La passe de dix pour Novès

Les superlatifs ne manquent pas quand il s’agit d’évoquer les qualités du manager toulousain. Fidèle à son club et à ses convictions, il est parvenu à décrocher son dixième titre avec Toulouse. Deux en tant que joueur (85,86) et son huitième en tant que coach. Un record !

On a beau s’appeler Guy Novès et détenir un palmarès hors normes, toutefois quand on possède en soi la culture de la gagne, il est difficile de laisser filer une finale. Encore une fois, le sorcier toulousain a coaché au Stade de France comme s’il était dans son jardin. Les siens ont su faire la différence à une vingtaine de minutes de la fin. Pendant que Johnny Wilkinson échouait une tentative, imité quelques instants plus tard par Benjamin Lapeyre, son buteur Luke McAlister lui, ne tremblait pas (18-12 au score final).

Même scénario qu’en 1989

En tant qu’entraîneur du Stade Toulousain, Novès disputait sa seconde finale du Top14 contre Toulon. Lorsqu’il était joueur, il avait déjà rencontré les Varois au même stade et avait triomphé comme tous ses autres coéquipiers au Parc des Princes (36-22 après prolongations en 1985). Quatre ans plus tard au même endroit, c’est en tant qu’entraîneur néophyte qu’il parvient à décrocher son premier trophée. 23 ans après, quasiment jour pour jour, son équipe a battu Toulon sur le même score qu’elle avait déjà gagné en 1989. Il n’y a que l’endroit et les membres des effectifs qui ont changé !  Le palmarès de Guy aussi, qui en toutes ces années de banc, a su conquérir huit boucliers de Brennus, sans oublier quatre Coupes d’Europe. De quoi faire saliver tout les entraîneurs de rugby. A Toulouse, le président Jean-René Bouscatel lui a toujours fait confiance, Novès l’a lui a toujours bien rendue. D’année en année, il a maintenu un groupe conquérant et ce n’est d’ailleurs pas anodin si le Stade s’est toujours qualifié pour les demi-finales au minimum depuis 1994. Si l’on compte bien, ça fait au total dix-neuf demies d’affilée, un record qui risque de longtemps truster les archives de l’ovalie.

Combien de temps encore ?

L’an passé après la victoire en finale contre Montpellier, tous les spectateurs avaient assisté émus à la scène. On y voyait Guy Novès les yeux rougis par les larmes, en pleine scène de liesse avec le public toulousain. Certains pensaient qu’il passerait la main et puis comme si de rien n’était, on l’a retrouvé plus déterminé que jamais à l’assaut d’un dix-neuvième Bouclier de Brennus en début d’exercice. Ce dernier qu’il aura réussi avec brio une fois encore. Certes, tout n’aura pas été si rose cette année, si l’on se souvient encore du match raté en quart de finale de H-Cup contre les Ecossais d’Edimbourg en avril dernier. Malgré cela, il a su remobiliser ses troupes histoire de ne pas passer à travers une seconde fois. Le Stade a copieusement dominé la première phase du Top14 en compagnie de Clermont, il fallait absolument qu’il assume son statut de co-favori. Comme par hasard, Clermont est tombé en demies face à Toulon. Une véritable aubaine pour le trio Novès-Elissalde-Bru qui n’en demandait pas tant. Yannick Bru en charge des avants, sera remplacé par William Servat à la reprise, Jean-Baptiste Elissalde s’occupera de nouveau des lignes arrière. Quant à Guy, on se demande combien de temps encore il tiendra ce rythme. Car à force de gagner, peut-être qu’un jour, il y ressentira une certaine lassitude. Jusqu’à ce jour, la seule chose qu’il n’a pas réussie à obtenir, c’est le doublé H-Cup / Brennus. Mais ça, même quand on s’appelle Guy Novès, c’est un Everest à franchir.



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