Jean-Baptiste Elissalde : «On ne se soucie pas de l’adversaire»

Jean-Baptiste Elissalde

A l’issue de la dernière rencontre de la première phase du Top 14 face à Montpellier, le Journal Toulousain est parti à la rencontre de l’entraîneur des arrières toulousains : Jean-Baptiste Elissalde.
Jeune retraité des terrains, il a réussi la transition sans le moindre tracas. Il nous évoque ce que va faire le Champion de France en titre pendant ces trois semaines d’arrêt. Des jours de récupération qui seront essentiels avant d’aborder la demi-finale contre le vainqueur de Castres-Montpellier (le 2 juin).

Jean-Baptiste, le championnat a donné son premier verdict. Trois semaines de trêve, ça ne risque pas de casser la dynamique installée ?

C’est idéal pour travailler dans la continuité de notre match contre Montpellier. On va essayer de récupérer la majeure partie de notre effectif pour travailler tous ensemble. Nous avons tous un objectif en commun : la demi-finale et rien d’autre. Sur notre dernier match, il y avait des choses positives dans certains secteurs, nettement améliorées par rapport au récent passé où nous avons été moins performants. Tout laisse présager d’une bonne suite, à condition de maintenir l’état d’esprit du moment.

 

Montpellier étant déjà qualifié pour les phases finales, l’opposition tombait à point nommé pour répéter les dernières gammes «à balles réelles» ?

Nous avons eu l’initiative du ballon la majeure partie du temps, mais nous nous sommes exposés à leurs contres. C’est un peu dommage car l’ensemble du contenu reste positif. En termes de possession et d’alternance, nous avons également dominé contre une équipe pas facile à manœuvrer. Peu importe si nous les rencontrons en demi-finale, de notre côté rien ne change. On va se préparer pour la demie, sans nous soucier de l’adversaire.

 

Il y a eu beaucoup de changements en seconde période, notamment dans le secteur des lignes arrière. Était-ce volontaire de votre part ?

A chaque match, on se doit de préparer du coaching. Après, il y a toujours les aléas de la blessure qui entrent en compte. En l’occurrence on voulait voir tout le monde derrière, plusieurs options possibles avec deux lignes différentes*. Tout le monde est dans le coup et le restera jusqu’au bout. Il faut travailler cette émulation. Notre collectif est notre force.

Vous avez une idée des «quinze» qui démarreront titulaires lors de la demi-finale au Stadium, le 2 juin prochain ?

C’est déjà assez complexe de donner la composition de l’équipe la veille, alors trois semaines avant, je vous laisse imaginer. Avec Guy Novès et Yannick Bru, nous verrons en temps venu.

Guy Novès évoquait un stage d’une semaine afin de se ressourcer. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

En effet, nous allons partir loin du tumulte de Toulouse (du 21 au 25 mai dans la banlieue perpignanaise, ndlr), histoire de retrouver un petit peu de cohésion entre nous. En début de saison, en raison du nombre d’absents partis en tournée, on ne fait jamais de stage. Du coup, on profite de cette période d’accalmie en espérant que ça fasse du bien à tout le monde et que ça porte ses fruits.

* ligne 1 : Burgess (m), McAlister (o), Clerc, Fritz, David, Matanavou, Poitrenaud

ligne 2 : Doussaint (m), Beauxis (o), Clerc, McAlister, Fritz (puis Jauzion), Matanavou, Poitrenaud.

Elissalde, un entraîneur toujours joueur

Son entourage est unanime, Elissalde possède toutes les qualités pour devenir un grand entraîneur de rugby. Visionnaire, il réfléchit sans cesse et s’avère un conseiller précieux vis-à-vis du mentor Guy Novès et de Yannick Bru, actuel coach des avants*.

Tandis que ses deux collègues sont en bord de pelouse à donner des conseils, Jean-Ba comme on le surnomme, lui, a pris de la hauteur en s’installant dans les gradins du Stadium. Oreillette bien en place, il siège aux côtés de Jean-Michel Rancoule, autre grande personnalité du club (actuellement chargé du recrutement). Il suffit de fixer son comportement quelques instants pour comprendre qu’Elissalde n’a pas définitivement raccroché du terrain. Les actions, il les vit. Et dès lors que l’arbitre siffle en la défaveur de Toulouse, c’est comme si cette décision l’atteignait personnellement. Issu d’une famille réputée au sein de l’ovalie, avec notamment son papa Jean-Pierre, coach émérite, il a toujours baigné dans cette ambiance. En tant que joueur, il était celui qui anticipait, qui tentait parfois le geste spectaculaire, possédant aussi un jeu au pied labellisé. Ces qualités-là, il les transmet désormais au quotidien, à des joueurs au talent déjà bien présent : «C’est un homme plein d’énergie, qui a des idées qui fusent toutes les 30 secondes. Il est sans cesse dans le questionnement, en pleine recherche sur des options de jeu innovantes. Il amène incontestablement une valeur ajoutée au staff du Stade Toulousain et ça ne peut que s’améliorer avec le temps, même s’il a parfois besoin de Guy pour le canaliser», l’hommage est signé Yannick Bru, son ex-coéquipier, collègue et ami surtout.

Quand il l’a fallu cette année, il n’a pas hésité une seule seconde à prendre une licence et à entrer sur le pré. C’était en septembre 2011, Novès n’hésitait pas à lui offrir la récompense, le temps de quelques minutes, en lieu et place de Nicolas Bézy.

Bref, c’est l’histoire d’un passionné de 34 ans, un des garants de la maison toulousaine qui pourrait succéder à Guy Novès, lorsque ce dernier tirera sa révérence.

* Yannick Bru sera remplacé par William Servat en 2012-2013

par Mehdi Djebbari



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