Kempé : «Je savais qu’on serait «Champion Olympique» !»

Christophe Kempe médaillé

En attendant la cérémonie d’ouverture, prévue pour le 28 juillet prochain à Londres, le Journal Toulousain vous propose plusieurs portraits de médaillés d’or. Cette semaine, c’est l’ancien «Expert» Christophe Kempé qui nous livre ses secrets de Jeux Olympiques. Depuis l’or décroché à Pékin en 2008, il est resté le même homme, tout en demeurant conscient du regard des autres, devenu plus admiratif. Premier supporter de l’équipe de France de handball, il sera présent à Londres pour encourager ses anciens coéquipiers.

 

Christophe Kempé a beau avoir tiré un trait définitif sur sa carrière de handballeur, il n’en demeure pas moins excité à l’idée de suivre les prochaines olympiades qui débutent très bientôt. Sportif polyvalent, téléspectateur averti, il s’intéresse à toutes les disciplines et ce malgré lui. Le CNOSF* ne pouvait pas lui faire de plus beau cadeau que de l’inviter, son épouse et lui, à passer quelques jours dans la capitale du Royaume d’Albion : «En fait, ils invitent tous les champions olympiques des Jeux précédents, à venir assister à des événements de leurs choix. Ce fut un choix délicat car j’aime quasiment tous les sports. Comme il fallait choisir, j’ai opté pour le handball évidemment. Nous irons aussi voir le concours à la perche histoire d’encourager Renaud Lavillenie, un mec que j’apprécie. Enfin, le tennis et puis une discipline qui m’a toujours intrigué : le plongeon. Il y aura également la possibilité de côtoyer d’autres sportifs de la délégation française. Ce sera une première pour moi en tant que spectateur. Les Jeux me rendent admiratif depuis mon enfance. J’ai hâte d’avoir ce recul, dégagé de toute pression sportive».

 

Il a failli ne jamais être médaillé !

 

Cette médaille d’or, Christophe a failli ne jamais en voir la couleur. Il faut remonter un peu plus de quatre ans en arrière. En octobre 2007 plus exactement. A ce moment-là, le pivot de Toulouse s’était doublement fracturé les côtes. A quelques mois des championnats d’Europe 2008, il savait bien que louper cette compétition l’aurait définitivement écarté de Pékin, aux yeux du sélectionneur Claude Onesta : «J’ai dû aller chercher des ressources je ne sais où, pour revenir en forme au plus vite. Les JO, c’est tous les quatre ans et je ne voulais absolument pas les louper. C’est un événement qui réunit plus de 10000 athlètes venant de la planète entière. J’ai redoublé d’effort pendant l’Euro et ça a payé. C’est une chance énorme, je suis revenu de très loin», poursuivait-il. Une fois en Chine, la bande à Nikola Karabatic s’est barricadé dans le but de se protéger. A cette époque-là, l’Équipe de France n’avait qu’un objectif : l’or olympique. En compagnie du staff, les joueurs n’avaient pas profité de l’engouement que suscitait la manifestation d’envergure mondiale. Cloîtrés dans des appartements non loin du village olympique, Kempé se souvient avoir passé de nombreuses heures devant la télé, à guetter la moindre performance bleu-blanc-rouge : «Pendant le tournoi olympique, je m’étais fait mal au genou. Je peux vous garantir que j’ai serré les dents, sachant que je n’aurais pas forcément la chance d’être là de nouveau.»

 

Kempé, le devin blond

 

Champions du Monde en titre, les Bleus ont tout sacrifié en vue de la récompense suprême. Affichant un niveau croissant au fil du tournoi qui les concernait, ils ont ébahi de par leur classe et surtout grâce à une maîtrise de tout instant. Claude Onesta a su tirer la quintessence de son groupe et en toute logique, l’hymne national n’avait plus qu’à retentir : «Pour l’anecdote, je me rappelle que je me suis mis à pleurer avant la finale. Dès lors que nous, joueurs, avions fait notre apparition dans la salle, les larmes ont coulé. Je ressentais quelque chose d’indescriptible en évoluant sur le lieu destiné au succès. La veille, je n’avais pas dormi et je savais qu’on allait gagner l’or. Mes partenaires me prenaient pour un malade, mais au fil de la rencontre, j’ai senti qu’ils commençaient à y croire eux aussi. Vu le groupe qu’on avait et la concentration dont on a fait preuve, se rater était impossible.» A leur retour en France, toute la bande se rend compte de la ferveur qui a envahi le pays. Alors qu’ils sont en train de fêter la victoire dans un célèbre restaurant parisien, un badaud  aviné interpelle Christophe : «Un grand merci à vous pour tout ce que l’on a pu vivre derrière notre écran. Nous sommes fiers d’avoir des athlètes comme vous, honorant les couleurs de manière exemplaire.» A partir de là, le regard des gens a changé. Le nouveau statut de médaillé intrigue positivement : «Chacun d’entre nous a été sollicité dans sa région. Cela nous a permis de faire des coups d’envoi de match, de rencontrer toujours et encore plus de monde. Nous avons tout simplement contribué au bonheur de certains.»

 

En or à Londres

 

«Je ne peux pas imaginer autre chose qu’un autre médaille d’or, en ce qui concerne l’équipe de France de handball. Je me tiens régulièrement informé de leur préparation. Daouda Karaboué et Jérôme Fernandez, actuels joueurs des Fenix, m’ont indiqué qu’ils étaient au top. Je crois que la presse a trop dramatisé l’échec à l’Euro 2012 en Serbie. Lorsque dans la même année, il y a une compétition internationale qui précède les JO, c’est difficile de se focaliser sur autre chose. Pour certains, ces Jeux seront les quatrièmes et derniers. L’état d’esprit ne sera pas le même. J’estime que d’avoir pris un coup sur la tête ne va pas forcément leur faire de mal. Ils débarqueront en Angleterre plus humbles mais prêts à en découdre, croyez-moi», concluait-il.
Désormais apporteur d’affaires dans le sportswear, auprès de la marque d’Émile N’tamack entre autres, Christophe Kempé compte les jours et s’impatiente. Lui qui voue un culte à tous ces sportifs d’exception, ne sera assurément pas déçu du voyage outre-Manche. Entre Usain Bolt, Teddy Riner, Rafael Nadal, Roger Federer et d’autres grands champions, il croisera certainement le regard détendu de ces hommes d’exception, venus chercher le pendentif le plus convoité dans le monde du sport.

Mehdi Djebbari

* Le Comité National Olympique et Sportif Français

 

 



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