Football gaélique ; La Ville rose se met au vert

Le 13 mars dernier, les joueurs du tout nouveau club Tolosa Desport Gaélic assuraient un match de démonstration afin de faire découvrir au public toulousain un sport encore méconnu. Le football gaélique, sport national en Irlande, prend désormais ses quartiers dans la Ville rose. Présentation et historique du club avec son président Guillaume Kerrien.

 
Guillaume Kerrien, qu’est-ce que le football gaélique ?
Le football gaélique est un sport venu d’Irlande, apparu il y a plusieurs siècles à travers une pratique de “village”, et codifié à la fin du XIXème siècle. Longtemps connu uniquement de la communauté irlandaise, ce sport se répand petit à petit en Europe continentale depuis seulement quinze ans environ. En France, 14 clubs ont vu le jour ces dernières années, avec longtemps 3 clubs en haut de l’affiche : Brest, Rennes, Paris, puis une forte croissance depuis 2007. Un développement principalement en Bretagne et à Paris, mais de plus en plus un peu partout en France. Concernant les règles de ce sport, pour marquer il faut soit inscrire un but avec gardien, pour 3 points, soit tirer au dessus de la barre entre les poteaux pour 1 point. Pour avancer, il faut faire un dribble tous les 4 pas et l’on a droit soit à un rebond au sol, soit à un rebond sur son pied ; il est interdit de faire un rebond au sol deux fois de suite. Un ballon au sol ne peut être ramassé avec les mains, il doit être levé avec le pied. Enfin seul le contact de l’épaule est permis, et il n’y a ni hors-jeu ni règle tactique particulière.

Pourquoi avoir monté un club à Toulouse ? Y avait-il une réelle demande ?
La naissance du club à Toulouse s’est concrétisée avec mon arrivée dans la ville, suite à une mutation professionnelle. Mais depuis presque deux ans, des contacts avaient été pris et des actions menées, notamment par Nicolas Omnes, actuel secrétaire du club, étudiant à l’école d’ingénieurs de Purpan et ancien joueur à Brest. De par mon rôle au sein de la commission développement de la Fédération Française, lorsque je jouais encore à Paris, puis à Nantes, j’avais des contacts notamment à Toulouse. Mon arrivée a permis d’insuffler une dynamique et de lancer des entraînements, avec un recrutement rapide d’une dizaine de passionnés. Une anecdote amusante : le soir où Thierry Henry effectuait sa célèbre main face à l’Irlande, je tentais de recruter des joueurs au pub toulousain le “De Danù”. Je n’ai même pas vu la main, car j’ai dû rentrer chez moi avant la fin du match, mais pour sûr cette rencontre a marqué les esprits et rappelle notre sport grâce à la bévue d’Henry ! Mais je dois dire qu’il y a surtout de nombreux passionnés de nouveaux sports et que le football gaélique rappelle souvent plusieurs disciplines : football, handball, rugby… Sa technicité, la vitesse de jeu et la facilité à apprendre les bases permettent d’être opérationnel dès le premier entraînement. Donc nous constatons que notre club était attendu, et plaît par-dessus tout. La tendance est à la diversité : une équipe internationale avec hommes et femmes, des étudiants, des joueurs de 18 à 35 ans… 

 

Hurling et beach gaelic au programme

Justement, comment s’organise votre club ?
En janvier, j’ai convoqué une assemblée constituante pour structurer le club et mettre en place une équipe officielle dès 2010. C’est ainsi que s’est formé un bureau directeur de 9 membres. L’adhésion permet de nous affilier aux fédérations et de commencer à nous structurer avec un coût très abordable : 50 € l’année. Il permet de participer aux compétitions, avec des dates alléchantes : un tournoi à Rennes pour le championnat de France, un tournoi challenge de Beach Gaelic à Pornichet près de Nantes, un tournoi amical à Barcelone qui nous permettra de rencontrer les proches équipes espagnoles, un tournoi universitaire à Rennes et enfin un tournoi à Munich comptant pour le championnat d’Europe. Nous comptons donc développer plusieurs équipes : une de football hommes, avec des étudiants pour constituer une équipe universitaire si possible ; une de football femmes ; une équipe de hurling (sorte de football gaélique avec une crosse, ndlr), voire de camogie (hurling pour les femmes, ndlr). Mais le développement du hurling viendra plus progressivement, car il implique l’achat de matériel coûteux et peu de clubs en Europe le pratiquent. Nous développons aussi des pratiques innovantes, telles que le beach gaelic, que nous présenterons à Toulouse Plage, du 19 au 25 juillet, ou le football “International Rules”, qui permet aux footballs gaélique et australien de se jouer avec des règles mixtes. Jusqu’à présent, nous comptons au club une moyenne de 15-20 participants aux séances d’entraînement et nous venons de passer la barre des 10 membres. L’objectif est d’atteindre les 20 inscrits pour cette première année. A présent, il nous faut obtenir un terrain d’entraînement pour pouvoir poursuivre notre structuration. Les choses ont bien commencé avec l’organisation d’un match de démonstration sur le terrain synthétique des Argoulets le 13 mars dernier. 26 joueurs et joueuses étaient présents et c’était notre premier moment fort. On en attend bien d’autres !

A quelles compétitions participez-vous et quels sont vos objectifs ?
Nous participons aux Championnats de France et d’Europe : nous pourrons y participer dans la catégorie d’honneur “Shield”. Nous comptons faire un tournoi également, à Munich. Les filles sont engagées dans le Championnat espagnol : à défaut de pouvoir facilement nous rendre aux tournois féminins, cela nous permettra de rencontrer les équipes les plus proches. Des tournois uniques sont également au programme. Dans toutes les compétitions, nous ne nous fixons aucun enjeu de résultat : plaisir et découverte avant tout ! Le mode “tournois” des compétitions permet de côtoyer le temps d’une journée de nombreuses équipes : une belle opportunité de rencontres, et une vraie aventure humaine.

 

Des formations d’entraîneurs au lycée Bayard

Quelles sont les qualités requises pour pratiquer ce sport ?
C’est la vitesse de la balle qui prime. Le football gaélique, et encore plus le hurling, sont réputés pour être les sports les plus rapides au monde, une balle pouvant aller d’un but à l’autre en quelques secondes. Cela demande aussi de l’engagement, à la fois physique et tactique, mais surtout technique, et une cohésion d’équipe sans faille. Si un joueur ne marque pas son adversaire, l’équipe se retrouve déséquilibrée et en danger. Il y a finalement peu de contacts, surtout à nos niveaux plus limités qu’en Irlande, et des règles simples qui permettent de prendre beaucoup de plaisir dès les premiers matchs.

Pourquoi le football gaélique a-t-il du mal à traverser les frontières d’Irlande ?
Il faut savoir que c’est un sport empli de fierté nationale. Le stade de Croke Park est un symbole, et a connu un passé national douloureux. Mais cette donne change, à l’image de l’Irlande qui s’est beaucoup ouverte à l’international ces dernières décennies. Le pays suscite une passion, de par des paysages et un peuple attachants.

Quid de cette pratique à l’école en France ?
Elle se développe de plus en plus en Bretagne, véritable laboratoire de l’évolution du football gaélique en France. Ainsi on peut y passer ce sport au baccalauréat depuis 2008. Une commission jeunesse essaie de structurer cette pratique, mais finalement il s’agit surtout de sensibiliser les professeurs et éducateurs. La deuxième étape sera une structuration de compétitions (UNSS), mais ce n’est pas la priorité du moment. A ce sujet, il faut souligner l’excellent travail d’Oyvind Dahl, Norvégien d’origine, et prof d’EPS à Toulouse. Passionné de sports irlandais, il a insufflé une belle dynamique dans son lycée professionnel Bayard de Toulouse pour la pratique du hurling. Ainsi une dizaine d’élèves va être formée à être entraîneurs, ce mois de mars, en Irlande.

Quels sont vos projets futurs ?
Tout d’abord Toulouse Plage, où nous allons proposer des initiations aux enfants et adultes, avec en prime un match de démonstration. Nous souhaitons également organiser une manche du Championnat de France en 2011 et monter une équipe de hurling en parallèle des équipes hommes et femmes qui fonctionnent déjà. Enfin, nous allons aider au développement d’autres équipes dans le sud-ouest, et pourquoi pas en Haute-Garonne !

Propos recueillis
par Sophie Orus

Tolosa Despòrt Gaelic06 37 14 56 4414,
rue d’Antipoul Appt B02 31300 Toulouse toulousegaa@gmail.com
www.tolosagaels.fr


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