Jean-Christophe Péraud : « C’est le Tour qui vous sort ! »

Opéré en ce début de semaine de la clavicule, le cycliste toulousain Jean-Christophe Péraud est revenu sur le fâcheux épisode qui a engendré son abandon, à quelques jours de l’arrivée à Paris. Consolé par le final exceptionnel de ses coéquipiers d’AG2R-La Mondiale, le grimpeur français s’est fait une raison. Il nous l’explique en détails.

 

Les images de la chute qui a contraint Jean-Christophe Péraud à l’abandon lors du Tour du France 2013, ont fait le tour du monde. Lors de la 17e étape, un contre-la-montre entre Embrun et Chorges, le Toulousain a perdu le contrôle de sa bicyclette et s’est fracturé la clavicule. Lui qui était tombé plus tôt dans la matinée lors de la reconnaissance du parcours, n’a pas pu résister à la vive douleur que lui procurait son épaule droite. Alors qu’il était classé premier Français au classement général du maillot jaune, le coureur de l’équipe AG2R-La Mondiale a quitté ses coéquipiers prématurément, les Champs-Élysées n’étaient pourtant plus très loin : «Vendredi, j’ai regardé les vidéos de la chute que je n’avais pas vues jusqu’à présent. Je sais que je n’ai pas touché les freins et que je n’arrivais pas vite. Quand la roue avant glisse, je n’ai encore pas mis d’angle, ce n’est donc pas une « faute de quart »… C’est au moment où je passe sur les dessins blancs. C’est vraiment pas de chance, je n’aurais jamais dû tomber là », expliquait Péraud, dont l’épouse était justement positionnée en spectatrice à cet endroit maudit. En pleurs dans ses bras, Jean-Christophe disait stop à la Grande Boucle, vaincu par la douleur trop vive. Il était alors, 9e au classement général : « Quand on est sur le Tour, on ne le quitte pas, c’est lui qui vous sort. J’ai été au bout du bout mais je me dis que cette chute était peut-être un mal pour un bien. Dans l’étape de l’Alpe, j’aurais encore plus souffert, certainement traîné ma misère… et puis, il aurait fallu rouler en peloton… c’est très différent que d’être seul sur la route », précisait-il, lucide.

 

 

Riblon l’a consolé

Après son excellent Paris-Nice au printemps (3e) et sa belle seconde place au Tour méditerranéen, l’ancien champion de VTT avait débarqué au Tour de France, plein d’envie et de motivation. Au sein de la formation dirigée par Vincent Lavenu, il représentait le leader d’une équipe française plutôt discrète jusque-là. Comme par magie, dès qu’il a abandonné, ses partenaires se sont distingués. Ainsi Christophe Riblon s’en est allé jouer le sauveur en s’imposant à l’Alpe d’Huez, sauvant par ailleurs l’honneur national, à l’issue d’une des plus belles étapes de l’édition 2013 : « Aujourd’hui, avec la belle victoire de Christophe, ça va mieux. Le moral est remonté. Mercredi, au-delà de la douleur physique, c’était la culpabilité qui était difficile. J’avais une équipe formidable autour de moi, qui s’était mobilisée et avait travaillé sans relâche tous les jours. Pour eux, pour nos partenaires, j’étais vraiment dégoûté. Maintenant, je sais que quoi qu’il arrive, on aura fait un grand Tour. » Si Riblon lui a réchauffé le corps et le cœur, JC se félicitait également de la belle 15e place de Romain Bardet, à l’occasion de sa première Grande Boucle.

 

Opéré lundi à Lyon

Mardi, sans doute en salle de réveil, Péraud a tenu ses promesses vis-à-vis de ses plus fidèles supporters. Via Twitter, il a posté des nouvelles rassurantes quant au déroulement de l’opération. Le docteur Nové-Josserand, un traumatologue lyonnais est intervenu afin de renforcer l’os meurtri de JC. Forfait pour le reste de la saison, le natif de la Ville Rose, va pouvoir profiter de sa famille, une bien paisible convalescence. Ce 100e Tour de France, il ne l’aura pas vraiment raté. La France aime le vélo et s’émeut facilement devant un tel scénario. Jean-Christophe n’aura finalement pas obtenu l’une des dix places qu’il convoitait tant. Par contre sa cote de popularité aura grimpé en flèche. A 36 ans, celui qui a débuté très tard chez les professionnels en ligne, reviendra forcément sur les routes du Tour afin d’exorciser ses récents tumultes. Le vice-champion n’est pas du genre à rester sur un échec.

 par Mehdi Djebbari

 



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