Le Stade au dix-huitième firmament

Cela fut finalement beaucoup plus serré que prévu, mais le Stade toulousain a conquis son dix-huitième titre samedi dernier en venant à bout de Montpellier 15-10. Pour ainsi asseoir encore un peu plus sa légende.

 
Avant-match, les observateurs étaient partagés entre l’espérance d’assister à une finale d’anthologie opposant deux équipes vouées à proposer de longues envolées spectaculaires et la crainte d’assister à une rencontre où la défense primerait sur l’attaque. C’est malheureusement pour le spectacle la deuxième option qui se sera révélée la bonne, en toute logique d’ailleurs. Car comme le préconise ce fameux adage sportif : «Une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne». Le Montpellier Hérault Club a ainsi été tout près de l’exploit en coupant les ailes et les velléités d’attaques toulousaines. Une tactique tout d’abord gagnante grâce au froid réalisme des hommes de Fabien Galthié. Une occasion, un essai : sur un exploit personnel du Fidjien Nagusa le MHR prenait donc les commandes de la rencontre. Néanmoins le Stade toulousain aurait dû être en tête à ce moment-là, seulement ce n’était pas la soirée du malheureux David Skrela, en panne d’efficacité dans ses tentatives avec seulement un trois sur huit face aux perches. Sans cela, le suspense aurait sûrement tourné court. Car le sang-froid toulousain a enfin fini par payer dans les dix dernières minutes, Nicolas Bezi réussissant les deux pénalités de la gagne tandis que dans le même temps le MHR concédait un second carton jaune (Benoît Paillaugue sanctionné pour une faute au sol) après celui de Nagusa en fin de première mi-temps. Pas d’essai pour le vainqueur, mais une victoire tout de même logique, l’expérience toulousaine (ainsi que sa profondeur de banc) et l’indiscipline montpelliéraine ayant ainsi fait basculer cette finale dans le camp des Rouge et Noir. Le Stade peut aujourd’hui pleinement savourer le dix-huitième titre de son histoire. Guy Novès quant à lui en étant maintenant à son neuvième en qualité d’entraîneur, sans compter ses deux titres de champion en tant que joueur.

 

Une fin de saison en apothéose

Le Stade toulousain est finalement sacré champion après avoir terminé en tête du Top 14. Un résultat qui peut paraître logique, mais qui aurait pu prévoir le nom du vainqueur au moment d’aborder la dernière ligne droite de la saison ? Avant la dernière journée de championnat le RC Toulon pouvait encore rêver du titre, avant que le MHR ne s’offre une place en barrage au dépend du club de Mourad Boudjellal. Deuxième de la phase régulière, le Racing Métro faisait figure d’épouvantail, avant que le… MHR ne le prive d’une finale où les Racingmen se voyaient déjà. Quant à la demi-finale opposant le Stade toulousain à Clermont, pas besoin de préciser à quel point elle semblait indécise. Le véritable tournant de la saison des Rouge et Noir a en fait eu lieu à Dublin, dans l’antre du Leinster, en demi-finale de H Cup. Défaits par les futurs vainqueurs au terme d’une rencontre de très haut niveau, les Toulousains ont alors pris conscience de leurs capacités et se sont ainsi promis d’aller chercher le bouclier de Brennus. Après avoir parfaitement géré les trois semaines sans rencontre avant la demi-finale, les Rouge et Noir ont offert un véritable récital contre Clermont pour s’offrir une nouvelle finale au Stade de France. Et si cette dernière s’est révélée indécise et compliquée, le Stade toulousain a tenu bon, ne faisant pas mentir les pronostics qui le tenaient comme grand favori. A l’heure où une nouvelle page s’apprête à se tourner dans la longue histoire du Stade toulousain, ce dix-huitième titre est à savourer sans modération. La saison fut longue et fastidieuse, de plus en plus d’équipes prétendant aujourd’hui à la victoire finale, et s’il faut saluer comme il se doit la formidable saison des Montpelliérains, félicitons aussi grandement un club qui, saison après saison, reste exemplaire dans sa capacité à renouveler constamment les hommes tout en préservant les plus hautes ambitions, tant en termes de jeu que de titres.

Romain Janer


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