excusez du peu, de trois Auvergnats. La messe était dite…
Alors, en ce samedi de fièvre rugbystique, au Stade de France, l’histoire retiendra que le Stade Toulousain, aura conquis le 17ème titre de champion de France de son histoire, en battant Clermont-Ferrand 26 à 20 (mi-temps 10-10). Au terme d’une finale du Top 14 qui a fait honneur au rugby, car si par moment il a été viril, il fut en permanence correct et de toute beauté.
Mais on n’oubliera pas de rappeler que pour l’ensemble de son œuvre, pour la force de son jeu qui a fait école, pour sa culture de la gagne, les Hommes de Guy Novès et du Président Bouscatel méritaient cette saison de partir avec un trophée. Même si l’ASM, avec neuf finales et malheureusement neuf défaites, ne méritait sans doute pas ce cruel destin.

André-Gérôme GALLEGO


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