Handball; Christophe Kempé, l’avenir en rose

Auréolé du titre de champion du monde qu’il vient de glaner en Croatie, Christophe Kempé s’est remis au travail sans attendre, et se concentre désormais sur Toulouse, son club de cœur depuis 1996. Ambitions, projets et coups de gueule, rencontre avec un amoureux du petit ballon rond.

 
Christophe Kempé, vous quittez le toit du monde pour retrouver le championnat. Le retour à la réalité n’est-il pas trop dur ?
C’est vrai que revenir pour jouer le maintien est sans doute plus dur que de continuer à jouer le haut du tableau comme certains joueurs Français. C’est une approche psychologique différente. Il y a toujours plus de satisfaction à jouer pour la victoire, et dimanche dernier (défaite à Sélestat 23-25, ndlr) il a fallu réapprendre à perdre. De plus il n’y a pas eu de coupure puisque je ne suis rentré que mercredi à Toulouse, cela permet de rester sous pression, mais je dois avouer qu’une petite coupure aurait tout de même fait du bien.

Joueur cadre en club mais remplaçant en équipe de France, comment vit-on le rôle de doublure ?

Je ne suis pas frustré, loin de là. Faire partie des 16 joueurs depuis tant d’années est une chance, et c’est pour cela que je donne le meilleur de moi-même à chaque fois que l’on a besoin de moi. Dans cette équipe chacun connaît son rôle, c’est ce qui fait sa force. J’accepte donc le mien. Je profite de chaque instant sans me poser de question et mon palmarès (champion d’Europe, champion du monde et champion olympique, ndlr) est là pour récompenser ce travail. Après le départ de Bertrand (Gille, numéro 1 à son poste de pivot, ndlr) j’avais évidemment envie de plus mais il n’y avait pas de logique absolue pour que je sois numéro 1. Cédric Sorhaindo était à maturité pour tenir ce rôle et l’a très bien fait. De mon côté je l’ai soutenu et encadré, profitant de mes entrées en jeu pour apporter au maximum.

 

« Les gens ont envie de voir une France qui gagne »

Vous avez récemment poussé de nombreux coups de gueule concernant la sous médiatisation de l’équipe de France durant ce mondial. Comment l’expliquez-vous ?
J’ai du mal à comprendre notamment au niveau du service public. D’autant plus que les Français le demandent expressément, et ça se voit au niveau des audiences. Ils ont envie de voir une France qui gagne, et de notre côté nous avons envie de sortir de l’anonymat et d’être reconnus. Il faut qu’il y ait une meilleure visibilité. C’est un des souhaits de la fédération et un objectif à titre personnel. Je souhaite développer l’image du hand et être un acteur majeur de ce sport.

Moins de médiatisation donc aussi moins de pression ?
Non, car elle ne vient pas forcément du public. Il y a celle des journalistes, puis celle du milieu. La pression d’être le numéro 1 et de devoir au moins attendre le dernier carré à chaque compétition. En 2001 on devient champion du monde en France, cette année on gagne chez le pays organisateur, autant dire que la pression, on l’a à chaque fois. Je crois au contraire qu’elle amène une reconnaissance positive. C’est une forme d’injustice mais on n’envie pas les autres pour autant. On ne souhaite pas leur défaite, on ne cherche pas de rivalités, on cherche juste à être les meilleurs. On se concentre sur nous mais on attend simplement un juste retour des choses.

 

« Porter ce maillot à trois étoiles »

Claude Onesta, l’entraîneur de l’équipe de France, avait déclaré avant ce mondial que c’était votre dernière compétition. Qu’en est-il ?
Me concernant une chose est sûre, je n’annoncerai pas de fin. Je serai là dans l’avenir, et lorsque Claude ne m’appellera plus je comprendrai que ce sera la fin. Je ne me suis pas posé de questions à ce sujet durant la compétition, j’ai profité de chaque instant, mais désormais j’aimerais vraiment porter ce maillot à trois étoiles. Je souhaiterais jouer en équipe de France jusqu’à fin juin au moins et qualifier l’équipe pour l’euro 2010. Mais après je sais qu’il y a des jeunes et que j’en ai bien profité. Je n’ai aucun regret, j’ai été privilégié. Ma carrière est bien remplie et je me dis également que si Bertrand avait joué ce mondial, je n’y aurais pas participé. Cela aide à relativiser.

Et au niveau de votre carrière en club, quel est votre avenir à Toulouse ?

Je dois rencontrer les dirigeants prochainement pour l’évoquer. Ce qui est sûr c’est que je suis encore frais physiquement et mentalement et que Toulouse est mon club de cœur. Je pense pourquoi pas à un projet à long terme afin d’entraîner les jeunes par exemple, de construire quelque chose. J’ai envie que Toulouse retrouve des places plus en adéquation avec son rang et revive des aventures comme elle en a connues à la fin des années 90. Ces dernières années ont été frustrantes et j’ai envie que le club vive des moments humains comme j’en ai vécus avec l’équipe de France. Remporter des titres internationaux n’a en rien entamé ma motivation pour ce club. J’espère quoi qu’il en soit avoir un avenir aussi rose que ma carrière de handballeur.

Propos recueillis
par Maxime Razès




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