L’ « Araignée » a bien tissé sa toile

Eric Satgé sur la plus haute marche du podium

Champion de sa discipline, Éric Satgé nous présente Aranha*, une académie spécialisée dans l’enseignement du jiu-jitsu brésilien. Implantée sur Toulouse depuis près d’une dizaine d’années, cette structure a su prendre un excellent virage, obtenant par ailleurs de très bons résultats en compétition.

 

* l’araignée

 

Votre club s’apprête à fêter ses dix années d’existence l’année prochaine. Pouvez-vous nous présenter « Aranha » dans ses grandes lignes ?

En 2004, nous avons créé une association, dans le but d’enseigner les techniques de jiu-jitsu brésilien à Toulouse. C’était une discipline méconnue à l’époque, il y avait de nombreuses choses à faire dans cette ville. Petit à petit, nous avons grandi et tout s’est accéléré en 2006 avec la venue d’un spécialiste brésilien. Depuis 2012, nous possédons nos propres locaux et non plus, ceux de la Mairie de Toulouse. Cela nous évite de traverser toute la ville à chaque fois pour rejoindre la salle. Environ 80 adultes, plus une dizaine d’enfants pratiquent avec nous le jiu-jitsu brésilien dans le quartier de Saouzelong.

 

Justement, quelles sont les spécificités de ce sport ?

C’est une discipline qui comme beaucoup d’arts martiaux, apprend l’humilité et le respect du partenaire. L’ego de chacun est mis à rude épreuve car nous nous mettons constamment en danger lors d’une opposition. Le but est d’immobiliser son adversaire, grâce à différentes techniques d’étranglement ou, à base de clés qui le neutralisent. Le premier qui force l’autre à l’abandon, est déclaré vainqueur du duel. Il n’y a pas de véritables dangers, si ce n’est la méconnaissance des gestes, qui nécessitent une pratique régulière. C’est ce que nous essayons d’apprendre à nos adhérents, qu’ils soient débutants ou confirmés.

 

En novembre dernier, vous avez organisé la Copa Toulouse à la Maison du Judo. Comment cela s’est-il passé ?

Nous commençons à avoir l’habitude de cette manifestation puisque c’était la cinquième édition. Environ deux cents compétiteurs provenant du grand sud de la France, et du nord de l’Espagne s’étaient donné rendez-vous. C’est un événement plus destiné aux catégories débutantes, cela permet de tester nos membres face aux autres écoles, ce qui est plutôt une bonne chose. Nous, les plus expérimentés, nous chargeons exclusivement de l’organisation.

 

En ce qui vous concerne, vos récents résultats sont excellents. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Nous obtenons de bonnes performances au niveau européen. En juin dernier, j’ai remporté l’Open de Rome dans ma catégorie, et aussi celui de Munich il y a peu. Lors des derniers mondiaux à Los Angeles, Guillaume Tuffou a ramené une médaille d’argent. C’est gratifiant, même si notre enseigne ne se fie pas qu’aux résultats en compétition. Nous voulons maintenir cette dimension humaine, avec ceux qui viennent aussi pour le plaisir.

 

Vous garantissez donc, que c’est un sport qui n’est pas dangereux ?

Le jiu-jitsu brésilien compte de plus en plus d'adeptes sur Toulouse

Cela peut être dangereux si c’est mal enseigné, à force d’enchaîner des techniques à un rythme trop soutenu. Nous sommes assez vigilants sur ce paramètre et nous laissons les élèves évoluer tranquillement. Ils peuvent ainsi se confronter à des débutants comme eux, mais aussi à des experts dès qu’ils ont besoin de se focaliser sur un exercice. Rien n’est facile, il faut répéter sans cesse.

 

Un compétiteur comme vous, ça s’entraîne beaucoup ?

Hormis le week-end, j’essaie de pratiquer au moins deux heures par jour. Lorsque je prépare une compétition, ça peut aller jusqu’à quatre heures d’investissement.

 

Un de vos élèves, Raphaël Levy, est à l’origine de la création du magazine JITS, spécialisé dans tout ce qui touche à votre noble discipline. Comment percevez-vous cette initiative ?

 

Dès le départ, l’idée m’a plu forcément puisqu’elle concerne une passion commune. Après un premier volume, je me suis dit qu’il serait compliqué de continuer, car cela représente beaucoup de boulot, de démarches à entreprendre. Mais au final, Raphaël a su mettre l’impulsion nécessaire, à présent le magazine est plus carré. Mon frère l’aide en ce qui concerne le rédactionnel, mais moi je n’interviens pas, car je reste son professeur avant tout. Je le félicite en tout cas, car même si cela parle d’un thème bien précis, il a réussi à convaincre l’étroit milieu du jiu-jitsu brésilien.

 

Association ARANHA

www.association-aranha.com

30, rue du midi, 31400 toulouse

Mehdi Djebbari



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