Gauzy s’est fait un nom chez les grands

Tout récemment titré chez les Seniors, en simple et en double, le Toulousain Simon Gauzy (18 ans) se prépare en vue des prochains Mondiaux (du 13 au 20 mai à Paris-Bercy). Après une année de galère, le plus grand espoir du tennis de table hexagonal, se confie au Journal Toulousain, bien déterminé à franchir un énième cap, raquette en main.

 

Simon, vous voici désormais Champion de France. On vous imagine pleinement satisfait ?

 

Effectivement, ça fait énormément de bien, surtout après l’année 2012 délicate que j’ai connue. A force d’être blessé, j’ai perdu mon niveau et me voici revenu en pleine forme. Il a fallu batailler dur pour obtenir ce titre, mon adversaire en finale (Abdel-Kader Salifou) ne m’a pas fait de cadeau. A un moment, mené 5-2 dans la belle, j’ai décidé de lâcher mes coups, ça a payé, tant mieux .

 

En ayant tout gagné dès votre plus jeune âge, vous devez sans cesse être sous pression. Comment gérez-vous cela au quotidien ?

 

On a toujours attendu beaucoup de moi, du coup,  j’y suis préparé. J’étais sur une pente plutôt ascendante jusqu’à cette sale année 2012. A présent, je retrouve des sensations, j’arrive à faire le dos rond quand cela devient chaud. Le scénario de la finale d’Agen m’a donné beaucoup de confiance. Pour la suite, c’est idéal.

 

Quelles méthodes avez-vous utilisées pour revenir au plus haut niveau ?

 

Dans un premier temps, j’ai décidé de partir au Japon, m’entraîner en solo. Mon entraîneur ne m’en a dit que du bien. Là-bas, j’ai pu côtoyer le gratin du tennis de table. Avec les Chinois et les Allemands, les Japonais sont des références à ce niveau-là. J‘y suis resté trois semaines en tout et pour tout, et à mon retour, le staff de l’équipe de France nous a réunis en Allemagne. Cela nous a permis de nous recentrer dans notre jeu, tout en vivant une belle aventure humaine. J’espère qu’on va bien s’amuser aux prochains Mondiaux.

 

Justement, quelles chances avez-vous en vue de cette compétition ?

« Actuellement, je suis 109e au classement mondial*, cela ne me protège pas d’un gros tirage dès le premier tour. Je peux ainsi, tomber sur l’un des tous meilleurs d’entrée. Personnellement, j’aimerais bien passer un ou deux tours, mes objectifs sont fixés à plus long terme. Même si j’ai un rang de Champion de France à tenir, je pense que les plus grandes chances concernent plus Adrien Massenet (classé 24e), qui sera plus sécurisé dans le tableau. Il y aura aussi les vétérans Christophe Legoût et Damien Chila, à tout moment, leur expérience peut les emmener loin, à eux aussi ».

Vous êtes également engagé en double, en compagnie d’Emmanuel Lebesson avec qui vous venez d’obtenir le titre national…

 

 Oui, nous allons d’essayer le plus loin possible, comme à notre habitude, restant bien évidemment dépendants du tirage au sort. Nous commençons à bien nous connaître. A tout moment, avec l’appui du public français, on peut faire quelque chose d’exceptionnel. Toutefois, je relativise et me dis que je suis encore jeune à ce niveau. Par contre, d’ici quatre ans, j’afficherai des prétentions tout autres. J’envisage une médaille, en simple par contre. Il reste beaucoup de travail encore. 

 

Un pongiste prend-il quelques vacances tout de même ?

 

Pas beaucoup effectivement. Disons que si j’arrive à programmer dix jours début juillet, ce sera déjà pas mal, car notre calendrier est ultra-chargé. J’ai de plus en plus de mal à descendre du côté de Muret pour voir ma famille, car j’habite Paris la plupart du temps. Toutefois, je pense que j’irai les voir un petit peu, pourquoi pas juste après les Mondiaux de Paris.

 

*A son meilleur niveau, Simon s’est retrouvé 64e joueur mondial (mars 2012)

par Mehdi Djebbari



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