Le Stade a mis les pieds dans le plat

Malgré toutes les cartes qu’ils avaient en main, les Toulousains reviennent d’Angleterre éliminés de la H-Cup. Dominateurs dans le jeu, ils n’ont pas su trouvé la mire et ont subi une leçon de réalisme. Leicester ira au tour suivant, pas le Stade, reversé en Challenge Européen. Constat.
Comme quoi, il y a un début à tout. Malheureux et sans doute inconsolables en rentrant de ce guêpier tendu par les Tigres de Leicester, les Toulousains vont découvrir le Challenge Européen après leur élimination prématurée en H-Cup. Les protégés de Guy Novès ne partaient pas favoris ce dimanche, à l’occasion de l’ultime journée de poule 2. Le schéma était simple : ramener au minimum un nul d’Angleterre pour espérer rejoindre les trois autres qualifiés français : Toulon, Clermont et Montpellier. En s’inclinant sur un rageant 5-9, ils terminent donc deuxièmes, mais ne peuvent pas bénéficier du statut de meilleur second. Du coup, ils seront reversés en petite coupe d’Europe, une grande première et défieront Perpignan en Catalogne, ce qui n’a rien d’inédit à l’occasion du quart de finale (le 6 avril prochain).

Le Stade a eu la mainmise

Il y aura beaucoup de regrets à l’issue de cette rencontre de H-Cup, largement à la portée des quadruples vainqueurs de l’édition. Longtemps en supériorité numérique, les Toulousains n’ont pas su trouver les solutions dans le jeu ; mal récurrent de ces dernières semaines. Pragmatiques et même veinards par moment, les Anglais n’avaient qu’à user de roublardise pour faire déjouer l’adversaire. : Ainsi, ils menaient 9-0 à la pause, alors que c’est plutôt Toulouse qui aurait mérité un autre sort. L’ouvreur Flood punissait de sa botte, tandis que nos buteurs passaient leur temps à se trouver un repère sous la neige. Plusieurs fois pendant les dernières minutes, on a cru que le scénario allait enfin pencher en la faveur des partenaires de Thierry Dusautoir. Cruelle désillusion. Ballon glissant, mauvaise gestion de la touche, un secteur encore trop défaillant, c’en était trop pour les Rouge-et-Noir, tout simplement incapables d’emballer une rencontre à leur portée.

17 points ratés au pied

C’est d’abord Lionel Beauxis qui a montré des signes de maladresse inquiétants (12e et 14e), imité malheureusement par l’autre spécialiste Luke Mc Alister, titularisé au poste de centre (19e). Neuf points perdus, Louis Picamoles était repris in extremis dans l’en-but et ne pouvait aplatir une autre belle opportunité d’ouvrir le compteur. Au retour des vestiaires, Beauxis ratait un drop et même la transformation après l’unique essai inscrit par Yohan Huget. Avec un cruel zéro sur cinq tentatives, chose peu habituelle ces derniers temps, on pouvait doucement perdre espoir face à un tel scénario, surtout que Mc Alister en remettait une couche à côté (62e). Guy Novès, en bord de pelouse, avait beau rester de marbre, son expérience des joutes continentales ne lui faisait pas perdre les pédales pour autant. Toulouse avait laissé filer sa chance, ce n’est pas la réaction d’orgueil collective lors des dix minutes, qui allait inverser la tendance. Bien expérimentés eux aussi, notamment dans les phases de conquête, les Tigres vacillaient, mais ne flanchaient pas sur les derniers assauts de Florian Fritz, Maxime Médard et Vincent Clerc notamment.

Le TOP 14 à fond les ballons

En dix-huit éditions, ce ne sera seulement que la quatrième fois que le Stade Toulousain ne connaîtra pas la saveur intense d’un quart-de-finale. Eliminé à ce stade-là justement, l’an passé à Edimbourg, le double champion de France va donc se mettre en quête d’un objectif plus national, à savoir tenter la passe de trois Brennus d’affilée. Bien entendu, le Challenge Européen sera pris très au sérieux, surtout qu’il permettra à certains de gagner du temps de jeu en vue d’éventuelles phases finales du Top14. Si jamais Toulouse s’impose à Perpignan début avril, il pourra recevoir le vainqueur de Bath-Stade Français, à partir de là, tout deviendra possible… Toutefois, après cet échec en H-Cup, car c’en est un lorsque l’on possède le rayonnement du Stade, il faudra éviter de rentrer bredouille et de laisser les lauriers à Clermont et à Toulon, qui paraissent plus armés et surtout plus convaincants dans le jeu.  D’ici là, le tir peut encore être rectifié, cela commence par une bonne gestion de la venue de Biarritz ce week-end. Toulouse y aura l’occasion de consolider sa place de troisième, voire pourquoi pas, de grappiller auprès des deux premiers sus-nommés, en attendant la suite.

par Mehdi Djebbari



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