Le Fénix sort l’artillerie lourde

Juste avant de partir en vacances, le club de handball toulousain a réuni toute la presse afin de présenter son nouveau projet, quelques-unes de ses recrues, tout en définissant une politique décidée à moyen terme. Rassurés par le scénario final de la saison dernière, les Fénix veulent changer d’objectif et retrouver un standing digne de ce nom.

 

C’est tout sourire que le staff des Fénix a présenté deux de ses trois premières recrues en vue de la saison prochaine. En compagnie de Jérôme Fernandez, le joueur emblématique et traducteur hors pair, le président Philippe Dallard et l’entraîneur Joël Da Silva ont introduit deux joueurs espagnols très prometteurs. En relation privilégiée depuis peu avec le champion d’Espagne, Barcelone, les Fénix initient une stratégie bien schématisée en amont. 6e en LNH en 2012, 11e en 2013, place désormais au rêve. S’il conserve ses meilleurs éléments, qu’il recrute habilement comme il le fait déjà, le club toulousain peut s’installer durablement un peu plus haut au sein de la hiérarchie nationale.

 

Da Silva : « Le meilleur gardien du championnat d’Espagne »

Il ne paie pas de mine, l’actuel troisième gardien de but de la sélection ibère. Pourtant, si on écoute Joël Da Silva, de nombreux attaquants vont s’épuiser à tenter de marquer des buts à celui qu’il considère comme le meilleur portier du championnat espagnol. Jeune, international en devenir, Gonzalo a émis le souhait de venir en France très tôt dans la saison, fort intéressé par le projet toulousain : « Il y a beaucoup de choses qui me plaisent ici, à commencer par la ville et surtout le rugby », détaillait-il dans un français qu’il apprend chaque jour. A 22 ans, il sera en concurrence avec Wesley Pardin, auteur d’une excellente année aux côtés de Daouda Karaboué : « Quand il sera question de choisir le titulaire, je risque de mal dormir. Chacun possède ses atouts, donc on verra selon le contexte. En tout cas, je suis ravi de pouvoir m’appuyer sur ces deux garçons. Gonzalo se débrouille bien sur les tirs de loin, Wesley lui, préfère les arrêts réflexes », développait un Da Silva bien heureux de la tournure que prennent les événements du moment.

 

Un géant gaucher, un ailier réputé

Un autre Espagnol champion du monde a rejoint la Ville Rose dans la foulée : Angel Montoro, un arrière droit gaucher, au gabarit impressionnant (2m12). A 24 ans, il débarque prêté par Barcelone pour un an, venu gagner du temps de jeu en LNH. Barré à son poste, il vient renforcer le secteur défensif, un point faible des Fénix, toujours à la recherche d’un autre arrière supplémentaire : « Ce sera avant tout un bon mec, avant d’être un bon handballeur ! », d’après Dallard. On parle d’un bon joueur français, de toute manière il se devra d’être Européen, en raison de la limitation à deux joueurs extra-communautaires par club. Outre Daniel Andjelkovic, actuel capitaine et désormais assistant de Joël Da Silva, un espoir venu de Serbie a pris cette place de second étranger. Il se nomme Nemanja Ilic et jouait récemment au Partizan de Belgrade : « Son potentiel est énorme, il correspond totalement à notre philosophie. Il fallait compenser le départ du prolifique Anouar Ayed. A présent, on va s’appuyer sur trois-quatre cadres, dont je fais partie. Le reste de l’équipe sera très jeune. Il y a de quoi viser entre la 5e et la 8e place, j’accorde également une énorme priorité aux deux Coupes », précisait un Jérôme Fernandez plein d’étoiles dans les yeux. A 36 ans, celui qui ne veut rien rater de la moindre sortie internationale, retrouve un club de Toulouse compétitif, lui qui l’avait quitté en 1999 après avoir remporté une Coupe de France, sous la houlette du Toulousain Claude Onesta.

 

Les jeunes auront leur mot à dire

Comme l’a assuré le président Philippe Dallard : « Nous ne nous portons pas trop mal. Le maintien qui n’est pas un exploit, a été obtenu à trois journées de la fin. Il sera important de repartir sur de nouvelles bases. L’équipe qui va être bâtie sera compétitive. Un projet de jeu va progressivement se mettre en place. » Stabilité économique, équipe séduisante sur le papier, les arguments ne manquent pas, ils plaident forcément en la faveur d’une S.A.S.P en quête de popularité. Après tout, le handball détient une place importante à Toulouse et les dirigeants ont décidé de prendre des risques à moyen terme. Le public ne devrait donc pas ignorer ce phénomène attractif. Autre aspect à ne pas négliger, celui du centre de formation. Après le bon travail effectué par l’ancien joueur Rudi Prisacaru (confirmé dans ses fonctions), le club compte s’appuyer sur ses jeunes, ce qui correspond totalement au projet. Cyril Morency et Maxime Gilbert ont été les promus cette saison. Ils tenteront d’apporter une fraîcheur et une valeur ajoutée à un groupe qui s’annonce d’ores et déjà très fort. Dans la continuité, quatre autres jeunes s’entraîneront avec les grands à la rentrée*. D’ici là, les vacances vont faire du bien à toute l’équipe, qui ne chôme pas ces derniers mois. Le président a donné rendez-vous fin août, à l’occasion du Tournoi des Fénix (23 et 24), qui accueillera pour rappel, le FC Barcelone, la Rioja Logrono et le Pays d’Aix. Une compétition amicale, où l’on pourra voir notamment, un duel entre les deux frères Karabatic, puisque Nikola s’est engagé en Catalogne, laissant son frère Luka à Aix-en-Provence.

 par Mehdi Djebbari

* Il s’agit de Denis Serdarevic, de Jackson Pavadé, de Clément Pérez et de Jordan Bonilauri.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.