Jérôme Fernandez, ce Fénix investi

Profitant de la trêve internationale, l’arrière gauche du Fénix Handball s’est prêté au jeu des questions, avant de retrouver ses coéquipiers de l’équipe de France. Un an et demi après son retour à Toulouse, il nous livre ses impressions, ses ambitions, sans oublier ses préoccupations en vue du maintien en D1, pas tout à fait acquis encore.

 

Jérôme, le maintien n’est pas encore acquis pour les Fénix. Quel sentiment régnait à l’issue de la rencontre face à Tremblay (27-27) ?

 

« Sincèrement, si on se base à la dynamique du moment et à la physionomie de la rencontre, il y avait de la déception. On perd un point face à un concurrent direct et surtout, on perd encore un élément essentiel de notre effectif (Valentin Porte) sur blessure. Avec moins de chance, on aurait très bien pu perdre ce match, alors on se contente de ce nul. Au final, on garde trois points d’avance sur Créteil, avec une différence de buts à notre avantage ».

 

Estimez-vous que le Fénix mérite cette 10e place (sur 14), à sept journées du terme du championnat ?

 

« C’est à l’extérieur que nous n’avons pas su être décisifs. Si vous regardez nos résultats hors de nos bases, on n’a obtenu qu’un seul nul à Dunkerque et subi que des défaites. Du coup, il fallait compenser en nous mettant sous pression à domicile. Hormis le dernier match contre Tremblay, en général, on a assuré les points accessibles. D’ailleurs, nous possédons trois points de plus par rapport à la saison passée au même moment (15 contre 12 en 2012 à la 19e journée). Il reste encore des bons matchs à disputer. Honnêtement, je vois l’avenir sereinement, en dépit des tumultes récents. Les blessures de Daniel Andjelkovic, de Salva Puig, celle de Valentin qui vient s’ajouter maintenant. Ceux qui sont disponibles ont envie de bien faire ».

Cette saison est-elle la plus compliquée que vous vivez en tant que joueur de club ?

 

« Sans doute, oui. Je n’avais jamais vécu cela auparavant. Or, j’estime que c’est bien pour mon après-carrière. Je suis revenu ici depuis plus d’un an et demi, le vent tourne favorablement au fil des mois. Cette année, on a vécu la totale, il ne faut pas l’oublier, ni s’en servir comme excuse. Entre les incertitudes financières du début, les blessures de joueurs cadres et quelques contre-performances,  ça fait beaucoup d’éléments qui penchent contre nous. L’avantage de tout ça, c’est que désormais, on sait sur qui on peut tomber au club. Cela a permis au coach de faire du tri dans le groupe et de faire davantage confiance à des jeunes joueurs.

 

Il y en aura besoin pour glaner quelques points nécessaires au maintien…

 

« Oui, ils représentent l’avenir et peuvent bénéficier d’un temps de jeu conséquent par la force des événements. Je pense à un joueur comme Cyril Morency par exemple, qui nous a fait un bien fou lors de ses entrées. De toute manière, si nous nous maintenons, on pourra envisager sereinement le projet dans lequel nos jeunes ont toutes leurs cartes à jouer. L’idée serait de poursuivre le rajeunissement de l’équipe en effectuant un recrutement adapté et un minimum ambitieux, tout ça sans nous ruiner évidemment. Il y aura encore quelques vieux dont je ferai volontiers parti ».

 

Un recrutement qui a d’ailleurs débuté cette semaine, avec l’officialisation d’un jeune gardien espagnol, en provenance de Barcelone : Gonzalo Perez de Vargas qui a signé jusqu’en 2016…

 

« Recruter des joueurs expérimentés, c’est ce qui explose le budget de certains clubs aux moyens limités. Gonzalo est encore très jeune (22ans), il connaît néanmoins le championnat espagnol qu’il a disputé cette saison avec Granollers, où il est prêté. Si nous ciblons encore deux ou trois joueurs de ce profil, à des postes nécessaires, l’ensemble sera homogène et pourra partir sur de nouvelles bases. Tous les indicateurs sont au vert, à condition de se maintenir bien entendu».

 

Personnellement, on vous hyper-investi dans cette mission de renaissance des Fénix. Vous éclatez-vous toujours sur le terrain ?

 

« Tout n’est pas parfait, mais je me sens bien, capable même de continuer deux ou trois ans si tout se passe convenablement. Je me retrouve dans un club, avec des dirigeants qui partagent des valeurs semblables aux miennes. Nous voulons tous avancer dans le même sens, ça me donne envie de montrer l’exemple. Je m’entends très bien avec le coach Joël Da Silva, on parle de tout sans s’interférer sur notre boulot. Il se sent de plus en plus à l’aise avec nous, ensemble on va tout faire pour que ça marche ». 

par Mehdi Djebbari



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